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Inondations et cyclone Yasi : vers une meilleure prise en compte des questions environnementales en Australie ?

Australie : les inondations et le cyclone Yasi feront-ils réagir les autorités en amont ?
Le cyclone Yasi a été à l'origine de vents extrêmement puissants. Ils ont par endroits atteint les 290 km/h

Touché par une succession de drames potentiellement imputables au dérèglement climatique et donc à l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), le pays mènera-t-il dorénavant une politique écologique plus ambitieuse ? Si la priorité est bien sûr à la reconstruction, les gouvernants vont sans doute devoir prendre des mesures préventives.

Tous les scientifiques ou presque se sont accordés sur la responsabilité du phénomène La Nina, dont la portée anormale serait aussi à l’origine des intempéries en Afrique du Sud, au Brésil et au Sri Lanka, et qui d’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pourrait être influencée par la hausse des températures.

Noyé pendant plusieurs semaines sous des trombes d’eau, le Queensland pensait peut-être, malgré les sombres prophéties du Bureau météorologique du gouvernement, en avoir fini pour cette année avec les catastrophes naturelles. L’arrivée du terrible cyclone « Yasi », l’un des plus violents qui aient frappé l’Australie depuis un siècle, pourrait hélas avoir mis l’État les deux genoux à terre, tout du moins sur le plan économique.

Les pouvoirs publics ont employé les grands moyens pour évacuer les habitants, autorisant notamment la police à recourir à la force, de fait, à l’heure où nous écrivons ces lignes, seuls deux hommes sont portés disparus. Pour le moment aucune victime n’est à déplorer. Un miracle en partie dû à une légère déviation vers le sud de la trajectoire du cyclone mais qui reste à confirmer dans la mesure où il faut attendre les informations en provenance des villes les plus touchées, encore plus difficiles d’accès depuis l’improbable déluge du mois dernier.

« Une zone de guerre »

Les dégâts humains et matériels provoqués par Yasi ne peuvent donc pas encore être déterminés avec exactitude, d’autant qu’ « il y a un risque de rapides montées des eaux en bord de mer et d’inondations », a précisé le Premier ministre Julia Gillard, qui a également indiqué que « certaines zones de l’État du Queensland sont sur la trajectoire du cyclone ». Désormais rétrogradé dans la catégorie 2 sur l’échelle de Saffir-Simpson par les experts, celui-ci avait été originellement classé catégorie 5, la plus élevée, et a tout de même déraciné des arbres, arraché de nombreuses toitures et détruit des câbles électriques, d’où d’importantes coupures de courant. D’une violence jugée supérieure par les spécialistes à celle de l’ouragan Katrina, ce qui n’est pas peu dire, il a été à l’origine de rafales de vent qui ont, par endroits, frôlé les 300 km/h. Tandis que le Trésorier du gouvernement Wayne Swan et le Premier ministre du Queensland Anna Bligh se sont rendus sur place, Vincent Silvestro, un exploitant de cannes à sucre domicilié près de Tully (deux mille cinq cents habitants), a évoqué auprès de nos confrères de lagence AAP (Australian Associated Press) « une zone de guerre » et des récoltes « entièrement détruites ». Les habitants évacués de Townsville (environ cent trente mille habitants), sur la côte nord-est du Queensland, ont quant à eux pu regagner leur domicile.

Une augmentation du nombre de phénomènes extrêmes est à envisager

Le contraste avec les températures observées à Sydney, où il a fait plus de trente degrés celsius six jours de rang la semaine dernière, est saisissant. Il accrédite aussi la thèse d’une Australie déjà durement frappée par le réchauffement climatique et ses effroyables corollaires.

Encore très tributaire des énergies fossiles – ce qui est d’autant plus navrant que d’après une étude réalisée l’an passé par le groupe de protection de l’environnement Beyond Zero Emissions, l’Université de Melbourne et l’Université nationale d’Australie, il pourrait atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2020 -, le pays aurait tout intérêt à se mettre davantage au vert pour limiter les risques d’enchaînements cataclysmiques. Les quatre cinquièmes de sa population étant établis sur les côtes et certains travaux ayant tablé sur une hausse du niveau de la mer supérieure à un mètre d’ici 2100, les autorités seraient inspirées de se donner les moyens d’atteindre ou plutôt de dépasser l’objectif de 25 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 par rapport à 1990. Comment ? En débloquant, une fois le processus de reconstruction mis sur les rails, des sommes plus conséquentes en faveur du développement des énergies « propres », encore marginales, et par voie de conséquence en témoignant un soutien moins prononcé à l’industrie minière, au demeurant très perturbée dans le Queensland pendant les inondations.

Signataire tardive du Protocole de Kyoto – il a fallu attendre fin 2007 et l’arrivée au pouvoir du travailliste Kevin Rudd – , l’Australie s’emploie depuis à rattraper son retard environnemental mais a encore beaucoup à entreprendre. Le cyclone Yasi, lui, n’est, aux dires de Neville Nicholls, professeur à la Monash University, qu’une manifestation spectaculaire d’une évolution globale ô combien alarmante. Les spécialistes ignorent encore la contribution précise du dérèglement climatique à l’intensité anormale du phénomène La Nina mais l’hypothèse d’une multiplication des cyclones, ouragans et autres tornades dans les années à venir apparaît néanmoins très sérieuse.

« Oz », l’un des plus grands exportateurs de charbon de la planète, pâtit également d’une empreinte environnementale par habitant parmi les plus élevées au monde. Celle-ci doit impérativement baisser. Pour ne pas accroître les risques de foncer droit dans le mur.

Crédits photos : Wikimedia Commons – NASA / flickr – robstephaustralia / Takver
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  • hyper ecolo

    C’est carrément aberrant qu’on en arrive à ces extrémités pour qu’enfin, les gouvernements se décident enfin à faire quelque chose… Combien de morts faudra t’il encore? Combien d’inondations ? Combien de cyclones ? Et qui payera ? Nos enfants bien sur…

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