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Italie : le renoncement au nucléaire peut-il changer la donne énergétique ?

Italie : le renoncement au nucléaire peut-il changer la donne énergétique ?
Le manque de vent limite les perspectives de développement de l'éolien onshore en Italie

Le ministre du Développement économique Paolo Romani a assuré que les énergies propres feront l’objet d’un gros coup de pouce. Le gouvernement italien devra toutefois surmonter de nombreux obstacles à la fois matériels et techniques pour procéder à un verdissement énergétique digne de ce nom.

Il s’agit certes d’un plébiscite mais il convient tout de même de le relativiser. Le « règlement électoral » italien est ainsi fait que ceux qui ont participé au référendum ne pouvaient que dire « no » à Silvio Berlusconi, lequel, sachant que la consultation aurait été nulle si moins de 50 % des électeurs y avaient pris part, avait appelé à la désertion des bureaux de vote. Le moins que l’on puisse écrire est que nos voisins n’ont pas suivi la recommandation d’Il Cavaliere.

Fragilisé comme jamais, deux semaines après la perte de son fief de Milan, le président du Conseil vient d’essuyer quatre gifles et pourrait bien se faire tout petit dans les mois à venir. Il va quoi qu’il en soit devoir faire une croix sur l’une de ses grandes priorités : la relance du programme nucléaire, justifiée par les nécessités de réduire la dépendance énergétique et la facture d’électricité du contribuable. Celui-ci est en sommeil depuis – déjà – un référendum de 1987. À l’époque, la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) avait suscité un véritable traumatisme.

Près d’un quart de siècle plus tard, force est d’admettre que celle de Fukushima 1 (Japon) a elle aussi eu un écho considérable, même si l’occasion était trop belle pour les Italiens de dire leur façon de penser à celui que, paradoxalement, ils ont porté au pouvoir à trois reprises.

Une marge de manoeuvre étroite

Bien que nos voisins se soient opposés à une relance et non à une poursuite des desseins atomiques, ce qui signifie que leur refus ne change rien à court terme, Rome devra désormais s’atteler à la mise en oeuvre d’une nouvelle politique énergétique. Une loi en ce sens ayant été votée en 2009, le gouvernement tablait en effet sur une mise en service de réacteurs EPR (Evolutionary Power Reactor) d’ici 2020. Cette hypothèse est exclue depuis avant-hier, et avec elle celle d’une production d’électricité à 25 % d’origine nucléaire à l’horizon 2030.

De fait, une nouvelle feuille de route sera arrêtée d’ici la fin de l’année et on a envie de croire le ministre du Développement économique Paolo Romani lorsqu’il affirme que la part réservée aux technologies propres, qui se situe actuellement autour de 22 % (NDLR : contre 65 % aux technologies fossiles), « sera beaucoup plus importante » à l’avenir.

« Une conférence rassemblant le gouvernement, les collectivités locales et les entreprises se tiendra après l’été pour fixer les nouveaux objectifs », rapportent également nos confrères de 20 Minutes. « Dépasser 30 % d’énergie renouvelable peut se faire mais cela sera difficile et plus coûteux », estime toutefois Luigi De Paoli, professeur d’économie de l’énergie à l’Université Bocconi de Milan.

L’expert en veut pour preuve l’impossibilité d’installer des éoliennes offshore dans les eaux territoriales italiennes, trop profondes, un manque chronique de vent qui compromet la construction de nouveaux parcs onshore, les subventions élevées qu’implique un développement soutenu de la filière photovoltaïque et les faibles possibilités de croissance de l’hydroélectricité, qui représente aujourd’hui 15 % de l’électricité consommée de l’autre côté des Alpes.

Autre inquiétude, et pas des moindres : l’inévitable augmentation du recours au gaz, étant entendu que les trois principaux fournisseurs de l’Italie, à savoir l’Algérie, la Libye et la Russie, sont tous exposés de près ou de loin à des bouleversements géopolitiques majeurs.

Les écologistes ont cependant des raisons d’espérer. Les autorités devraient ainsi prendre des mesures en vue de renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments. Quant à l’énergie solaire, « (elle) peut faire un bond énorme en arrivant à 8 voire 10 % d’ici 2020 et ne plus avoir besoin de subventions car son coût diminuera », analyse Gianni Chianetta, président d’Assosolare, l’association des entreprises transalpines du secteur.

Cela n’empêche : comme l’Allemagne, l’Italie ne va pas tarder à être confrontée à une équation énergétique qu’il lui sera bien difficile de résoudre. Surtout si l’économie tarde à redécoller.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Otourly / Fernando Tomas
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  • vtourisme

    L’energie propre semble diffice a realiser pr l’Italie… Mais il ne faut qu’elle perde espoire !

  • greenauto

    C’est déjà bien qu’il est renoncé au nucléaire !