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Fukushima : TEPCO connaissait les risques

Fukushima : TEPCO connaissait les risques
Les autorités japonaises n'auraient pas tenu compte des investigations de TEPCO selon lesquelles la centrale de Fukushima 1 pouvait être frappée par un tsunami hors-norme.

L’opérateur aurait prévenu l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise de la gravité du danger que pouvait représenter un tsunami sur la centrale de Fukushima 1.

Plus impopulaire que jamais, abondamment critiqué pour sa gestion de la crise, impuissant à rassurer ses concitoyens en dépit de certaines décisions fortes – le déblocage d’enveloppes de plusieurs milliards de yens pour accélérer la reconstruction des régions ravagées par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars dernier, la création prochaine d’une nouvelle agence de sécurité nucléaire aux fondements vraisemblablement moins bancals que l’actuelle et de zones interdites autour de la centrale, pour ne citer qu’elles -, le Premier ministre Naoto Kan quittera le pouvoir dans quelques jours. Un départ espéré de longue date par la majorité de ses compatriotes, qu’ils ne seront pas nombreux à regretter.

De l’extérieur, on pourrait se dire que le futur-ex chef du gouvernement ne méritait peut-être pas un tel traitement, tant les défis auquel il s’est retrouvé soudainement confronté paraissent, sinon insurmontables, en tout cas ô combien difficiles à relever, à plus forte raison dans un contexte économique tendu. Sauf que Tokyo n’a pas – c’est encore plus évident aujourd’hui – mis toutes les chances de son côté pour éviter la catastrophe nucléaire. Les pouvoirs publics n’ont jamais manqué une occasion de pointer la responsabilité de l’exploitant TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), certes tout sauf irréprochable, aussi bien dans ses choix en amont et en aval que dans sa communication, mais le fait qu’ils ont eux aussi une importante part de responsabilité dans cet accident.

D’après un responsable de l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle, qui dépend directement du gouvernement, l’opérateur a verbalement alerté les décideurs au sujet des dommages que pouvait provoquer un raz-de-marée de plus de dix mètres sur la centrale accidentée moins d’une semaine avant le drame. Quoique (très) tardive, encore que TEPCO avait déjà alerté l’Agence en septembre 2009 (NDLR : « le responsable qui avait été averti n’a pas transmis l’information à la hiérarchie », a relayé 20 Minutes sur la base d’éléments relayés hier par la presse japonaise) et procédé ensuite à des simulations à partir de documents relatifs aux séismes et tsunamis survenus au cours des siècles passés, en déduisant qu’il existait un risque de déferlement d’une vague d’une hauteur comprise entre 10,2 et 15,7 mètres sur Fukushima 1, la prise de conscience n’a pas rencontré l’écho espéré auprès des autorités, lesquelles pensaient sans doute, tout comme les précédents gouvernements, avoir d’autres chats à fouetter. À moins qu’elles ne se soient voilées la face…

Reprises par plusieurs médias nationaux, ces allégations sont quoi qu’il en soit un nouveau coup dur pour le gouvernement, qui vit ses derniers jours, a catégoriquement réfuté les rumeurs tenaces d’un filtrage de l’information en provenance de la centrale et avait jusqu’ici systématiquement affirmé qu’il était impossible d’envisager un tel scénario.

Les malheurs de TEPCO, suite

De son côté l’ancien directeur de l’Institut de recherche atomique japonais Fumiya Tanabe a estimé que l’opérateur sous-estime les dommages occasionnés sur le réacteur 3, dont le coeur n’aurait selon la version officielle que partiellement fondu et demeurerait en cuve. Ledit coeur serait selon lui entré en fusion une seconde fois et le corium pourrait s’être propagé dans l’enceinte de confinement. En supposant que l’expert dise vrai, TEPCO, qui espère toujours un « arrêt à froid » des turbines d’ici janvier, ne serait pas en mesure de respecter le calendrier et l’objectif de refroidissement en lui-même pourrait devenir obsolète. Car si l’exploitant parvient à abaisser la température dans la cuve du réacteur 3, il en résulterait certes une stabilisation du combustible présent dans la cuve mais pas nécessairement le refroidissement de celui qui s’en est échappé. Un porte-parole du groupe a annoncé l’examen prochain de l’analyse de M. Tanabe, qui s’est référé aux volumes d’eau injectés quotidiennement dans la turbine pour étayer son argumentation.

Sur le terrain, le dispositif de décontamination des eaux radioactives élaboré par Areva et l’entreprise américaine Kurion continue de connaître des ratés, rendant moins crédible encore l’hypothèse d’une stabilisation de la situation sur le site de Fukushima 1 début 2012. En proie à de multiples pannes, ledit système avait traité lors du dernier pointage le 9 août dernier quarante-deux mille mètres cubes d’eau. Il en restait alors cent-vingt mille, sachant qu’il a été mis en service il y a deux mois. Un autre dispositif conçu par Toshiba et lui aussi destiné à extraire le césium radioactif est actuellement en phase de test depuis la semaine dernière. Las ! Quoique moins complexe d’utilisation, il a lui aussi souffert de dysfonctionnements, ce dès sa mise en marche.

« Il est possible que la décontamination ne soit pas achevée d’ici la fin de l’année comme le prévoit notre plan et que cela affecte le processus d’arrêt à froid », a reconnu un porte-parole de TEPCO. L’objectif initial n’est toutefois pas remis en cause. Il pourrait l’être dans quelques jours, à moins d’avancées significatives hautement improbables. Pour la compagnie électrique aussi, la poisse est le lot quotidien…

Crédits photos : Wally Santana – AP / Mark Baker – AP
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