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La France et la Suède, championnes « écolos » de l’Union Européenne

La France et la Suède, championnes « écolos » de l’Union Européenne
L’Islande est selon une étude de chercheurs des universités de Yale et de Columbia le pays le moins pollué au monde. Bénéficiant de son isolement géographique et d’une tradition de respect de l’environnement, elle précède la Suisse et le Costa Rica. Les Etats-Unis sont beaucoup plus loin, incriminés pour leur impact sur le changement climatique.

Les universités américaines de Yale et de Columbia ont donné les résultats de leur Indice de performance environnementale (IPE), publié tous les deux ans. La France est très bien placée dans le classement, loin devant les autres pays industrialisés. Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde font ainsi, sans surprise, plutôt pâle figure.

L’indice de performance environnementale (IPE) a été créé en 2006 par des chercheurs des universités de Yale et de Columbia pour permettre une comparaison des politiques environnementales de l’ensemble des pays de la planète. Il combine 25 indices de base regroupés en six catégories : santé environnementale, pollution de l’air, ressources en eau, biodiversité, ressources naturelles et changement climatique. Ce troisième classement a permis de mettre à jour quelques idées préconçues.

Les pays développés en première ligne

Le premier constat à tirer est l’omniprésence des pays développés dans les premières places du classement, alors que les pays en voie de développement  traînent en queue de peloton. La raison première est l’importance du revenu disponible : c’est « un déterminant majeur du succès environnemental », considèrent les rapporteurs de l’étude. « Pourtant, à chaque niveau de développement, certains pays atteignent des résultats qui dépassent ce à quoi on pourrait s’attendre, démontrant que les choix politiques affectent aussi la performance ».

Parmi les pays développés, la France figure à la septième place, ce qui la place au premier rang des pays du G20. Sont notamment mis en avant le bon impact général de l’environnement sur l’homme (avec une note de 98/100), la bonne qualité de l’eau et la gestion des ressources halieutiques et forestières. L’indicateur de la pollution de l’air est à interpréter avec précaution : alors que celle-ci aurait selon l’étude un impact très réduit sur les humains (note de 97.4/100), son effet sur l’écosystème en revanche plus problématique (42/100). Les autres points à améliorer seraient la protection des zones marines et les émissions de gaz à effet de serre (GES). Sur ce dernier point il est bon de noter que la France a un avantage dans le sens où l’électricité est essentiellement produite par les centrales nucléaires, ce qui se traduit par d’importantes économies sur les combustibles fossiles – un élément valorisé par la méthodologie de l’enquête.

Sans surprise, les pays du nord de l’Europe trustent les premières places du classement : l’Islande est en tête, la Suède est au pied du podium – cette quatrième place fait toutefois d’elle le premier pays de l’Union Européenne –, la Norvège est juste derrière et la Finlande est douzième.

Quelques pays avec des revenus par habitant moyens ou faibles tirent toutefois leur épingle du jeu, ainsi le Costa Rica « médaille de bronze » grâce notamment à la vitalité de son écosystème (note de 98.8/100). Forte d’une agriculture respectueuse de l’environnement et d’un isolement géographique qui l’aide à se prémunir de la pollution, l’île Maurice a pour sa part obtenu une très honorable sixième place. Cuba, la Colombie et le Chili ont eux aussi récolté les fruits de leurs politiques vertes et se retrouvent de fait très bien notés.

Les géants sont loin

Dans l’ensemble les pays européens font plutôt bonne figure, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Espagne figurant tous trois dans le « top 25 ». On n’en dira pas autant des Etats-Unis, classés à une modeste 61ème essentiellement à cause de leur impact sur le changement climatique (note de 29.4/100). Le deuxième émetteur mondial de GES est également incriminé en raison de la mauvaise qualité de son air et de son impact sur l’écosystème (31.6/100). Les autres facteurs sont plus encourageants, avec notamment « de bons résultats en matière d’eau potable ou de forêts ».

La Chine, premier émetteur mondial de GES, pêche elle aussi sur la question de la qualité de l’air et en raison de son impact sur le changement climatique. Il n’y a guère que dans sa gestion des forêts que Pékin obtient une note satisfaisante. Quant à l’Inde, si elle gère certes mieux ses ressources maritimes, la sauvegarde de la biodiversité est en revanche plus problématique. Dans l’ensemble les pays dits « émergents » ont encore des progrès importants à faire. Selon les chercheurs la clef du succès résiderait dans « des investissements conséquents dans les infrastructures environnementales, le contrôle de la pollution et des politiques visant une durabilité à long terme », ainsi que dans une « régulation rigoureuse, une bonne gouvernance et l’absence de corruption ».

Le palmarès et sa méthode de construction ne sont cependant pas exempts de reproches, ce qu’ont du reste admis les universitaires. Les pondérations appliquées à tel ou tel critère peuvent être critiquées, la nature même de certains indicateurs également, comme en témoigne l’exemple de la valorisation de l’énergie nucléaire.

Les chercheurs mettent aussi en avant « d’importants manques de données qui ont limité la possibilité de mesurer la performance de certains pays dans beaucoup de domaines ». De même « des données incomplètes ont conduit à l’exclusion de douzaines de pays de l’IPE ». Et les instigateurs de l’étude de mettre en avant la nécessité de « données de haute qualité combinées avec une analyse statistique appropriée ». Daniel C. Esty, directeur du Yale Center for Environnemental Law and Policy, rappelle que « lors de la conférence de Copenhague sur le climat, en décembre 2009, l’existence de données fiables sur la performance environnementale est apparue fondamentale ». L’index fourni par les universités de Yale et de Columbia permet toutefois de dresser des constats et de tirer des conclusions. Avec, pour finalité espérée d’influer sur les décisions des pouvoirs politiques.

Crédit photo : Flickr – ed.koronewski
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