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Inde : cette prison qui va passer au vert

Inde : cette prison qui va passer au vert
Une prison verte ? Les indiens y travaillent.

L’Inde, si souvent montrée du doigt en raison de son irresponsabilité environnementale, va développer un projet qui a de quoi surprendre. La toute première « prison verte » du monde va en effet voir le jour à New Delhi. Economie d’énergie, équipements 100 % écologiques : rien ne sera laissé au hasard pour mettre au point « l’incarcération durable ».

 

Lieu froid, sombre, souvent inhumain, où les hommes se trouvent entassés comme des bêtes sauvages à l’écart de la société : voici les toutes premières pensées qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on songe quelques instants aux prisons. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, celle de New Delhi (qui est notamment la plus grande d’Asie du Sud) entend devenir le premier centre carcéral du monde au niveau…écologique.

L’affaire ne semblait pourtant pas jouée d’avance, car sa superficie est tout de même supérieure à 160 hectares. De surcroît, si elle peut « héberger » 6250 personnes, elle en accueille à ce jour environ 11500, dans des conditions que l’on devine désastreuses. Mais, après plusieurs mois d’audit, un projet à hauteur de 9,65 millions de roupies (soit 141 000 euros) a été autorisé et même financé de moitié par le gouvernement indien. L’objectif est clair, net, précis : réduire drastiquement la consommation d’énergie et surtout passer au développement durable (les économies engendrées pourront s’élever jusqu’à 66 millions de roupies par an – 960 000 euros) dans chaque secteur de la prison.

 

Une politique énergétique de haute volée

Tri et recyclage des ordures ménagères, installation d’appareils biogaz à proximité des cuisines, mais également système de chauffage solaire pour l’eau (les prisonniers consommant chaque jour plus de 30 000 litres d’eau) : il s’agit d’un programme massif pour obtenir la toute première prison écologique. Des chaudières qui utilisent la biomasse (voir lexique) au bois sont prévues pour fournir de l’énergie aux fours et autres engins situés dans les cuisines. Les copeaux de bois seront fournis par l’atelier de menuiserie où plus de 350 détenus fabriquent des meubles.

De surcroît, une politique de réduction de la consommation d’électricité est sérieusement envisagée. Etant donné que la note s’élève annuellement à 45 millions de roupies (660 000 euros), des mesures strictes vont par conséquent voir le jour. En premier lieu, la totalité des ampoules utilisées dans les cellules ou les bureaux de l’administration seront remplacées par des lampes basse consommation (réduction permise : de 50 à 70 %).

Puis, en hiver (du mois de novembre au mois de mars), entre sept et neuf heures du matin et entre quinze et dix-sept heures l’après-midi, l’électricité sera coupée car ce sont les horaires durant lesquels les prisonniers font de l’exercice physique, méditent ou se dégourdissent les jambes à l’extérieur. Le directeur de cette prison nouvelle génération, B.K. Gupta, justifie ainsi cette entreprise de grande ampleur : « Nous voulions nous rapprocher des normes internationales et même aller au-delà » en construisant « la première prison verte du monde ». M. Gupta, décidemment plein d’optimisme, table sur une période de trois années afin de rentabiliser cet investissement.

Le projet a évidemment de quoi faire sourire. La nouvelle n’est d’ailleurs pas passée inaperçue du côté du Monde, dans les colonnes duquel Robert Solé s’en donne naturellement à cœur joie : « La délinquance est en plein développement durable. A quand le premier hold-up vert ? ».

Reste que, décidemment, l’écologie fait sauter de plus en plus de verrous. 

Crédit photo : flickr – amandabhslater
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