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La fracturation hydraulique augmenterait les risques de cancer

La fracturation hydraulique augmenterait les risques de cancer
Une étude de chercheurs de la Colorado School of Public Health accuse la fracturation hydraulique de favoriser des problèmes de santé aigus et chroniques chez les habitants domiciliés à proximité des puits artésiens.

Le Parlement français a décidément été inspiré d’interdire la fracturation hydraulique, objet d’un moratoire en Bulgarie mais que les autorités américaines, elles, et malgré une flopée d’études à charge, se refusent toujours à encadrer davantage…

Littéralement « broyées » par la crise économique, et depuis quelques jours par les effroyables tueries perpétrées à Montauban (Tarn-et-Garonne) et Toulouse (Haute-Garonne), les thématiques environnementales sont, il faut bien le dire, le parent pauvre des élections présidentielles. Fatalement, on n’entend plus du tout parler des gaz de schiste.

Et pourtant, Total n’abdique pas, ayant mis en oeuvre une contre-offensive juridique destinée à récupérer le permis d’exploration que le gouvernement lui a retiré en fin d’année dernière, tandis qu’à la demande de la majorité socialiste de la collectivité, une mission d’information vient d’être créée dans le département du Lot-et-Garonne. Constituée de huit conseillers généraux, de gauche et de l’opposition, cette dernière rendra son rapport sur les risques encourus dans six mois, rapportent nos confrères de l’AFP. D’une manière générale, les choses continuent de bouger dans de nombreux États sur le front des hydrocarbures de roche-mère.

Premier pays à avoir ouvert la porte à leur exploitation, sans s’être véritablement penchés sur les dommages collatéraux en matière sanitaire et écologique, les États-Unis sont-ils désormais enclins à durcir la législation ? Le fait est que de l’autre côté de l’Atlantique aussi, les gaz de schiste sont aux abonnés absents du débat politique. Washington aurait néanmoins intérêt, étant donné les expertises à charge, qui s’accumulent depuis de longs mois, à remettre tout à plat. Car entre la stimulation de l’activité tellurique et la dégradation de la qualité des eaux et des nappes phréatiques dans les zones voisines des puits artésiens, notamment en Pennsylvanie, les accusations, pour n’en citer que deux, les plus connues,ne manquent pas.

Dernière en date, très grave mais somme toute peu surprenante vu les quantités et la variété de produits chimiques utilisés pour cette méthode d’extraction : la fracturation hydraulique, à l’origine d’une pollution atmosphérique incontestable, serait liée à des problèmes de santé aigus et chroniques chez des habitants vivant à proximité des sites de forage. La charge émane de chercheurs de la Colorado School of Public Health, qui ont rédigé une étude après trois années d’investigations, et selon lesquels la fracturation hydraulique entraîne une augmentation des gaz toxiques dans l’atmosphère locale, dont des produits chimiques qui favorisent les cancers.

Plus précisément, des traces d’un certain nombre d’hydrocarbures pétroliers potentiellement toxiques ont été retrouvées dans l’air, à proximité des puits. Parmi eux, le benzène [NDLR : identifié par l'Environmental Protection Agency (EPA) comme un cancérigène avéré], le diéthylbenzène, l’éthylbenzène, l’heptane, l’octane, le toluène et le xylène. Un cocktail détonnant, trop manifestement pour ne pas attenter aux organismes…

« Nos données montrent qu’il est important d’inclure la pollution de l’air dans le dialogue national sur le développement du gaz naturel », a commenté Lisa McKenzie, principale auteure de l’étude, citée par Enn.com. « Nos résultats montrent que les impacts sur la santé autres que le cancer et qui proviennent des émissions atmosphériques dues au développement du gaz naturel sont plus importants pour les résidents domiciliés près des puits », complète le rapport, dont on peut cependant douter, vu la puissance des lobbies fossiles aux États-Unis et le caractère rentable de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère, qu’il amène les pouvoirs publics américains à prendre des mesures ou contre-mesures fortes, en tout cas dans l’immédiat.

Du mouvement en Turquie et en Chine

Déterminée à réduire sa dépendance énergétique, la Turquie, où les barrages et projets hydrauliques se multiplient, se prépare quant à elle à franchir le cap. Déjà impliqué sur ce dossier en Pologne et en Allemagne, le géant pétrolier américain Exxon devrait en effet bientôt parapher un accord avec son homologue turc Turkiye Petrolleri (TPAO) en vue d’une extraction des gaz et huiles de schiste en Anatolie, région au très fort potentiel si l’on en croit une étude menée l’an passé par l’administration américaine (NDLR : selon ses auteurs, le pays dans son ensemble abriterait la bagatelle de quinze mille milliards de pieds cube d’hydrocarbures de roche-mère techniquement récupérables).

L’entreprise Total, elle, collaborera prochainement avec Sinopec en vue d’explorer et d’exploiter des gisements en Chine, où les réserves s’élèveraient à… trente-six mille milliards de mètres cube si l’on en croit l’estimation du Département américain de l’Énergie, ce qui ferait de l’Empire du Milieu le pays au plus fort potentiel en matière de gaz non-conventionnels. En échange de l’expertise du fleuron français de l’énergie, Pékin détiendra 2 % de son capital, a précisé le PDG de Total Christophe de Margerie dans un entretien accordé au Wall Street Journal en fin de semaine dernière.

Le pétrolier anglo-néerlandais Shell n’est pas en reste, lui qui a signé un premier accord d’exploration, de développement et de production des gaz de schiste hier avec la China National Petroleum Corporation (CNPC), concurrente directe de Sinopec. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune estimation de production n’a encore été communiquée. On sait toutefois que la concorde entre les deux groupes couvre une vaste zone de trois mille cinq cents kilomètres carrés dans la province du Sichuan, où la densité de population est particulièrement élevée.

Encore marginale dans l’Empire du Milieu, l’extraction des hydrocarbures de roche-mère pourrait atteindre six milliards de mètres cube par an à compter de 2015, dix fois plus d’ici 2020. Il faut donc s’attendre à une explosion du nombre de scandales environnementaux dans les prochaines années. Comme si la Chine était jusqu’ici épargnée…

Crédit photo : Wikimedia Commons / Ruhrfisch – Karol Karolus
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