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Ce n’est pas en 2013 que la pêche durable triomphera…
La commissaire européenne à la Pêche Maria Damanaki est une femme ambitieuse, déterminée, sûre de son fait et qui ne manque pas d’idées pour tenter de freiner l’épuisement des ressources halieutiques, considérant à juste titre que le déclin de la biodiversité marine ne fait au bout du compte les affaires de personne. Instauration d’un permis à points pour les bateaux, interdiction des rejets en mer de poissons morts, mesures générales pour favoriser le développement de la pêche durable : résolument progressiste et pragmatique, sa vision est peu ou prou celle des associations de protection de l’environnement.
C’est toutefois sans compter sur les professionnels de la pêche et les ministres continentaux, qu’on ne saurait diaboliser, mais qui, d’une façon générale, veulent en priorité défendre les intérêts économiques de la filière à court terme, à plus forte raison dans ce contexte de crise économique aigue. Ces logiques s’affrontent depuis maintenant des années, d’où des accords qui ne satisfont pleinement aucun des deux partis. Portant sur les quotas de captures en mer du Nord et dans l’Atlantique pour l’année 2013, celui que les ministres de la Pêche de l’Union Européenne (UE) viennent de conclure ne fait hélas pas exception à la « règle », indépendamment des déclarations officielles.
Signé jeudi dernier, le texte est en effet « nettement moins ambitieux que les propositions présentées par la commissaire », résument nos confrères de l’AFP. Qu’à cela ne tienne : comme toujours, les grandes puissances européennes de la pêche – à savoir la France, l’Espagne, mais aussi l’Irlande -, qui trouvaient trop « brutales » les diminutions préconisées par Mme Damanaki, s’en sont tirées à bon compte, obtenant  « la reconduction des quotas les plus importants et réduit les prétentions de (cette dernière) sur les autres ».
« Une occasion manquée »
« Selon les zones de pêche, Bruxelles voulait réduire les captures de 20 % à 38 % pour la baudroie, de 20 % à 25 % pour le cabillaud, de 32 % pour le merlu, de 20 % à 55 % pour l’églefin, de 20 % à 80 % pour la sole et de 20 % à 40 % pour la sardine. Concernant les langoustines, elle demandait une baisse de l’ordre de 18 % à 21 %. Finalement, les restrictions prévues ont été sensiblement atténuées. Ainsi, dans les zones de pêche de la mer Celtique et d’Ouest Ecosse, les quotas d’églefin devront diminuer de 15% au lieu des 55% proposés par la Commission européenne », détaille l’Agence. Et d’ajouter : « Dans la zone Manche ouest, le quota de sole va augmenter de 6%, alors que la Commission préconisait une baisse de 14%. En Manche, le quota de sole est relevé de 15%, alors que la Commission plaidait pour une baisse. »
Parfois considérables, les écarts n’augurent rien de bon pour l’écosystème marin, gravement affecté par la surpêche, la pollution, le réchauffement climatique et l’acidification des mers et des océans. Associés à l’incapacité à trouver un terrain d’entente sur la mise en œuvre du système RMD (Rendement maximum durable), ils ont sans surprise été condamnés par les ONG, à l’image du WWF, lequel a par la voix de Roberto Ferrigno, cité par l’AFP, regretté que les ministres aient « encore une fois démontré que les intérêts à court terme de leur secteur de la pêche prévaut sur la protection des stocks de poissons ». Même amertume du côté d’Oceana, qui a déploré « une occasion manquée », mais aussi reconnu des pas accomplis « dans la bonne direction » pour ralentir la diminution des populations des espèces de poissons.
« Nous sommes parvenus à un compromis. Les propositions de la Commission européenne étaient plus ambitieuses, mais je suis satisfaite », a de son côté commenté Maria Damanaki. Vraiment ?

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