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La couche d’ozone a cessé de se réduire

La couche d'ozone a cessé de se réduire
Visible sur cette image de 2006, le percement de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique aurait été jugulé. L'ozone total n'augmente cependant pas encore

La canicule en Russie et les inondations au Pakistan, deux événements qui ont fait la une de l’actualité environnementale de cet été, sont probablement dues au réchauffement climatique, phénomène dont plus personne ou presque ne conteste la réalité. Les émissions de CO2 font l’objet d’une mobilisation pluriétatique mais la couche d’ozone, elle, par une de ces facéties dont la planète a le secret, résiste.

Et elle pourrait même, si l’on en croit un rapport scientifique des Nations Unies publié hier à l’occasion de la Journée mondiale qui lui est dédiée, retrouver son niveau d’avant 1980 d’ici à 2050. Une fois n’est pas coutume, la coopération internationale aurait donc porté ses fruits. Signé il y a vingt-trois ans et un jour par cent quatre-seize pays pour contrôler les substances détruisant la couche d’ozone, à une époque où sa dégradation était la grande préoccupation environnementale, le Protocole de Montréal « nous (aurait en effet) protégé d’une plus grande déperdition ».

« L’ozone total, dont celui des régions polaires, ne baisse plus », a souligné Len Barrie, directeur de recherche de l’Organisation météorologique mondiale et qui a préparé l’étude avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). La proscription à la production et à la consommation de certains gaz toxiques, les chlorofluorocarbones (CFC) notamment, expliquerait l’embellie actuelle, étant entendu que leur persistance dans l’atmosphère sous forme moléculaire ralentit toutefois le rythme de la résorption.

Il n’en demeure pas moins que, « grâce à un strict respect (des dispositions du Protocole de Montréal (NDLR : lequel est unanimement reconnu comme le traité environnemental le plus efficace jamais mis en œuvre), les (pays signataires) ont réduit de plus de 98 % la production et la consommation des substances chimiques ». « En outre, dans la mesure où lesdites substances qui appauvrissent la couche d’ozone sont également des gaz à effet à effet de serre (GES), le Protocole contribue grandement à la lutte contre les dérèglements climatiques », s’est félicité le Secrétaire général de l’ONU Ban ki-Moon dans un communiqué.

Cent trente-cinq milliards de tonnes de dioxyde de carbone économisées

En raison de décennies d’excès et de la conjoncture climatique, la partie est cependant loin d’être gagnée, même si le Protocole aurait permis, toujours selon les Nations Unies, d’éviter l’émission de quelque cent trente-cinq milliards de tonnes de dioxyde de carbone.

Car il faudra encore des dizaines d’années pour que les fameux « trous »  autour des pôles soient bouchés et ainsi atténuer les effets de la hausse du thermomètre mondial sur le continent le plus froid de la planète – sachant que l’Arctique, lui, renferme des quantités astronomiques d’un méthane qui si elles venaient à se défaire de l’emprise du permafrost (NDLR : Le sol gelé en permanence) pourraient accentuer gravement, suivant le principe du cercle vicieux, les bouleversements climatiques.

« Le trou dans la couche d’ozone qui se forme chaque printemps au-dessus de l’Antarctique est un phénomène qui devrait persister beaucoup plus longtemps », ont prophétisé les trois cents experts qui ont participé à la rédaction du rapport onusien.

Et si le Protocole aurait eu « des effets connexes très bénéfiques » sur la lutte contre l’augmentation universelle des températures, celle-ci devrait aussi « exercer une influence croissante sur l’ozone stratosphérique dans les décennies à venir ».

Rappelons que la couche d’ozone (ou ozonosphère) filtre la majeure partie des rayons solaires ultraviolets, lesquels peuvent provoquer des cancers de la peau. Partant de cette certitude scientifique, il convient d’apprécier à leur juste valeur les résultats qu’a permis d’obtenir l’élaboration de la concorde internationale, tout en se gardant bien de tout triomphalisme.

Crédit photo : Wikimedia Commons - NASA
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