NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Gaz de schiste : les socialistes lâchent du lest

Les derniers développements au sujet des gaz de schiste ne sont pas de nature à réjouir EELV.
François Hollande a encouragé les industriels à investir dans les gaz de schiste à l'étranger. En attendant un assouplissement de la législation nationale ?

Et naturellement, les écologistes fulminent…

Ainsi les craintes des élus locaux, écologistes et autres associations de protection de l’environnement sont-elles désormais officiellement fondées. Certes, il n’est toujours pas question de revenir sur l’interdiction de la fracturation hydraulique, en vigueur depuis l’adoption de la loi Jacob l’an passé. Certes, sept permis d’exploration ont été abrogés, mais il faut aussi rappeler que des dizaines d’autres restent d’actualité.

Connaissant le caractère archi-sensible du dossier, le gouvernement veille à soigner sa communication. À défaut d’avoir pu empêcher le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg de semer le trouble au début de l’été. Sauf que depuis plusieurs semaines, d’autres voix connues – on pense à celles de la présidente du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) Laurence Parisot, de l’ex-PDG d’EADS Louis Gallois, dont le rapport sur la compétitivité a fait couler beaucoup d’encre, et de l’ancien Premier ministre Michel Rocard – ont plaidé pour que l’Hexagone ouvre la porte à la recherche scientifique.

Inacceptable aux yeux des responsables d’EELV (Europe Écologie-Les Verts), partisans inflexibles du principe de précaution sur ce sujet. Les divergences avec le PS sont à présent telles – concernant les gaz de schiste, mais aussi le traitement du dossier du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) – qu’un départ du gouvernement, hypothèse déjà évoquée à maintes reprises depuis mai, en particulier lorsque les écologistes ont refusé de signer le traité européen, semble hautement envisageable.

Nous n’en sommes pas encore là, mais le fait est que François Hollande a donné de précieux gages aux pétroliers vendredi en marge d’un déplacement en Pologne – pays qui, contrairement à la France, s’est littéralement jeté tête baissée -, leur laissant une liberté totale pour investir dans l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère à l’étranger. La veille, « la Commission des affaires économiques du Sénat, par la voix de son président socialiste Daniel Raoul, a demandé à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques d’étudier des solutions alternatives », rappellent nos confrères du Journal du Dimanche (JDD).

Suivre l’exemple britannique ?

De son côté, l’IFP (Institut français du pétrole) a indiqué par la voix de son directeur des ressources François Kalaydjian, contacté par l’hebdomadaire, qu’il prendrait contact avec les autorités britanniques « pour comprendre comment ils abordent le sujet, commencent à explorer les gisements et vers quoi ils orientent leurs propres recherches ». « La voie britannique est intéressante. Ils se sont interrogés et ont décidé de poursuivre leur exploration. On va essayer de comprendre leur démarche d’un point de vue scientifique », a-t-il ajouté.

« N’en déplaise aux écologistes, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) s’associera aussi à ces recherches », précise également le JDD. En d’autres termes, les « troupes » sont maintenant en ordre de marche et il pourrait ne plus y avoir loin d’ici à ce que la législation française autorise officiellement la recherche de méthodes d’extraction alternatives sur le territoire national.

« Actuellement, la France importe beaucoup de gaz. Pourquoi nous priverions-nous d’exploiter celui qui est peut-être sous nos pieds ? Cela n’a pas de sens. Qu’il soit extrait ici ou ailleurs, cela ne change rien aux émissions de CO2 de notre pays », a par ailleurs fait valoir M. Raoul, interrogé par L’Usine Nouvelle.

Pas faux, mais il en faudra beaucoup plus pour convaincre les (nombreux) récalcitrants et pour l’heure, la technologie de la fracture hydraulique demeure la seule viable. Viable, mais ô combien insatisfaisante en matière de respect de l’environnement et des populations…

Crédits photos : Wikimedia Commons / Jean-Marc Ayrault - Ruhrfisch
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !