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La Commission baleinière internationale (CBI) tente de se racheter une conduite

La Commission baleinière internationale (CBI) tente de se racheter une conduite
La population de baleines à bosse ne cesse de diminuer mais le projet de créer un sanctuaire dans l'Atlantique Sud pour assurer la pérennité de l'espèce, soumis à approbation depuis une décennie, continue d'être rejeté par les pays chasseurs de la CBI. Scandaleux

Éclaboussée l’an passé par des soupçons de corruption – des lobbyistes japonais ont notamment été pris la main dans le sac par nos confrères du Sunday Times en train de soudoyer certains de ses membres, tous représentants de poids-plumes diplomatiques, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes et même filles de joie – , la Commission baleinière internationale (CBI) s’est employée la semaine dernière à rectifier le tir.

Il en allait de sa crédibilité, passablement altérée par les révélations du journal dominical britannique – lequel a même constaté des distributions ostentatoires de cash durant des séances (!) – et plus largement de la confiance de l’opinion publique internationale en les organismes supposés protéger l’environnement.

Réunis du 11 au 14 juillet derniers sur l’île anglo-normande de Jersey à l’occasion de la soixante-troisième session de la CBI, ses membres ont adopté par consensus une résolution destinée à modifier les modalités de règlement des cotisations et à instaurer davantage de transparence au sein de l’institution. Proposé par la Grande-Bretagne, ce texte a sans surprise fait l’objet de discussions animées entre pays chasseurs (Islande, Japon, Norvège et leurs sbires) et États pro-baleine, ce qui de l’avis du commissaire adjoint de la délégation nippone Joji Morishita ne veut surtout pas dire qu’il doit être considéré comme la victoire des seconds sur les premiers. « C’est un résultat de l’organisation dans son ensemble », a-t-il en effet déclaré. « (Cette résolution) démontre que nous sommes prêts à faire avancer la CBI dans le XXIe siècle en améliorant son efficacité et sa gouvernance », a pour sa part commenté le commissaire britannique Richard Pullen.

Les paiements des pays s’effectueront dorénavant par transfert bancaire depuis un compte appartenant à l’État membre. Un aménagement qui, à défaut de pouvoir prétendre à éradiquer toutes les basses manoeuvres, vise à empêcher Tokyo de régler les cotisations de certains petits pays par chèque ou en cash pour s’assurer de leur soutien.

la commission baleinière internationale est toujours aussi inefficace

Le serpent de mer du sanctuaire

Un rapport co-écrit par la Société de conservation des baleines et dauphins (WDCS) et l’Agence environnementale d’investigation (AIE) a par ailleurs été présenté. Ses auteurs ont chargé frontalement l’Islande, qui avait déjà fait l’objet d’un courrier de protestation rédigé par onze pays en avril dernier et s’est cette fois vue reprocher d’organiser « un commerce d’espèces en danger » à travers des exportations de rorquals communs vers le Japon. Quelque deux cent soixante-treize spécimens auraient été capturés depuis 2008, la quasi-totalité ayant in fine trouvé preneurs sur des étals nippons. Des exportations qui ne sont pas illégales mais qui constituent aux yeux des deux ONG un « abus » des règles en vigueur au sein de la CBI et de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). Aussi serait-il souhaitable de durcir la législation encadrant ce commerce, ce qui n’a hélas pas été fait la semaine dernière.

Autre impair majeur, celui-ci essentiellement imputable au conservatisme zélé de la délégation japonaise, décidément peu recommandable : le rejet d’une proposition de sanctuaire baleinier dans l’Atlantique Sud. Porté par l’Argentine et le Brésil, ce projet a en fait été lancé en… 1998 et est régulièrement soumis à l’approbation de la Commission depuis 2001. D’autant plus pertinent que les stocks de baleine à bosse et de baleines franches australes fondent comme neige au soleil dans ces eaux, il continue toutefois d’être rejeté en dépit du bon sens. Les représentants nippons ont entraîné dans leur sillage leurs homologues africains, caribéens, islandais, norvégiens et russes, qui ont tous quitté la table des négociations, rendant de facto impossible l’obtention du quorum nécessaire à l’adoption du texte.

Celui-ci figurera de nouveau à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la CBI. Avec, cela va sans dire, de fortes chances de se heurter une nouvelle fois à un mur.

Crédits photos : flickr – Samuel Bouchard / Isaac Kohane
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  • lilou

    A mon avis, personne n’oubliera ce qu’il s’est passé ! Du moins, pendant encore un bout de temps.

  • jf

    La vénalité des Hommes fait peur à voir !