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Un équipe de chercheurs de l’Université d’Alicante (Espagne) s’est lancée dans un projet qui peut sembler curieux : avec l’aide de la compagnie Flysoil SL, les chercheurs produisent des mouches par millions, en l’occurrence l’Hermetia illucens, une espèce d’origine tropicale implantée dans la région méditerranéenne depuis les années 1960.
L’objectif de cette entreprise est de trouver un moyen efficace et écologique d’éliminer des déchets organiques à grande échelle, et il se trouve que les larves de l’Hermetica illucens sont particulièrement férues de matières organiques, notamment fécales.
Depuis deux ans, les chercheurs effectuent leurs tests sur des déjections d’animaux de zoos. Ils ont récemment publié les résultats de leurs travaux sur le parc zoologique Terra Natura à Benidorm (Espagne), où une unité dédiée à la reproduction des mouches et à l’éclosion des larves et un biodigesteur renfermant les larves qui se nourrissent des déchets organiques ont été installés.
Les larves sont parvenues à éliminer 90% des déchets organiques produits par les animaux, les 10% restant ayant quant à eux été recyclés en compost organique. Selon les chercheurs, les vingt millions de larves actuellement présentes sur le site sont capables d’ingérer une tonne de déchets par jour (!) Elles sont donc beaucoup plus efficaces et rapides que les lombrics utilisés pour le lombri-compostage, ou toute autre technique conventionnelle de compostage traditionnel.

Plutôt que d’attendre une invasion de millions de mouches, les larves sont « relevées » des déchets organiques une fois qu’elles ont atteint une certaine taille et sont à leur tour transformées en biomasses. L’étude suggère leur utilisation en tant que fertilisants organiques mais aussi pour la fabrication de biocarburant ou pour l’alimentation de poissons issus de l’aquaculture.
Ce projet représente déjà une innovation écologique de taille mais les chercheurs n’entendent donc pas se cantonner à l’élimination des rebuts animaliers. Responsable du projet, le professeur Santos Rojo a ainsi précisé que les recherches ont également porté sur d’autres espèces de mouches. Cette nouvelle « technologie » pourrait donc s’appliquer à toute une variété de détritus et matières organiques provenant par exemples des industries agricoles et alimentaires ou de déchets de cuisines, chaque type de déchet correspondant à une espèce spécifique de larves.
Celles-ci pourraient être une solution écologiquement et économiquement viable pour répondre au problème persistant des déchets organiques, générés en masse, notamment dans les pays occidentaux. Vu les premiers résultats, très encourageants, la piste doit quoi qu’il en soit à tout prix être creusée.

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