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La bière a des vertus énergétiques insoupçonnées

La bière a des vertus énergétiques insoupçonnées
Les Britanniques s’apprêtent à fabriquer pour la première fois de la biomasse à partir de déchets produits par les brasseurs. De la pinte au radiateur, il n’y aura bientôt plus de frontière

Dans le monde des énergies renouvelables, la biomasse est sans doute l’une des moins connues. Deux innovations venues d’Europe du Nord pourraient toutefois attirer les projecteurs sur cette source d’énergie garantie propre.

La compagnie danoise Inbicon, l’une des spécialistes du secteur, vient d’annoncer l’entrée en service de la plus grande raffinerie de biomasse au monde à Kalundborg, à une centaine de kilomètres de Copenhague. Elle devrait être capable de produire plus de quatre millions de litres d’éthanol cellulosique par an à partir de paille, de déchets de maïs et de cannes à sucre. « Nous produisons un nouvel éthanol pour remplacer le gazole mais aussi un carburant biologique à partir de lignine pour remplacer le charbon » a précisé le PDG de Inbicon Niels Henriksen.

La raffinerie de Kalundborg devrait être intégrée à la plus importante centrale électrique du Danemark, l’Asnaes Power Station. « La raffinerie de biomasse Inbicon est capable d’améliorer grandement l’efficacité énergétique des centrales avec lesquelles elles sont intégrées, comme les stations fonctionnant au charbon, les usines de production d’éthanol ou n’importe quelle exploitation produisant à la fois de l’électricité et du chauffage », décrypte M. Henriksen.

Sa méthode commence déjà à se généraliser dans plusieurs endroits de la planète puisqu’une coopérative électrique du Minnesota a déjà prévu d’installer une raffinerie Inbicon dans le Dakota du Nord en complément d’une de ses propres stations. Des projets de partenariat sont également en voie de concrétisation dans l’Illinois mais aussi en Asie et notamment au Japon, où le Mitsui Engineering & Shipbuilding fait les yeux doux à Inbicon. « Les échanges d’énergie symbiotique aident nos clients à créer des opportunités de business à la fois durable et neutres en carbone », se réjouit M. Henriksen, qui permet au Danemark de s’enorgueillir d’une nouvelle avancée révolutionnaire dans le monde des énergies renouvelables.

Quand la bière produit de l’énergie

La Grande-Bretagne se convertit également aux vertus de la biomasse et s’apprête à lancer la première production de biométhane à base de déchets produits… par les brasseries ! La construction de l’usine qui concrétisera cette petite révolution a été officialisée en fin de semaine dernière par la compagnie nationale National Grid plc, partenaire d’Adnams Bio Energy Limited. Cette unité dont le coût a été évalué à environ 3,5 millions d’euros devrait pouvoir produire une quantité de 4,8 millions de kilowattheures (KWh) d’énergie par an à base de déchets alimentaires et de brasseries, c’est-à-dire assez pour alimenter en chauffage 235 foyers. Pour rester cohérente jusqu’au bout du point de vue écologique, l’usine sera par ailleurs pourvue de panneaux solaires.

Dans le même temps une maison britannique « typique » utilise 56 KWh de gaz par jour, c’est-à-dire la quantité qui pourrait être récupérée à partir des déchets produits par le brassage six cents pintes de bière. Quand on sait que vingt-huit millions de pintes sont consommées quotidiennement outre-manche, les marges de manœuvre existent (NDLR : avec cette quantité, il serait en effet possible de générer assez de biométhane pour chauffer 47 000 foyers). Selon une étude du National Grid ce biogaz dont les propriétés sont très similaires à celles du gaz naturel pourrait même représenter jusqu’à 15% de la consommation de gaz domestique en 2020. « Cette usine aura un impact majeur sur la réduction des émissions de carbone dans la région et sur la production d’énergies renouvelables », prédit Andy Wood, PDG d’Adnans. Et d’ajouter : « Les déchets alimentaires seraient autrement destinés aux décharges, mais le fait de les traiter permet de sauver environ 50 000 tonnes d’équivalent CO2 ». Pas sûr qu’en ayant connaissance de cette nouvelle les Britanniques boiront leurs bières fétiches de la même manière qu’auparavant.

Crédit photo : Peter Trimming
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