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Gaz de schiste : la Grande-Bretagne s’y met aussi

Gaz de schiste : la Grande-Bretagne s'y met aussi
Le gouvernement de coalition britannique dirigé par David Cameron aspire à être le plus « vert » de l'histoire du pays. Il lui faudra cependant changer sa position sur l'exploitation des gaz de schiste pour prétendre à être reconnu comme tel

Sur recommandation d’une commission parlementaire, un premier puits de gaz de schiste est en train d’être foré près de Blackpool.

Par l’odeur alléchée des pétrodollars, quel que soit le prix environnemental à payer, l’Algérie et la Pologne sont favorables à l’exploitation d’hydrocarbures de roche-mère sur leur territoire. Ces deux pays si différents à bien des égards ont en commun une volonté écologiquement dévastatrice d’accéder à l’indépendance énergétique. Ce faisant, ils rejoignent dans l’erreur les États-Unis, dont on attend toujours qu’ils durcissent leur législation, et à un degré moindre le Canada, où les ravages provoqués par la fracturation hydraulique pourraient néanmoins être reconnus sous peu par la justice et ainsi changer la donne.

Tout en poursuivant le développement de son parc éolien offshore, la Grande-Bretagne voit elle aussi d’un bon oeil l’exploitation des gaz de schiste. Un comble alors que la coalition gouvernementale au pouvoir depuis l’an passé nourrit des ambitions très élevées (et régulièrement claironnées) sur le plan de la lutte contre le dérèglement climatique.

gaz de schiste : tremblement de terre en angleterre

Paradoxe

L’engagement pris il y a deux semaines de réduire ses émissions de CO2 de 50 % à l’horizon 2025, précisément pour contenir au maximum la hausse du thermomètre mondial, sera-t-il tenable ? Toujours est-il que, vu leur empreinte carbone, il y a mieux à faire que d’ouvrir grand la porte aux gaz de schiste pour relever un tel défi et que la position de Londres sur ce dossier archi-sensible ne peut qu’attiser le soupçon de greenwashing étatique.

Alors qu’en France le Sénat examine aujourd’hui la proposition de loi du député UMP Christian Jacob, votée mi-mai par l’Assemblée nationale au grand dam des écologistes et des associations qui espéraient un texte moins ambigu, et que la polémique continue de faire rage dans nos frontières, les troupes de David Cameron semblent étrangement sereines. Plusieurs ONG de protection de la nature ont tapé du poing sur la table après  s’être vues opposer une fin de non-recevoir à leur demande de moratoire en attendant les résultats d’une enquête sur la pollution des nappes phréatiques aux États-Unis mais, se sachant confronté à l’épuisement des ressources énergétiques du pays, les autorités britanniques sont pressées. Très pressées. Faisant fi de la cascade d’études accablantes sur les dommages occasionnés par l’exploitation des gaz de schiste, nos voisins estiment que rien ne prouve formellement aujourd’hui que leur extraction altère la qualité des sous-sols et que la régulation actuelle est à même d’assurer la sécurité du processus.

En conséquence, un premier puits de gaz de schiste doit être exploité aux environs de Blackpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Problème : l’entreprise Cuadrilla Resources a dû interrompre ses opérations de forage vendredi à la suite d’un tremblement de terre d’une magnitude de 1,5 sur l’échelle de Richter. Ce séisme est en fait le deuxième depuis avril d’où, une nouvelle fois, des soupçons de corrélation entre accroissement de l’activité tellurique et extraction des gaz de schiste. Le PDG Mark Miller a beau avoir assuré que des décisions appropriées seront prises une fois connus les résultats des expertises, il n’a pu empêcher les organisations de défense de l’environnement, en particulier le WWF Écosse, de saisir la balle au bond pour réclamer une nouvelle fois l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste outre-Manche.

Comme en France, elles auront toutefois bien du mal à faire plier les décideurs. À moins que d’autres secousses ne viennent perturber la désormais relative quiétude dans cette région très prisée des touristes. Et encore.

Crédits photos : flickr – World Economic Forum / Wikimedia Commons – Ruhrfisch
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