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Ecovillages au Sénégal : la solution à tous les maux ?

Ecovillages au Sénégal : la solution à tous les maux ?

Organisée à Evian (Haute-Savoie) par les Ateliers de la Terre, la cinquième Conférence Globale s’achève aujourd’hui. Ce forum international du développement durable dresse un bilan des actions propres et responsables. Zoom sur le Sénégal qui voit vert avec son projet d’écovillages.

Historique. C’est la première fois que le Sénégal s’engage dans un projet environnemental de cette ampleur, lequel est même un premier du genre sur le continent noir. À Evian, le ministre des Ecovillages, des Bassins de rétention, des Lacs artificiels et de la Pisciculture (!) – un poste créé en juin dernier par la volonté expresse du président Abdulaye Wade – Babacar Ndaw est venu faire sa promotion. Non sans fierté. « Notre but est de rassembler les populations locales autour de villages durables et responsables », a-t-il résumé. Pour ce faire, il faudra mettre la main à la poche.

Construction de puits de forage, de bassins de rétention, de lacs artificiels mais aussi plantation d’arbres, promotion de l’énergie solaire et mise en place de  biodigesteurs : les autorités sont déterminées à rendre le pays plus « vert » et ont fait des écovillages l’alpha et l’oméga de cette belle ambition.

Elles espèrent aussi en profiter pour relancer l’agriculture, redynamiser une économie actuellement en berne et enrayer l’exode rural, de même que l’émigration des jeunes générations. Si ces transformations ont naturellement un prix, environ un million de dollars (environ sept cent trente mille euros) pour un village « propre », elles seront, à terme, rentables et viables.

« Ce n’est pas beaucoup au regard de ce qu’on peut gagner et de nos possibilités », soutient M. Ndaw, qui est bien placé pour savoir qu’au Sénégal, où la sécheresse prend ses quartiers neuf mois sur douze, l’eau est une denrée aussi rare qu’indispensable, à la fois pour la survie de la population que pour la pérennité des activités maraîchères.

Vers des mutations profondes

Depuis le lancement du programme « écovillages » en 2008, six villages verts sont en cours de construction. Des débuts que d’aucuns trouveraient timides mais qui ne sont en aucun cas une finalité. Le gouvernement vise même très haut, espérant convertir la moitié des villages du pays en havres de paix verte, soit tout de même 14 000 villages.

Avec environ 12 millions d’habitants et 53% de mortalité infantile, un réchauffement climatique auquel il est directement exposé et le retard technologique accumulé par le secteur primaire, le Sénégal a encore beaucoup de chemin à parcourir, aussi bien au niveau économique qu’écologique et politique. Il est par ailleurs probable que l’assouvissement de ses velléités environnementales passe par un soutien financier extérieur. Celui-ci est sans doute nécessaire pour que, conformément au souhait de M. NDaw, les écovillages constituent « la base par laquelle sera propulsé le nouveau visage du développement durable au Sénégal ».

De nombreux pays disposent de la manne financière pour réaliser de grandes choses sur le terrain écologique mais pâtissent d’un manque voire d’une absence de volonté politique. Au Sénégal c’est exactement l’inverse.

L’extrême difficulté des négociations au sein de la communauté internationale a cependant prouvé qu’il est plus facile de trouver des fonds que d’éco-sensibiliser des décideurs. Il n’est par conséquent pas interdit de croire, à condition bien sûr que la motivation présidentielle ne s’érode pas au fil du temps, que l’Etat réussira à remplir les objectifs qu’il s’est fixé à long terme. Ce serait en tout cas un formidable espoir pour l’Afrique, et pour les autres pays du continent noir un exemple à suivre.

Crédits photos : flickr- Brockzilla / attawayjl
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