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Composés organiques volatils : SOS!

Composés organiques volatils : SOS!
Les produits d’entretien dégagent souvent des quantités non négligeables de COV

Nos intérieurs seraient 5 à 10 fois plus pollués que les espaces de plein air. Une statistique que l’on doit principalement aux composés organiques volatils (COV). Ces gaz présents dans l’atmosphère basse ont un impact colossal, direct ou indirect, sur la santé  et les écosystèmes. Leur caractère diffus les rend presque insaisissables et représente un nouveau défi pour les défenseurs de l’environnement.

Les composés organiques volatils sont des gaz vicieux : leurs effets sur la santé restent méconnus du grand public, alors même que la chaleur des foyers constitue une zone propice à leur propagation. La combustion et l’utilisation de solvants, de dégraissants, de conservateurs génèrent les émissions de COV, particulièrement polluants. Ils contiennent du carbone et sont des précurseurs de l’ozone. Autrement dit, ils participent à la formation de ce gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère.

En France, 32% des émissions de COV sont issus du secteur résidentiel. L’industrie manufacturière y contribue quant à elle à hauteur de 31%. Si l’origine des COV peut être naturelle, elle est avant tout anthropique, résultat de l’activité humaine. Tous les procédés impliquant la production d’hydrocarbures dégagent des COV. Une fois encore, le pétrole est donc montré du doigt. Les transports et leurs gaz d’échappement mais aussi les solvants industriels représentent plus de 50% des émissions de COV dans l’atmosphère. En intérieur, les peintures, colles et produits de traitement du bois, encres, détachants, et même certains cosmétiques dégagent eux aussi ces composants organiques volatils. De quoi se sentir pris au piège quand on sait qu’un individu passe en moyenne 80% de son temps dans des espaces clos.

L’étude de ces gaz a permis d’établir une hiérarchie des produits et d’identifier les plus nocifs. Cependant, l’impact des COV à long terme est encore mal connu.

Des effets ravageurs

Rien que leurs noms barbares donnent des sueurs froides : benzène, butadiène, perchloroéthylène, styrène, sont les COV les plus dangereux, classés par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) comme composés cancérigènes pour l’homme.   Le tétrahydrofurane s’attaque au foie et aux nerfs, le trichloroéthylène nuit au cœur. D’autres, comme les éthers de glycol ”à courte chaîne” sont tératogènes et donc à l’origine de malformations ou de monstruosités congénitales d’après leur définition. Ils touchent spécifiquement la moelle osseuse et les testicules. Les COV sont par ailleurs de véritables ennemis des asthmatiques.

En plus des conséquences dramatiques de ces gaz sur la santé, l’environnement pâtit lui aussi de leur présence dans l’atmosphère. Les espèces animales et végétales les absorbent et quand ils pénètrent dans l’eau, les COV altèrent sa qualité. Comme tout gaz à effet de serre qui se respecte, les COV participent en plus au réchauffement climatique qui a les conséquences désastreuses que l’on sait.

Y a-t-il lieu de paniquer? Qui dit étude de ces gaz dit tentative de limiter leurs effets. La tâche n’est certes pas facile puisque pour instaurer des plafonds réglementaires ou traiter les COV, il faudrait déjà pouvoir saisir la portée de ces gaz par définition volatils. C’est par exemple le cas pour le benzène pour lequel aucun seuil de sécurité n’est encore connu. En fonction de l’utilisation dont ils font l’objet, les COV s’évaporent plus ou moins rapidement à température ambiante. Les chercheurs le disent eux-mêmes, ils ne disposent pas d’assez de recul pour mesurer précisément l’impact des COV tant sur l’environnement que sur la santé.

Dédramatiser

Cependant, il est déjà possible d’agir. Des techniques ont été mises au point pour calculer les émissions de COV des industries polluantes. Elles sont désormais soumises à un plan de gestion des solvants qui garantit la conformité de leurs installations avec les réglementations en vigueur.

