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Dans le cadre de la conférence TED qui s’est tenue à Londres en juillet, Eben Bayer de la société Ecovative Design, a dévoilé une « recette » surprenante à base de champignons qui pourrait révolutionner l’industrie de l’emballage. Avec ses idées novatrices, il souhaite s’attaquer au problème récurrent du polystyrène, qui présente un impact environnemental catastrophique.
Matériau non-biodégradable et omniprésent dans notre quotidien, le polystyrène se présente entre autres sous forme d’une « mousse blanche » qui sert par exemple d’emballage de protection pour les appareils sensibles aux chocs. On pense notamment au matériel hi-fi et aux équipements électroménagers par exemple. Mais le polystyrène peut également faire office d’isolant thermique pour l’habitat et servir à l’emballage alimentaire ou de tasses jetables.
Incontournable dans le commerce mondial, il représenterait 25% des volumes des déchetteries aux Etats-Unis et mettrait dix mille ans à disparaître (!), en plus de ne pas figurer dans la liste des matériaux collectables lors du tri sélectif. Les difficultés à l’éliminer posent donc un véritable problème qui devient franchement préoccupant en ce qui concerne le polystyrène expansé (PSE), lequel dégage un pentane à la combustion, un gaz qui contribue à l’effet de serre. La fabrication du polystyrène nécessite par ailleurs un litre et demi de pétrole pour un mètre cube de polystyréne expansé. Eben Bayer, vingt-six ans mais des idées plein la tête, pourrait toutefois avoir trouvé la solution.
Halte aux « trucs toxiques blancs »
Il vient en tout cas de démontrer, au terme de plusieurs mois d’essais avec son équipe, qu’il est possible de remplacer le polystyrène par une matière organique et donc totalement biodégradable. L’idée est d’utiliser des sous produits agricoles (enveloppe des grains de riz, de blé, etc.) qui sont lavés et stérilisés grâce à un bain de vapeur (la société travaille à un process de nettoyage qui consommerait encore moins d’énergie grâce à un bain d’eau et d’extraits de thym) puis placés dans un moule avec le champignon (mycélium) qui se développe tout seul au sein de ce mélange à l’abri de la lumière en cinq à sept jours et agit comme une colle forte liant tous les éléments entre eux. Le point fort de ce système est qu’en dehors de l’énergie requise pour le nettoyage de la matière première agricole le processus de fabrication ne nécessite quasiment pas d’énergie. Les structures ainsi fabriquées ont les mêmes propriétés mécaniques de résistance que le polystyréne et le produit est totalement personnalisable en modifiant simplement les moules et/ou la quantité de matière première végétale utilisée. Il est donc totalement substituable au polystyrène. Autre avantage de ce type de produit, une fois qu’il a rempli sa tâche, au lieu d’être jeté il peut être composté ! L’avenir nous dira si ses travaux seront à la base d’une mini-révolution aussi souhaitable pour l’environnement que la disparition des suremballages.

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