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L’actualité environnementale de ces derniers jours est largement dominée par le premier anniversaire de l’accident de Fukushima (Japon). Pour un peu, on en oublierait presque le Costa Concordia, « superpaquebot » échoué il y a deux mois jour pour jour et dont le naufrage pourrait, à terme, provoquer une pollution majeure dans une zone protégée.
Outre un bilan humain élevé, le naufrage du Costa Concordia risque fort d’attenter à une biodiversité marine extrêmement fragile, comme les associations de protection de l’environnement le redoutent depuis plusieurs semaines. Rappelons en effet que l’épave du navire « trône » toujours au large de l’île Giglio, sur le littoral sud de la Toscane, au coeur d’un parc naturel marin.
Si les opérations de pompage, entamées le mois dernier, devraient bientôt toucher à leur fin, celles-ci sont rendues extrêmement compliquées par la densité du carburant. Le paquebot renfermait plus de deux mille trois cents mètres cube de fioul lorsqu’il a fait naufrage, mais aussi d’importantes quantités de produits chimiques, notamment des détergents, et de nourriture.

La matière organique provenant des restes alimentaires doit désormais être perçue comme une menace, affirme Greenpeace, dont des chercheurs ont procédé à des analyses de l’eau en surface, à proximité immédiate de l’épave, entre les 15 et 18 février. Les résultats sont sans équivoque, avec des quantités d’azote ammoniacal allant de 2,04 à 2,12 microgrammes par litre d’eau de mer, soit beaucoup plus que le seuil autorisé, fixé à 0,066 microgrammes par litre, rapportent nos confrères de l’AFP. De même, les produits de nettoyage restés prisonniers du Costa Concordia auraient provoqué un afflux d’éléments chimiques dans la mer, les chercheurs en ayant détecté entre 3,77 et 4,35 microgrammes par litre, sachant que la limite légale est fixée à 0,55 microgramme par litre.
Seule (relative) bonne nouvelle : les traces d’hydrocarbures constatées par l’association demeurent encore trop faibles pour pouvoir parler de pollution. Des allégations corroborées par le ministère italien de l’Environnement, selon lequel les niveaux de détergents et de combustibles sont encore acceptables, même si un niveau de 82 microgrammes d’hydrocarbure par litre a été observé dans de l’eau prélevée à proximité. D’où l’intérêt d’évacuer l’épave au plus vite.
Les huit cents habitants de l’île de Giglio et Greenpeace vont toutefois devoir prendre leur mal en patience, Costa Croisières, qui a reçu six projets pour l’enlèvement de l’épave, ayant fait savoir que ceux-ci « prévoient des durées d’intervention variables, estimées à environ dix à douze mois ». Aussi le spectre d’une catastrophe écologique n’est-il pas prêt de s’éloigner…

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