Par ailleurs, des solutions ”vertes” existent pour contrer les COV. Capter et stocker les gaz restent des options viables mais complexes et coûteuses. Alors la société Abelia Decors a trouvé plus simple. Spécialisée dans la fabrication de papier peint en vinyle, elle a fait le pari de réduire la teneur de ses encres en solvants. Désormais à base aqueuse, elles ne contiennent plus que 5% de produits nocifs.

Autre mesure déployée pour combattre les COV, l’installation dans les stations essence d’un dispositif de récupération des vapeurs désagréables que l’automobiliste respire bien malgré lui à chaque fois qu’il doit passer à la pompe. Ainsi, au moins 85% des vapeurs dégagées seront renvoyées dans les réservoirs des stations. Cette nouvelle réglementation émanant de l’Union Européenne s’appliquera d’abord aux installations récentes en 2012 avant de concerner l’ensemble des pompistes au 31 janvier 2018.

Pour les ménages aussi, limiter au maximum le recours à des solvants semble raisonnable. Les étiquettes qui, à terme, figureront sur tous les produits toxiques, devraient permettre à la population de mieux évaluer ce qu’elle risque. Les symboles R suivis d’un nombre, correspondent chacun à un degré de dangerosité différent. Ainsi, R40 apparaît sur les produits halogénés à effets irréversibles.

Au quotidien, les plantes dépolluantes, à la fois décoratives et efficaces, purifient l’air grâce au processus de bio-épuration. AERER reste sans nul doute le meilleur bouclier contre les COV, hiver comme été.

La réglementation a fait du chemin…

1991 : La Convention de Genève table sur une réduction de 30% des émissions de COV sur la période 1988-1999.

1999 : Le Protocole de Göteborg marque une avancée importante en terme prise de conscience des différents effets de la pollution par les COV. La France s’engage alors à réduire ses émissions de COV de 40% entre 1999 et 2010. Le protocole est actuellement en cours de révision.

La même année, une directive est promulguée en France instaurant des valeurs limites d’émissions de COV (VLE) pour vingt secteurs d’activité utilisant des solvants comme l’imprimerie, le revêtement de surface, le nettoyage. 57% de réductions devront être constatées sur la période 1997-2010. Une directive qui fait elle aussi l’objet d’une révision afin de fixer de nouveaux plafonds pour 2010.

2001 : La directive NEC (National Emission Ceilings) voit le jour et fixe des plafonds nationaux d’émissions pour 2010 passant de 2300 Kt en 2008 à 1050 Kt de COV rejetés.

Le premier Plan National Santé-Environnement concernant la période 2004-2008 prend à son tour la mesure des risques liés aux COV et prévoit que 50% des produits nocifs devront être étiquetés pour 2010.

Le Grenelle de l’Environnement a durci le ton en instaurant l’étiquetage obligatoire de tous les produits au 1er janvier 2012 et en interdisant définitivement les produits contenant des substances classées CMR, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

Les émissions de COV sont également encadrées par le Code de l’Environnement qui définit les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

La mise au point du Schéma de Maîtrise des Emissions s’intéressant aux émissions totales de COV des entreprises leur offre une plus grande souplesse. Le fait de ne pas avoir un plafond par point d’émission leur permet de se conformer plus facilement aux barèmes établis.

…mais présente un bilan mitigé

Seuls 14 membres de l’Union Européenne devraient respecter les engagements de la directive NEC. La France n’en fait pas partie. Tenant compte des chiffres de 2008, l’Agence de l’Environnement Européenne (AEE) estime, comme dans le cas du Portugal et de la Pologne, que le pays ne parviendra pas à atteindre ses objectifs de réduction d’émissions de COV pour 2010.

En France, les mauvais élèves vont faire les frais de tels résultats : ils devront s’acquitter de la TGAP, Taxe Générale sur les Activités Polluantes.

Flickr - rubberglovelover
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