NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

L’administration Obama et le lobby de l’or noir s’écharpent encore

L’administration Obama et le lobby de l’or noir s’écharpent encore
La sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski veut libéraliser l’exploitation pétrolière dans le Grand nord américain. Un dessein auquel l’équipe du président Obama n’est pas favorable

Les groupes pétroliers et certaines personnalités politiques américaines veulent accélérer l’exploitation des importantes ressources pétrolières de l’Arctique. Les autorités fédérales préfèrent, de leur côté, mettre un coup de frein à leurs velléités.

La sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski ne recule devant rien, pas même un désastre écologique. Celle qui s’était déjà prononcée pour la libéralisation de l’exploitation pétrolière dans son Etat vient de réitérer sa requête en marge de l’officialisation des conclusions de la Commission sur la marée noire du Golfe du Mexique, rendues il y a deux semaines. « D’après mon expérience, la pêche, le tourisme et les industries de l’énergie sont parfaitement capables de coexister – comme c’était d’ailleurs le cas depuis plusieurs décennies avant l’incident de l’année dernière », a rappelé l’élue.

La marée noire dans le Golfe du Mexique ? Un « incident » (sic) qui ne doit selon elle pas remettre en cause ce fragile compromis : « l’économie d’Etats comme l’Alaska et la Louisiane dépendant indiscutablement de ces trois activités, et la perte d’une seule de celles-ci mènera à l’instabilité ». « Les Américains ont besoin des produits de la mer, nous aimons nos vacances sur la page et nous dépendons du pétrole pour nos existences », a-t-elle ajouté.

Des infrastructures insuffisantes

Si le Golfe du Mexique verra prochainement l’exploitation pétrolière offshore reprendre dans ses eaux, les mers alaskiennes devraient quant à elles bénéficier d’un peu de répit. C’était déjà le message de l’administration Obama durant la marée noire, et il vient d’être confirmé à la suite des déclarations de Mme Murkowski et celles plus ambiguës de son collègue – pourtant démocrate – Mark Begich, lequel considère que les Etats-Unis ont « besoin de construire les infrastructures nécessaires et faire tout ce qui est possible pour empêcher les marées noires, mais aussi de continuer le développement des industries du pétrole et du gaz pour assurer la sécurité économique et nationale ».

Responsable pour le compte de l’administration des opérations de sauvetage qui ont fait suite à l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, l’Amiral Thad Allen a quant à lui déclaré vouloir se concentrer sur ces « infrastructures ». Une stratégie qui semble recevable dans la mesure où les Etats-Unis n’auraient selon ses dires pas les armes pour lutter contre une éventuelle marée noire dans le golfe de l’Alaska, ce qui constituerait, eu égard à la fragilité des habitats arctiques, une catastrophe écologique probablement bien plus grave que celle qui a frappé le Golfe du Mexique. Washington doit notamment « investir dans les gardes-côtes », une mesure qualifiée d’ « obligatoire » par Fran Ulmer, ancienne lieutenant-gouverneur de l’Alaska.

Des appétits intacts

Les écologistes ont d’autant plus de raisons d’être inquiets que le groupe Shell, qui voulait se lancer dans l’exploitation de gisements de pétrole dans les mers de Beaufort et de Chukchi et avait repoussé ses projets à la suite de la marée noire, vient de confirmer qu’il espérait les concrétiser dès 2012. « Malgré tous nos efforts, nous attendons toujours certains permis cruciaux, et le calendrier d’obtention de ces autorisations est toujours incertain », a précisé Peter Voser, directeur général de la multinationale néerlandaise. L’organisation écologiste Sierra Club a cependant apprécié ce report, évoquant « une victoire pour la sécurité des ouvriers et pour l’environnement ». Le Centre américain pour la diversité biologique aurait pour sa part préféré que les autorités américaines interdisent à Shell tout permis d’exploitation dans la région, proscription qui étant donné les sommes en jeu et les pressions républicaines paraissait néanmoins peu probable.

Plus que l’Alaska, d’ores et déjà spectateur de quelques-uns des derniers grands malheurs de BP, c’est en fait l’ensemble de la zone arctique, le Groenland compris, qui se trouve au cœur d’enjeux géopolitiques majeurs et inédits. Peut-on assurer la sécurité énergétique de la planète sur le dos de cet écosystème en grand danger ? Les décideurs n’ont toujours pas répondu de manière tranchée à cette question décisive.

Crédits photos : Flickr – US Army Alaska – uscgpress – toffehoff
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • greenauto

    Si pour certains, la marée noire dans le Golfe du Mexique n’est qu’un « incident », la situation devient vraiment désespérée…