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H&M veut (enfin) montrer l’exemple

H&M veut (enfin) montrer l’exemple
Avant de s’attaquer aux magasins H&M, les responsables de la campagne « Detox » de Greenpeace s’étaient déjà attaqués aux boutiques Adidas

Dirty Laundry II a manifestement marqué les esprits. Rappelons que l’étude de Greenpeace a épinglé le mois dernier les dommages environnementaux perpétrés par quatorze grands noms de l’habillement. L’ONG les a principalement accusés de rejeter des produits toxiques dans les fleuves et d’utiliser des ethoxylates de nonylphénol (NPE), lesquels peuvent provoquer de graves problèmes de santé, par exemple l’infertilité.

Un mois plus tard, après Nike, Puma, Adidas et Lacoste, c’est au tour d’H&M de dévoiler ses bonnes intentions en s’engageant à ne plus utiliser de produits chimiques dangereux dans la chaîne de fabrication de ses articles à l’horizon 2020. Il s’agit en fait d’un revirement de situation dans la mesure où le groupe avait d’abord réfuté les allégations de Greenpeace, les qualifiant de « peu fiables ».

Il a toutefois fini par plier sous la pression de la campagne « Detox », qui a débouché vendredi sur des négociations entre les deux entités, après que des militants de douze pays différents aient placardé d’énormes autocollants « Detox, notre avenir !» et « Detox notre eau !» sur les vitrines de nombreux magasins H&M. Les adeptes de la marque ont eux aussi leur part de responsabilité dans cette volte-face, ayant répondu massivement à des pétitions lancées sur Twitter et posant de nombreuses questions relatives à la campagne sur le profil Facebook de H&M.

Selon la direction, qui s’est exprimée via un communiqué publié sur son site Internet, l’entreprise aurait en fait été prise pour cible parce qu’elle pourrait être considérée comme un modèle par l’ensemble de l’industrie textile. « H&M a la taille et la capacité d’agir comme un catalyseur de changement dans l’industrie », a-t-elle estimé, tout en précisant que sa prise de conscience s’inscrit dans « un processus continu » et qui de fait « ne se limite pas à la période allant jusqu’en 2020 ». « H&M ne représente pas seulement la tendance de la saison et de l’avenir, l’entreprise envoie aussi un message clair aux autres marques : utiliser des produits chimiques toxiques pour concevoir leurs vêtements n’est plus en vogue », a par ailleurs commenté Mariette Harjono, chargée de campagne chez Greenpeace International.

C’est donc une nouvelle victoire pour l’ONG, dont le dernier rapport Dirty Laundry donne des résultats impressionnants. Et s’il reste encore neuf irréductibles, il y a tout lieu de penser que la théorie de l’effet domino s’appliquera aussi à eux.

Crédits photos : flickr - Greenpeace Finland / Greenpeace International
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