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Les magasins pékinois d’Adidas et de Nike ont vu hier leur entrée principale placardée d’une grande affiche, fort peu commerciale, sur laquelle figurait le mot « Désintox ». Encore un coup de Greenpeace qui a précédé la publication d’une enquête de l’ONG sur la pollution des eaux engendrée par des usines en Chine.
Pendant près d’un an, les activistes du groupe basés dans l’Empire du Milieu ont procédé à des relevés d’échantillons d’eaux usées déchargées par les fabriques chinoises. Et ô surprise, ils ont pu associer des grandes marques occidentales à deux entreprises nationales de textiles pas franchement respectueuses de l’environnement…
Dans ce nouveau rapport judicieusement intitulé « Linge Sale » apparaissent les noms de plusieurs marques de vêtements à la renommée mondiale : Nike, Adidas, Lacoste, H&M, Puma, Converse ou encore Calvin Klein sont ainsi dans le collimateur de l’association, selon laquelle elles sollicitent toutes au moins une des deux usines de textiles chinoises mises en cause dans des déversements d’eaux usées toxiques, à savoir Youngor Textile City Complex et Well Dyeing Factory.
Les prélèvements des activistes ont révélé la présence d’agents chimiques néfastes pour la santé et l’environnement comme le nonylphenol, un perturbateur endocrinien, des produits chimiques perfluorés qui peuvent avoir des répercussions sur le foie ainsi que sur les spermatozoïdes, et tout un « cocktail d’autres toxines ». Greenpeace précise en outre que ces éléments ont été retrouvé en petites quantités mais qu’il s’agit le plus souvent de composants persistants qui peuvent aisément s’accumuler dans les eaux.
L’association a dénoncé « l’hypocrisie » de ces grands groupes occidentaux qui se sont engagés publiquement à ne pas utiliser de telles substances, du reste interdites dans la plupart des pays.
Les marques incriminées se sont vite défendues de toute responsabilité et ont toutes avancé la même explication : leur propre production textile dans ces usines se concentre sur la couture ou sur d’autre activités qui ne requièrent pas de procédés occasionnant de telles pollutions (la teinture par exemple).
Greenpeace considère de son côté qu’indépendamment des activités pratiquées dans ces usines, les grandes enseignes se doivent de montrer l’exemple, c’est-à -dire d’exercer des pressions sur ces partenaires plutôt que de les soutenir – même si c’est indirectement – dans de telles pratiques polluantes. En étant en relation avec de telles usines et en fermant les yeux sur leur impact écologique, elles portent aux yeux de l’ONG une part de responsabilité dans la pollution des eaux en Chine, l’une des plus importantes au monde avec quelque 70% des rivières, lacs et réservoirs du pays touchés.
Greenpeace préconise donc une meilleure appréciation des activités des usines auxquelles ces sociétés ont recours. De même elle demande des mesures politiques contraignantes pour mettre un terme à l’utilisation de ces produits chimiques en Chine. En sachant très bien que l’affaire est loin d’être gagnée…

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