NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

La déforestation de l’Amazonie favoriserait la propagation du paludisme

La déforestation de l’Amazonie favoriserait la propagation du paludisme
Les zones humides et déboisées constituent un habitat idéal pour les moustiques vecteurs de paludisme

Après les lézards, les gorilles du Congo et les tigres d’Asie, un autre être vivant pâtit lui aussi de la destruction des forêts tropicales : l’Homme.

C’est l’inquiétante conclusion de chercheurs du Nelson Institute de l’Université du Wisconsin (Etats-Unis) qui ont tenté d’en savoir plus sur le déboisement de la forêt amazonienne. Publiée dans la revue américaine Emerging Infectious Diseases, leur étude révèle que la destruction du poumon de la Terre a entraîné une augmentation de près de 50% de la propagation du paludisme dans les zones concernées. « Il apparaît que la déforestation est un facteur écologique initial susceptible de déclencher une épidémie de paludisme », s’inquiète Sarah Olson, principale auteure de ce rapport.

Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques du Nelson Institute ont eu recours à une multitude de données, en particulier des informations sanitaires relevées dans 54 districts brésiliens et des images satellites retraçant l’évolution de la déforestation de l’Amazonie. De 1997 à 2006, plus de 7 000 hectares d’une zone forestière située à la frontière péruvienne ont été déboisés et dépouillés de leurs végétaux alors que près de 15 500 cas de paludisme y ont été décelés en 2006. En combinant tous ces renseignements, ils ont établi un lien de causalité entre l’accélération du déboisement et les cas de paludisme dans cette région. « Une diminution de 4% de la couverture forestière a engendré une augmentation de 48% » des infections, précisent les instigateurs du rapport.  « Les vastes coupes claires pratiquées dans les forêts tropicales créent des conditions qui favorisent l’essor du moustique Anopheles darlingi, l’un des principaux vecteurs de transmission du parasite responsable du paludisme », décrypte Sarah Olson.

Les zones déboisées, le paradis des moustiques

Au fil du temps, l’Amazonie a été la cible de multiples agressions humaines, au point que certaines contrées se sont transformées en étendues marécageuses où prolifèrent des milliers de moustiques. Un constat aggravé par le fait que cette déforestation dénature d’abord les zones à proximité des rivières pour ensuite gagner l’intérieur des terres. « Les espaces déboisés, plus ouverts avec des étendues d’eau baignées de soleil, paraissent constituer un habitat idéal pour l’Anopheles darlingi », estime le Nelson Institute.

Les auteurs de l’étude estiment que leurs travaux pourraient fournir un modèle apte à déterminer les facteurs de risques environnementaux qui favorisent les cas de paludisme, une maladie infectieuse qui a touché quelque 500 000 Brésiliens dans le bassin de l’Amazonie entre 1997 et 2006 et qui sévit aussi en Afrique. « La conservation des forêts tropicales pourrait être bénéfique à la santé humaine. Une bonne gestion des espaces montre des effets prometteurs comme mesure utile pour réduire les risques d’infection », suggère le rapport. Il existerait donc une nouvelle bonne raison d’endiguer la déforestation.

Crédit photo : Flickr – tonrulkens
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !