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Gaz de schiste : la Grande-Bretagne franchit le Rubicon

L’exploration et fatalement l’exploitation des gaz de schiste suscite l’ire des ONG de protection de l’environnement
La décision du gouvernement britannique au sujet des gaz de schiste peut-elle influencer son homologue français ?

Les forages d’exploration reprendront l’an prochain…

Les écologistes et les associations de protection de l’environnement ne diront pas autre chose : en la matière, la France ne saurait prendre exemple sur la Grande-Bretagne. Les observateurs les plus attentifs doivent aussi se remémorer les bonnes intentions originelles du gouvernement de coalition de David Cameron qui, officiellement, ambitionne de devenir une locomotive de la lutte contre le réchauffement climatique.

Des paroles aux actes, il y a cependant un grand pas que tous ne franchissent pas, surtout en politique. Certes, tout n’est pas à jeter. Certes, Londres a mis la gomme pour développer l’éolien offshore et plus largement encourager la réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre. Mais personne n’objectera que reprendre les forages d’exploration pour au bout du compte exploiter les huiles, pétroles et gaz de schiste, nouvelles mesures de contrôle (c’est le cas ici) ou non, n’est pas le meilleur moyen d’endiguer la hausse du thermomètre mondial.

« Le gaz de schiste représente une nouvelle ressource énergétique potentielle prometteuse pour la Grande-Bretagne et peut contribuer significativement à notre sécurité énergétique en réduisant notre dépendance vis-à-vis du gaz importé », a justifié le ministre de l’Energie et du Changement climatique Edward Davey, cité par nos confrères de LCI. Et d’évoquer les bienfaits économiques et les créations d’emplois, soit les arguments traditionnels des pétroliers et des partisans de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère dans leur ensemble.

« Cette décision menace de contaminer notre eau et notre air et de saper nos objectifs vis-à-vis du climat »

Officialisé hier, ce virage prévisible (NDLR : Des experts désignés par le gouvernement ont plaidé pour lui dès le printemps, sous réserve d’un renforcement de la surveillance) est bien sûr un coup très dur pour les écologistes et les ONG. Ces derniers n’ont en effet de cesse de dénoncer les conséquences environnementales de l’extraction des gaz de schiste – la pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau et la stimulation de l’activité tellurique pour ne citer qu’elles - via la fracturation hydraulique, une technique interdite en France depuis l’année dernière, mais de plus en plus utilisée à l’échelle planétaire.

« A travers le pays, nos communautés vont être perturbées par cette décision, qui menace de contaminer notre eau et notre air et de saper nos objectifs vis-à-vis du climat », a commenté l’association Les Amis de la Terre, également citée par LCI et qui ne se satisfait pas des précisions de M. Davey selon lequel il faudra attendre 2013 pour que de nouvelles explorations soient autorisées et « quelques années » avant que ne débute la production. Rappelons que le seul forage d’exploration outre-Manche, mené par l’entreprise britannique Cuadrilla Resources, a dû être interrompu l’an passé après que de légères secousses telluriques aient été enregistrées aux environs de Blackpool, dans le nord-est de la Grande-Bretagne.

Il en fallait manifestement plus pour que le gouvernement se prive pour de bon d’une telle manne financière. Quitte à ce que les populations et l’environnement en pâtissent…

Crédits photos : Wikimedia Commons - Ruhrfisch
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