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La planète comptera officiellement 7 milliards d’individus lundi prochain. La plupart des démographes avancent en outre le chiffre de 10 milliards d’humains d’ici 2100. La planète pourra-t-elle supporter un tel accroissement du nombre de consommateurs de ressources naturelles ? Rien n’est moins sûr, ne serait-ce que parce que nous sommes à « découvert écologique » de plus en plus tôt au fil des années.
Des experts du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ont de leur côté publié cette semaine un rapport particulièrement inquiétant. Selon eux, 15 milliards d’Hommes pourraient même peupler la planète si d’aventure les taux de fertilité étaient sous-estimés, sachant que si la fécondité mondiale a décliné – elle est passée de 6 enfants par femme il y a 60 ans à 2,5 enfants par femme aujourd’hui – la planète accueille tout de même 80 millions de nouveaux-nés chaque année. La consommation d’eau, elle, a augmenté deux fois plus vite que la croissance démographique au cours du XXe siècle, dixit l’Institut des ressources mondiales. Il en résulte une raréfaction des ressources contre laquelle il est impossible de ne pas lutter. Un défi mondial certainement pas moins important que le maintien de l’augmentation du thermomètre mondial en-deçà des deux degrés celsius, qui lui est intrinsèquement lié. La Terre a beau être surnommée la planète bleue, 97,5 % de l’eau qu’elle contient est en effet salée et une proportion importante des 2,5 % restants constitue les glaciers et calottes glaciaires.

Problème : la consommation d’eau devrait encore augmenter de 50 % dans les pays en voie de développement (PED) et de 18 % dans les pays occidentaux entre 2007 et 2025. Plus demandeurs, les Etats moins « avancés » sont en plein exode rural et les puissances émergentes comme l’Inde ou la Chine, qui comptent toutes deux plus d’1,3 milliard d’habitants, stimulent la demande de façon exceptionnelle. L’urbanisation rapide qui caractérise ces deux monstres démographiques est en effet en partie responsable d’inégalités d’approvisionnement en eau qui sont aussi le fait des pouvoirs publics, lesquels se sont laissés dépasser par une croissance démographique supérieure à la production hydrique.
A l’heure actuelle, plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable et plus du double vit sans installation sanitaire décente. Les disparités sont également très fortes entre le Nord et le Sud, tandis que l’usage domestique ne sollicite que 8 % des réserves d’eau traitée alors que 70 % vont à l’irrigation et 22 % à l’industrie. Dans ce contexte, tout doit être mis en Å“uvre pour maintenir la productivité des terres agricoles – et ainsi optimiser les chances de (mieux) répondre aux besoins alimentaires vitaux d’une population mondiale croissante – et en parallèle réduire les risques sanitaires dans les zones urbaines surpeuplées et les espaces ruraux marginalisés.
On veut encore croire que la tâche est surmontable.

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