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L’augmentation des quantités de déchets électroniques en Afrique est due à sa consommation intérieure

L’augmentation des quantités de déchets électroniques en Afrique est due à sa consommation intérieure
Entre 650 000 et un million de tonnes de déchets électroniques en Afrique de l’Ouest sont issus de la consommation intérieure

Selon le rapport de l’ONU DEEE ? Où en sommes-nous en Afrique ?, publié en fin de semaine dernière et préparé par le Secrétariat de la Convention de Bâle et ses partenaires, la consommation intérieure des pays de l’Afrique de l’Ouest est le principal facteur de l’augmentation des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) dans la région.

De nombreux Etats industrialisés, pour la plupart européens, ont pris l’habitude d’envoyer des « cadeaux » électroniques, portables démodés et autres ordinateurs dépassés qui ne leur servent plus mais qu’ils souhaitent offrir aux pays en voie de développement. (PED) Si ces legs présentent d’indéniables avantages pour des populations qui ont un accès restreint aux nouvelles technologies, le cadeau est parfois empoisonné.

La consommation intérieure des pays d’Afrique de l’Ouest est en effet le principal facteur à l’origine de l’augmentation du nombre de D3E neufs ou d’occasion produits dans la région. Au Bénin, en Côte-d’Ivoire, au Ghana, au Libéria et au Nigeria, entre 650 000 et un million de tonnes de déchets électroniques sont issus de la consommation intérieure. Bien qu’elle reste très inférieure à celle d’autres régions du globe, la production de ces rebuts croît rapidement en Afrique. Le taux de pénétration des ordinateurs personnels a quant à lui été décuplé au cours de la décennie écoulée, alors que le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile a dans le même temps… centuplé.

Les importations de D3E usagés viennent donc s’ajouter à une masse de déchets déjà importante présente sur place. Au Ghana, 70% des 40 000 tonnes d’importations de déchets électroniques étaient des équipements usagés en 2010, les 30% restants étant des équipements d’occasion importés hors d’état de fonctionnement. Même constat au Bénin et en Côte-d’Ivoire, où la moitié des DEEE usagés importés était irréparable.


Potentiels écologiques et dangers pour la santé

Il existe toutefois des avantages à la présence de ces déchets. « La gestion correcte des équipements électriques et électroniques offre pour de nombreux pays des possibilités potentiellement importantes de créer des éco-entreprises et des emplois verts », résume ainsi Jim Willis, Secrétaire exécutif de la Convention de Bâle. En plus d’aider à la protection de l’environnement, un système efficace de récupération des déchets et de recyclage pourrait aussi vitaliser le secteur économique.

La manipulation des DEEE n’est cependant pas toujours sans conséquences, loin de là. Les équipements abritent en effet des substances qui peuvent être dangereuses pour la santé, notamment des métaux lourds comme le mercure et le plomb. Lors des opérations de démontage et de récupération, certaines de ces substances sont rejetées. Le rapport onusien souligne également que le brûlage de câbles, réalisé pour en extraire le cuivre, est une source majeure d’émissions de dioxine, un polluant organique transporté sur de longues distances et qui s’accumule dans les organismes en remontant la chaîne alimentaire globale.

Le travail des enfants est par ailleurs monnaie courante dans les entreprises de récupération de l’Afrique de l’Ouest. Recrutés pour des travaux légers, ces derniers mettent leur vie en danger pour récupérer des métaux précieux présents dans les équipements. « Les solutions durables en matière de gestion des déchets électroniques en Afrique exigent un contrôle des importations et exportations, des prises de mesures sur le ramassage et le recyclage, ainsi que l’élaboration de politiques et de lois qui incorporent la responsabilité élargie des producteurs, renforcent la sensibilisation et l’éducation, et veillent à la surveillance du respect des dispositions. On devra assurer la mise en œuvre de mesures adéquates de santé et de sécurité pour ceux qui interviennent dans le recyclage, ainsi que de pratiques écologiquement rationnelles », a indiqué le Professeur Oladele Osibanjo, co-auteur du rapport.

A l’approche de la Conférence Rio+20, qui se déroulera en juin prochain, ce rapport met en avant l’importance de la mise en place de structures de recyclage au niveau international et celle d’une gestion des déchets mieux encadrée pour garantir la sécurité des populations. Un forum panafricain sur les déchets électroniques se déroulera en amont, du 14 au 16 mars prochains à Nairobi (Kenya). Il s’imposait.

Crédits photos: Geograph- WEEE World Altogether created by Colin H. McKnight/Steve Bullivant
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