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À leurs yeux, les deux finalistes de la course à l’Élysée n’ont pas suffisamment évoqué la crise environnementale.
Ils se sont tous focalisés sur la dégradation de la crise économique, tant et si bien que les thématiques écologiques sont quasiment passées à la trappe. Réduites à la portion congrue, les énergies vertes et la préservation des écosystèmes. Oubliés, le réchauffement climatique, les hydrocarbures de roche-mère et l’éco-mobilité, balayés qu’ils ont été par les mauvais chiffres du chômage, l’érosion du pouvoir d’achat et les très fortes turbulences au-dessus de la zone euro.
François Hollande et Nicolas Sarkozy aborderont-ils ces thèmes qui nous tiennent tant à coeur de façon approfondie durant leur débat, mercredi prochain ? On peut encore l’espérer. Mais le candidat socialiste n’ayant pas accédé au voeu du président sortant de discuter avec lui à trois reprises devant les Français, tout comme il a refusé le grand débat radiophonique suggéré par Europe 1, France Inter, RMC et RTL, on peut légitimement douter qu’il réponde favorablement à la demande conjointe de huit associations de protection de l’environnement [NDLR : Les Amis de la Terre, la Fondation Nicolas Hulot (FNH), la fédération France Nature Environnement (FNE), Greenpeace, Humanité et Biodiversité, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le Réseau Action Climat (RAC) France et le WWF] d’organiser une émission télévisée – « en direct sur i-Télé, en prime time », détaille FNE dans son communiqué – permettant à chacune de poser une question à laquelle les deux candidats répondraient à tour de rôle.
Interrogé par nos confrères de 20 Minutes, Yann Barthélémy, membre de FNE, dit malgré tout « garder espoir », « même si les chances sont minimes », sachant qu’aucun des deux états-majors concernés n’a encore donné de « réponse ferme et définitive ». Pour louable qu’elle soit, l’initiative des ONG n’en a pas moins de fortes chances de rester lettre morte, ce qui serait somme toute logique au regard du peu de cas fait à tout ce qui trait à l’environnement durant la campagne.
Une élection présidentielle frustrante pour les défenseurs de l’environnement
Une réalité qui, aux dires de M. Barthélémy, s’explique par le fait qu’« il y a encore de la pédagogie à faire pour expliquer que crise économique et crise écologique sont liées ». « C’est à nous, associations, de faire cette pédagogie auprès des différents partis pour faire passer des messages. C’est pour cela que nous voulions organiser ce débat et profiter des élections pour faire comprendre aux citoyens que l’environnement est lié à leurs préoccupations principales », a-t-il précisé. Et d’ajouter, non sans raison, tout en concédant que « l’environnement est relégué au second plan » : « Il y a une sensibilité réelle et sincère, les citoyens sont convaincus de l’urgence de résoudre la crise environnementale. »
« Les associations doivent mener des actions de sensibilisation auprès du grand public et en même temps faire un travail de plaidoyer auprès des partis. C’est la complémentarité des actions qui permettra de faire avancer les choses », a enfin résumé M. Barthélémy, certainement conscient de l’âpreté de la tâche. Le contexte n’est en effet pas favorable aux associations, qui ont de surcroît été progressivement exclues du processus décisionnaire du Grenelle de l’environnement (ce qui explique peut-être pour partie leur courroux à son endroit).
(Re)trouveront-elles grâce auprès de celui qui présidera aux destinées de la France jusqu’en 2017 ? À la lecture des programmes respectifs de François Hollande et Nicolas Sarkozy (néanmoins tous deux favorables à la création d’une organisation mondiale de l’environnement), force est d’admettre qu’une participation accrue à la vie politique française ne fait en tout cas pas partie de leurs priorités. « Au soir du premier tour, une fois de plus, l’environnement a été totalement négligé par les candidats et leurs états-majors », a par ailleurs observé FNE, fondée à se demander ce qu’est devenu « le temps d’échanges sur l’environnement, évoqué il y a quelque temps par François Hollande à l’occasion d’une rencontre avec les ONG et souhaité pour l’entre-deux-tours ».
Il y a cinq ans, les principaux candidats paraphaient le Pacte écologique de Nicolas Hulot. Les temps changent…

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