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La fonte de l’Arctique est-elle en train de s’accélérer ?

La fonte de l’Arctique est-elle en train de s’accélérer ?
Cet ours polaire observe la glace arctique craqueler sous ses pieds, ce à une vitesse accélérée selon plusieurs études scientifiques aux constats alarmistes et concordants.

Mauvaise nouvelle venue du froid. Après une légère accalmie signalée au début de l’année, la fonte de la calotte glaciaire arctique a repris de plus belle ces derniers mois et aurait même tendance à s’accélérer

L’océan Arctique se prépare pour ses premiers automnes sans glace. Jusqu’alors recouvertes d’une épaisse couche de glace au plus tard début septembre, les fins d’année pourraient en ce début de décennie être synonyme de mer liquide. Un tournant climatique semble être en train de s’opérer et pourrait se poursuivre jusqu’en 2020. C’est en tout cas la prédiction alarmante de Wieslaw Maslowski, membre de la Naval Postgraduate School et considéré comme l’un des plus éminents connaisseurs et chercheurs de l’Arctique aux Etats-Unis. En comparant les volumes de glace présents dans l’océan depuis les années 1980, il a mis en évidence une baisse flagrante et régulière de cette quantité et table sur un Arctique libre de quasiment toute glace en automne d’ici à 2016, avec une marge d’erreur de plus ou moins trois ans.

Les automnes sans glace approchent

Cette projection inquiétante est scientifiquement basée sur une combinaison de la tendance observée du volume de glace et des modèles de projections établis par l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) en 2007. Seules devraient survivre quelques poches glacées au nord du Groenland et à l’est du Canada et leur avenir ne semble même pas assuré au-delà des années 2020. D’après les données collectées par le Polar Science Center de l’Université de Washington, « le volume de glace présent en septembre 2009 était en effet de 5 800 km3, c’est-à-dire 67% en-dessous du maximum de 1979 ».

Et comme le printemps pourrait bientôt être aussi libre de glace que l’automne, il remarque également que « le volume total de glace pour mars 2010 était de 20 300 km3,soit le plus bas de toute la période 1979-2009 et 38% en-dessous de son niveau de 1979 ». Des chiffres qui ont amené le docteur Mark Serreze, directeur du National Snow and Ice Data Canter, à qualifier ce phénomène de « spirale de la mort ». A propos de cette fonte accélérée il se prend d’une métaphore sportive désenchantée : « nous pouvons encore battre un record cette année ».

Ces conclusions diverses, et pourtant toutes concordantes, trouvent encore des détracteurs. Dans le sillage d’un Claude Allègre ou d’un Vincent Courtillot, le groupe WattsUpWithThat ? ironise en déclarant que « la spirale de la mort continue, avec une épaisseur et une surface de la glace arctique identique à celle qui était présente il y a dix ans ». L’instigateur de ce blog, Anthony Watts, est un ancien présentateur météo américain reconverti en vendeur de stations météo. Son site est entretenu par divers auteurs dont l’écrivain de fiction Steve Goddard, par ailleurs auteur de la pique.

Fonte en superficie… et en épaisseur

Autre étude récemment publiée et tout aussi inquiétante, celle de Leonid Polyak, chercheur à l’Ohio State University, qui a conclu « au niveau de glace le plus bas sur l’Arctique auquel nous ayons été confrontés dans toute l’histoire géologique récente ». Après la collecte et l’analyse de près de trois cents études publiées ou en cours de publication sur le sujet, son groupe de recherche a estimé que « la perte de glace à laquelle nous assistons aujourd’hui – la perte ayant commencé au début du vingtième siècle et qui s’est accélérée lors des trente dernières années – apparaît clairement comme déconnectée des mouvements naturels survenus, au moins, lors des derniers millénaires ». Difficile a priori de contester la crédibilité de ce chercheur auteur également d’un rapport préparé pour l’organisation environnementale United States Global Change Research Program sur la question du réchauffement climatique.

La fonte des glaces ne se ferait en outre pas qu’en superficie : « Sous la surface, la glace peut être épaisse ou fine. Les nouvelles techniques satellitaires et des observations de terrain nous autorisent à constater que le volume de glace diminue beaucoup plus rapidement que sa superficie. Les images générées [NDLR : par les techniques satellitaires] sont très troublantes. Nous perdons de la glace très rapidement », a ainsi décrypté M. Polyak.

Pour confirmer leurs observations et les affiner, lui et les membres de son équipe, issus notamment des universités du Colorado, du Massachussetts, de McGill (Canada) ou de Copenhague, voudraient se rendre en mer de Chukchi, au nord du détroit de Bering, entre l’Alaska et la Sibérie. C’est dans cette même mer que Shell envisage d’installer de nouvelles plateformes de forage pour extraire les richissimes gisements pétroliers de la région. Si les desseins de la multinationale néerlandaise sont pour l’heure reportés à la suite du moratoire de Barack Obama sur l’exploitation et l’installation des plateformes de forage, ses velléités ne semblent cependant pas prêtes d’être mises sous l’éteignoir.

C’est que la libération des glaces n’est pas sans avantage. Les répercussions économiques pourraient en effet se révéler prodigieuses pour l’ensemble du secteur des hydrocarbures, puisque les sous-sols gelés de l’Arctique renfermeraient 25% des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel. Les habitants, essentiellement des populations autochtones et des Inuits, pourraient se reconvertir en nababs de l’or noir, mais au prix de leur mode de vie traditionnel de pêcheurs. Peu probable toutefois qu’ils renonceront à la plus grosse part du gâteau qui semble se profiler.

Crédit photo : Flickr - US Geological Survey
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  • visiteur

    Heureusement que le GIEC n’a pas tenu compte de la fonte des glaces arctiques dans ses projections d’augmentation du niveau de la mer. Dans tous les cas, si vous achetez une maison pour une retraite paisible ou une petite famille entre 2020 et 2040, soyez sur d’au moins la prendre 12 m plus haut que le niveau de la mer si vous êtes près d’une voie d’eau y menant. C’est que ça fond en haut (7 m de plus pour la fonte des eaux du Groenland), mais ça fond surtout en bas. Mais les projections du GIEC ne calcule que la fonte des glaciers alpins (très scientifiques comme méthodes, mais certainement pas alarmiste)