NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

L’augmentation du nombre d’attaques de requins demeure inexpliquée

L’augmentation du nombre d'attaques de requins demeure inexpliquée
Des espèces de requins qui ne s’y aventuraient guère jusque là approchent aujourd’hui nos côtes. Un phénomène inquiétant pour l’heure inexpliqué…

Les agressions de squales sont en hausse depuis quelques années et certains ont fait leur apparition dans des zones où ils n’ont en théorie rien à faire. Les experts ont évoqué plusieurs hypothèses a priori recevables, bien qu’aucune n’ait encore été officiellement validée par le microcosme scientifique.

Fiction qui a marqué des millions de personnes partout dans le monde et contribué au mythe du requin mangeur d’hommes, les Dents de la Mer n’est peut-être, tout compte fait, pas si éloigné de la réalité.  Au moins cinq attaques de requins, dont trois se sont avérées mortelles, ont en effet déjà été recensées ce mois-ci.

Au large des côtes sud-africaines, aux Seychelles ou encore dans la Mer du Japon, les squales sèment la panique, notamment dans des régions où aucune agression de ce genre n’avait été enregistrée jusqu’ici. 2011 marquera-t-elle une nouvelle hausse du nombre d’attaques perpétrées sur l’Homme, sachant que des chercheurs de Floride (Etats-Unis) en ont recensé 79 l’an passé, ce qui représente une augmentation de 25% par rapport à 2009 et un niveau jamais atteint depuis l’an 2000 ?

« Il y a de plus en plus de personnes qui se baignent, cela augmente donc les risques mais sur le long terme rien ne permet de conclure à une recrudescence des attaques. Les chiffres varient entre cinq et dix attaques mortelles par an», a indiqué Agathe Lefranc, de l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (APECS), à nos confrères du Monde. Docteur en biologie au Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement (CRIOB), Johann Mourier souligne pour sa part qu’« en Egypte, certains animateurs n’hésitent pas à jeter beaucoup de nourriture à la mer pour attirer les requins et satisfaire les touristes avides de sensations fortes ».

Des allégations corroborées par les autorités égyptiennes, selon lesquelles les requins responsables de plusieurs attaques au large de Charm-el-Cheikh l’an passé n’auraient pas investi la Méditerranée par hasard : des bateaux jetant des moutons morts à la mer les auraient attirés volontairement.

« Certaines espèces ont disparu jusqu’à 90% »

Membre de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Bernard Seret pense quant à lui que la surpêche n’est pas non plus étrangère à l’apparition de requins dans la mer Rouge. « Ce phénomène a fait disparaître de nombreux requins côtiers, ce qui a peut-être permis à des requins du large comme les requins océaniques de conquérir un peu de territoire et de s’approcher des côtes. D’autant qu’en mer Rouge, les profondeurs sont importantes même à quelques mètres des côtes », avance cet expert.

Selon le scientifique russe Pavel Kaltchouguine, le réchauffement climatique pourrait lui aussi favoriser le déplacement des populations et expliquerait notamment la présence d’une espèce encore jamais vue en Mer du Japon. « Selon toute vraisemblance, le requin blanc est arrivé jusqu’à nos côtes à la faveur d’un courant chaud, dû à la montée des températures », a-t-il déclaré. Une hypothèse que l’on ne peut écarter puisque de plus en plus d’espèces sont observées dans des zones inhabituelles, ainsi ce requin tigre découvert par un pêcheur au large des Charentes-Maritimes en 2008. « Il s’agit de cas exceptionnels. Il y a toujours des individus qui peuvent sortir de leur zone naturelle en suivant un courant, une proie ou un bateau, mais pour que ce soit lié au réchauffement climatique il faudrait qu’une population entière s’installe dans une nouvelle zone. Pour l’instant, rien ne permet de le dire », tempère néanmoins M. Seret.

Ce qui est en revanche certain, c’est que plusieurs dizaines de millions de requins – de soixante-dix à cent vingt selon les estimations – disparaissent chaque année, principalement à cause de la surpêche et du shark finning.  De fait, un tiers des espèces seraient aujourd’hui en danger voire menacées d’extinction d’après les évaluations de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).  « Sur la côte Est des Etats-Unis, certaines espèces ont disparu jusqu’à 90 %. On a alors constaté que leur disparition avait un impact sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, même sur les mollusques », rapporte Catherine Vadon, biologiste au Muséum d’histoire naturelle. Compte-tenu de la situation des squales dans la chaîne alimentaire, la situation est aujourd’hui catastrophique, quand bien même certains Etats ont pris des mesures pour arrêter la saignée.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : dans le duel Homme-requin, le prédateur n’est pas forcément celui que l’on croit.

Crédits photos : flickr – prilfish / davidd
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • visiteur

    Davantage de “pratiquants” de la mer, qui ne tiennent pas compte du lieu ou de la visibilité, la pratique du nourrissage et, avec la surpêche, moins de poissons à cibler par les prédateurs serait-il la résultante de plus d’attaques ? Certainement. Mais il faut encore relativiser car le nombre de ces attaques connait davantage de médiatisation que de croissance. Annuellement, on demeure avec moins d’une centaine de cas pour l’ensemble de la planète bleue donc une quinzaine ont une issue mortelle. La mer n’est pas le milieu naturel de l’homme et le requin ne sera jamais un animal de compagnie !