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L’ONG, qui n’y va pas de main morte pour dénoncer depuis plusieurs mois la frilosité environnementale du constructeur allemand, s’est officiellement engagée à ne plus diffuser un faux dossier de presse reprenant les codes et le logo de ce dernier. Elle n’entend cependant pas lâcher sa proie pour autant…
La méthode n’est pas sans rappeler celle des Yes Men, ces deux activistes de l’imposture qui se sont notamment attaqués aux groupes Dow Chemical, ExxonMobil et Shell, épinglant à travers de faux discours ou de faux communiqués leurs activités polluantes. L’association de protection de l’environnement Greenpeace, elle, a en début de semaine dernière adressé à une centaine de nos confrères spécialisés dans l’automobile un faux dossier de presse.
Destinée à les sensibiliser aux questions écologiques et parfaitement crédible, la « pastiche » « contestait la baisse de consommation annoncée sur la gamme Golf et reprochait (à l’entreprise) de ne pas appliquer aux voitures de série son savoir-faire en matière d’économies de carburant », résument nos confrères de l’AFP. Une initiative bien entendu fort peu appréciée de la direction du constructeur, laquelle a assigné l’association en justice pour faire cesser la diffusion dudit faux.
Un accord a été trouvé vendredi matin dans le cabinet d’une juge des référés du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, ajoute l’Agence, mais Greenpeace, dont le directeur général Jean-François Julliard a assuré qu’elle n’avait de toute façon pas l’intention de continuer à « propager » le faux dossier de presse, n’a pas souhaité en rester là. Étant entendu que la veille, à l’occasion de l’ouverture du Mondial de l’Automobile de Paris (Porte de Versailles, XVe arrondissement), elle avait déjà déployé une banderole « Volkswagen nous enfume » en pleine conférence de presse du groupe avant de faire « fumer » une voiture au moyen d’un fumigène…
Greenpeace profite du Mondial de l’Automobile de Paris pour en remettre plusieurs couches
Samedi matin, dans le but d’alerter « les passionnés d’automobile sur la dualité de Volkswagen : des discours verts, mais des actes nocifs pour l’environnement », écrit-elle sur son site Internet, des militants de l’ONG ont en effet « accroché deux bannières au-dessus de l’entrée (du Salon) ».
« La marque allemande doit comprendre que tant qu’elle continuera à mener un lobbying intense pour amoindrir les ambitions européennes sur les limites d’émissions de CO2 des véhicules, Greenpeace, accompagnée de plus de cinq cent vingt-mille jedis inscrits sur vwdarkside.com, sera là pour contrecarrer ses plans », a prévenu l’association, qui la tient pour responsable majeure des tergiversations de Bruxelles en vue de mettre en place une réglementation plus ambitieuse en termes de réduction des rejets de gaz à effet de serre dus aux transports. La future législation continentale doit instaurer un objectif d’émission de soixante grammes de dioxyde de carbone par voiture et par kilomètre à l’horizon 2025 (quatre-vingt d’ici 2020). Premier constructeur européen, Volkswagen a une force de frappe suffisante pour s’y opposer.
Le pouvoir de nuisance de Greenpeace pourrait néanmoins s’avérer assez fort pour qu’il ait de réelles difficultés à maintenir sa position sans écorner à son image…

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