NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

L’après-marée noire ne sera pas de tout repos

La colère gronde en Louisiane où les riverains du golfe du Mexique se sentent de plus en plus délaissés, au fur et à mesure que la fin de la marée noire approche. Les dégâts écologiques causés par cette dernière sont en effet loin d’être terminés

Alors que la fin de l’opération « bottom kill » semble approcher à grands pas (Voir ), et avec elle la fin d’une marée noire cataclysmique pour le golfe du Mexique, l’heure est au règlement de comptes.

17,6 milliards de dollars (13,3 milliards d’euros), c’est le montant estimé de l’amende maximale que pourrait être amené à payer le groupe pétrolier aux instances fédérales. Et quand bien même le versement effectif d’une telle somme dépende notamment du passage devant le Sénat d’un projet de loi sur la réforme du secteur de l’énergie, ce qui au vu des récents agissements de la minorité républicaine semble loin d’être acquis, la menace continue de planer sur le géant des hydrocarbures. « BP sera clairement tenu responsable », a ainsi déclaré hier sur NBC Carol Browner, conseillère du président Obama sur les questions d’énergie et de changement climatique. « Il y aura une importante pénalité financière » a-t-elle également précisé, sans plus de précisions.

L’administration Obama a-t-elle ne serait-ce que l’intention de porter plainte contre BP, quand bien même le blocage parlementaire sauterait ? « Je ne ferai pas de commentaire sur l’enquête du département de la Justice » s’est-elle contentée de dire, refusant d’exprimer clairement la volonté de poursuivre – ou pas – en justice le pétrolier pour les méfaits causés par cette marée noire accidentelle déjà considérée comme la plus importante de l’histoire. La Maison Blanche avait d’ailleurs demandé au groupe pétrolier de mettre en place un fonds doté de 20 milliards de dollars (15,2 milliards d’euros) pour indemniser tous ceux qui avaient été touchés par ce cataclysme écologique dans la région, un fonds qui devrait être lancé « dans les prochains jours » a défendu Mme Browner.

Vers une seconde vie pour Macondo ?

BP a toutefois trouvé une manière plus surprenante de renflouer ses finances déjà rudement mises à mal par cette affaire. Doug Suttles, directeur des opérations du groupe, songe en effet au potentiel d’exploitation du puits Macondo, celui-là même qui est à l’origine de la catastrophe : « Il y a beaucoup de pétrole et de gaz (prisonniers sous terre) et nous devons maintenant réfléchir à ce que nous en faisons ». Et alors même que l’opération « bottom kill », qui devrait normalement condamner à tout jamais la fuite, n’est pas encore terminée, les équipes de BP expliquent par la voix de ce cadre qu’elles « n’ont même pas pensé à ce qu’il fallait faire de ce gisement ». L’explosion de la plateforme Deepwater Horizon a eu en effet lieu alors que le démarrage de la production était prévu dans les jours suivants.

Le groupe a livré en guise de réponse un communiqué où ni excuse ni démenti n’est apporté : « BP se concentre actuellement totalement sur les mesures d’intervention dans le golfe du Mexique et l’utilisation future du gisement n’est pas actuellement à l’étude ». M. Suttles assurait d’ailleurs lui-même que le puits Macondo ne serait jamais exploité tant bien même que la production reprenne en Louisiane. Ces tergiversations laissent toutefois penser qu’au sein de BP Tony Hayward n’avait visiblement pas le monopole des gaffes bien que sous sa gouverne, son groupe avait fait part de son intention d’exploiter d’autres gisements dans un territoire extrêmement fragile en Alaska.

La fin de la partie n’a pas sonné

Ces propos maladroits interviennent alors que sur le terrain, l’heure des réjouissances n’est pas venue. Bien que la marée noire puisse être prochainement rangée du côté du passé, les conséquences écologiques de celles-ci appartiennent plus que jamais au présent. Les habitants de la région sont toujours inquiets et ne font que peu ou pas confiance aux perspectives optimistes des dirigeants de BP quant à la fin de ce drame. Le groupe pétrolier, toujours par la voix de M. Suttles, a toutefois promis que les moyens seront maintenus pour nettoyer l’ensemble du littoral du golfe. « Il y a encore beaucoup de travail. Il y a encore des galettes de brut qui vont arriver et qui devront être ramassées ». Des propos à prendre une fois de plus avec des pincettes alors que son propre patron Robert Dudley considérait de son côté qu’il était temps de « réduire » les efforts de nettoyage du golfe…

Les informations récemment fournies par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et l’US Geological Survey (USGS) sont pourtant plutôt rassurantes, puisqu’elles indiquent que le pétrole resté dans la mer ou déjà parvenu sur les plages ne présente plus qu’un risque « relativement minime » à l’écosystème du golfe et à ses habitants. « Si le rapport du gouvernement est crédible, alors il constitue en effet une bonne nouvelle » s’est prudemment réjoui James Tripp de l’Environmental Defense Fund. De son côté Jason Funk, conservateur pour Land, Water & Wildlife (LWW) dénonce les propos du PDG de BP : « Ce n’est clairement pas le temps d’une « réduction » des efforts, mais plus probablement d’une transition dans les activités de nettoyage ». Et de promettre que « ce pétrole n’a pas disparu, même s’il n’est plus à la surface… Le processus de récupération n’en est en fait qu’à son commencement ». Et même si le puits semble sur le point d’être colmaté, quitte à être exploité de nouveau dans plusieurs années, les riverains du golfe ne sont pas prêts de voir ce sombre chapitre se refermer.

Crédit photo : Flickr - Infrogmation
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !