NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Grenelle de l’environnement : NKM concède « un passage à vide »

Grenelle de l'environnement : NKM concède « un passage à vide »
C'est une certitude pour la ministre de l'Ecologie : 2011 est l'année de la maturité du Grenelle

La ministre de l’Écologie a du caractère et fait montre d’une certaine franchise. Elle l’a de nouveau prouvé hier lors de la présentation de ses voeux à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Nathalie Kosciusko-Morizet a multiplié les déclarations de bonnes intentions depuis qu’elle a pris les rênes du ministère de l’Écologie. Le remaniement a beau s’être traduit par l’amputation d’une partie des prérogatives de l’Hôtel de Roquelaure, elle entend « bien faire le job ». « Poursuivre la conversion de la France au développement durable », et apporter la preuve que, n’en déplaise aux adversaires de la majorité et aux détracteurs de cette belle ambition aujourd’hui vilipendée de toutes parts, le Grenelle de l’environnement n’est pas devenu un feu de paille.

Bien entendu tout ne dépendra pas d’elle. La bonne volonté de « NKM » paraît aussi indiscutable que sa connaissance des dossiers mais le fait est qu’en cas d’intérêts divergents les siens ne l’emporteront pas toujours, loin de là, sur ceux des autres ministères. Sans parler des intentions de Nicolas Sarkozy, l’insaisissable hyperprésident pour qui l’environnement commençait à bien faire lors du dernier Salon de l’Agriculture mais qui a tout de même pris soin, hier, d’annoncer en personne les modalités du programme éolien offshore français, promis à devenir l’un des murs porteurs de l’édifice « vert » qu’il bâtit bon an mal an depuis 2007…

Pour des raisons évidentes, le chef de l’État n’a jamais reconnu publiquement les difficultés rencontrées par le Grenelle. La maire de Longjumeau (Essonne) peut de son côté admettre des ratés. Ce qu’elle a fait hier : « soyons lucides là-dessus et ne nous mentons pas. Oui, la crise a freiné nos initiatives environnementales et elle a distrait l’attention que nous portons aux enjeux écologiques », a déclaré « NKM ». Un mea culpa spectaculaire eu égard à la domination historique de la langue de bois dans la sphère politique et agrémenté de remontrances bien senties à l’adresse des climato-sceptiques et autres « pseudo-économistes », « qui sont venus nous dire que l’écologie c’est cher, que c’est un luxe ».

« C’est ne rien comprendre à l’écologie que d’en faire une option de luxe pour une vie bobo »

« Nous avons dû de nouveau les écouter, eux qui n’ont pourtant rien compris, comme si nous avions reculé depuis l’automne 2007 », a poursuivi la ministre. « N’en déduisons surtout pas que l’écologie ne fait pas recette auprès de nos concitoyens, ou bien que nos politiques lui sont hostiles », a-t-elle aussi estimé. Et d’égratigner au passage Europe Écologie-Les Verts, évidemment les concurrents les plus sérieux de la majorité sur le plan environnemental mais qui semblent quelque peu déstabilisés, en tout cas certains, par l’hypothétique mais ô combien plausible candidature de Nicolas Hulot au prochain scrutin présidentiel : « même les partis politiques qui se présentent comme exclusivement écologiques réussissent ces derniers temps à ne plus parler du tout d’environnement ».

Après une année difficile, « NKM » espère par dessus-tout que 2011 sera celle des « solutions » et de la « reconquête ». « Une reconquête sous le signe de la vérité », a-t-elle mystérieusement précisé.

Manifestement désireuse de n’éluder aucun sujet qui fâche, la ministre en a profité pour revenir sur les critiques qui ont fait suite au remaniement. « La donne était simple : soit je m’agitais dans la presse pour répondre à chaque bruit, soit je faisais la fourmi. Une fourmi avec des dents, pour aller me battre sur chaque décret d’attribution et sur chaque arbitrage », a-t-elle expliqué. Déterminée, celle qui a eu la lourde tâche de succéder au très populaire Jean-Louis Borloo et a promis d’aller « sur le terrain » avec les secrétaires d’État au Logement et aux Transports Benoist Apparu et Thierry Mariani l’est plus que jamais. Pas question pour elle de « jouer au jeu des boucs émissaires », c’est-à-dire de céder à la vindicte populaire en coupant des têtes, et encore moins d’éluder le volet social.

« C’est ne rien comprendre à l’écologie que d’en faire une option de luxe pour une vie bobo », a-t-elle ainsi indiqué. Difficile d’être plus claire… « Nous devrons aussi faire un effort de simplicité », a par ailleurs jugé la ministre. Vulgariser l’écologie, la rendre plus accessible et plus compréhensible à l’ensemble de nos compatriotes. Un défi qu’il faut d’autant plus relever que cette année est « celle de la maturité du Grenelle », socle législatif majoritairement mésestimé d’un verdissement nécessaire et qui préfigure « une société différente ».

« Nous disposons de deux cent soixante-huit engagements, qui vont être traduits dans les faits », a rappelé « NKM » au passage. Et d’emboîter le pas à son prédécesseur en évoquant « un changement radical des mœurs, des habitudes et des institutions » via le Grenelle.

« L’écologie appelle un changement radical, une rupture forte [...] La révolution, pour dire les choses un peu brutalement, nous n’y couperons pas », a ajouté la ministre, qui a enfin annoncé qu’elle allait tenir « un tableau de bord mensuel de la réalisation des engagements du Grenelle ». Un bon moyen de rassurer les sceptiques, de faire taire certains critiques et de rappeler, si besoin était, qu’elle jouera jusqu’au bout la carte de la transparence.

Crédits photos : flickr – Centralasian / liftconferencephotos
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • daniel d

    Parfait, il faut continuer et passer davantage aux actes.