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La Boudeuse jette l’ancre en Guyane

La Boudeuse jette l'ancre en Guyane
Parti de Fécamp, le trois-mâts de 42 mètres a atteint la Guyane en décembre, prêt à explorer les rivières comme ici, le fleuve Maroni

Après être parti à la rencontre des « Peuples de l’eau » de 2004 à 2007, l’équipage de La Boudeuse s’est vu confier une nouvelle mission par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, baptisée « Terre-Océan ». Le navire doit à présent sillonner les océans de l’Amérique du Sud à l’Océan Pacifique afin de sonder l’environnement marin et les littoraux.

La Guyane est la première étape du long périple de La Boudeuse qui doit mouiller près de dix mois à proximité de Cayenne. C’est au départ de ce département d’outre-mer (DOM) qui, aux dires du capitaine Patrice Franceschi, constitue une « base logistique très intéressante », que la goélette fera des expéditions au Venezuela et au Brésil.

Rejoindre l’embouchure du fleuve Maroni à la frontière du Surinam et remonter la rivière Sparaouine, explorer le massif Lucifer et les côtes de Guyane entre les fleuves Oyapok (à l’est) et Maroni (à l’ouest) ont été les principaux objectifs de février. Au programme : recensement des poissons, étude des rivages et de la capacité de captation du CO2 de certains types d’arbres, prévention des tsunamis et immersion dans la jungle amazonienne.

L’équipage de La Boudeuse, passé de quinze à trente-trois hommes et femmes géographes, géomorphologues, biologistes et autres entomologistes (NDLR : spécialistes des insectes), a aussi eu l’opportunité d’explorer les littoraux proches de la frontière brésilienne et a pu mesurer l’impact du travail des chercheurs d’or sur l’environnement. En effet le mercure – qui permet d’amalgamer le métal précieux lors des phases d’extraction et de purification – pollue les rivières et nuit à la santé des populations locales.

Leur principale découverte à ce jour concerne le développement de la mangrove, cette végétation caractéristique des littoraux des pays tropicaux humides qui se traduit par l’enracinement des palétuviers dans l’eau. Elle s’est considérablement étendue, au point de pourvoir la Guyane d’une surface supplémentaire de 30 km2. Un phénomène qui s’explique par la mobilité des bancs de vase formés sous l’accumulation de sédiments poussés par le puissant débit de l’Amazone. Cependant, le bilan reste à nuancer puisqu’il n’est pas question ici de véritables terres mais plutôt d’une zone « floue », boueuse, à mi-chemin entre terre et eau. « On s’attendait à un tel phénomène, mais pas de cette ampleur », a précisé Patrice Franceschi, preuve que la mission envisagée dans le cadre du Grenelle de la Mer porte ses fruits.

Et ce n’est qu’un début : le trois-mâts a largué les amarres le 21 octobre 2009 pour deux ans. A suivre, une expédition sur l’Amazone qui précèdera un autre périple sur l’Orénoque. Après avoir franchi le redoutable Cap Horn à la fin de l’année, les scientifiques de La Boudeuse étudieront les répercussions de la montée des eaux sur certaines îles de l’océan Pacifique menacées d’immersion comme la Polynésie.

copyright La Boudeuse / F. Lammens
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