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Fukushima : les rejets radioactifs sont deux fois plus importants que les premières estimations

Fukushima : les rejets radioactifs sont deux fois plus importants que les premières estimations
Les rejets radioactifs en mer au large de Fukushima auraient selon l'IRSN été nettement supérieurs aux estimations de TEPCO, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la faune et la flore marine

C’est un terrible coup de tonnerre, une douloureuse piqûre de rappel à tous les candides qui supputaient que le pire est passé depuis que les niveaux de radioactivité ont chuté dans et aux abords de la centrale de Fukushima 1 (Japon). Une énième gifle à TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) aussi, l’opérateur ayant, en connaissance de cause ou non, fourni en juin dernier une estimation très en-deçà de celle que vient de réaliser l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

Selon l’Institut, qui a jeté ce nouveau pavé dans la mer jeudi dernier, la quantité totale de césium 137 (NDLR : un élément radioactif dont le pouvoir de nuisance diminue de moitié tous les… trente ans et qui peut provoquer des leucémies ainsi que des cancers) rejetée dans la mer depuis le 11 mars aurait atteint vingt-sept milliards de millions de becquerels, soit « le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé », deux fois plus que ce que l’IRSN avait estimé en juillet et surtout vingt fois plus que les chiffres édités par l’exploitant avant l’été. Ce dernier (qui, rappelons-le, avait aux dires de l’ancien Premier ministre Naoto Kan très sérieusement envisagé d’abandonner le navire dans les heures qui ont suivi l’accident) s’est d’autant plus fourvoyé que 82 % du césium directement rejeté dans le Pacifique voisin l’aurait été avant le 8 avril, c’est-à-dire un peu moins d’un mois après la catastrophe.

La localisation de la centrale accidentée, au bord de la mer, « a permis une dispersion exceptionnelle », a résumé l’Institut dans une note d’information qui renforce le doute sur les produits de la mer, qu’on savait certes déjà potentiellement contaminés mais pas dans de telles proportions. Le nouveau gouvernement de Yoshihiko Noda formulera-t-il de nouvelles recommandations, quitte à prendre le risque d’un regain de panique populaire voire de mettre une quantité stricto sensu inestimable de pêcheurs sur la paille et sachant que les effets de cette pollution diffuse sur l’Homme sont éminemment complexes à évaluer ?

« Une pollution significative de l’eau de mer sur le littoral proche de la centrale pourrait persister dans le temps »

On peut en douter et il serait pour le coup malvenu de lui jeter la pierre, ce déversement massif de césium 137 ne devant selon l’IRSN conduire au bout du compte qu’à des concentrations minimes de 0,004 becquerel par litre. Il n’en demeure pas moins que « si les concentrations ne devraient pas avoir d’impact en termes de radioprotection », « une pollution significative de l’eau de mer sur le littoral proche de la centrale pourrait persister dans le temps » en raison notamment du ruissellement des eaux de surface sur les sols contaminés, a-t-il précisé, insistant sur l’exposition des poissons situés au sommet de la chaîne alimentaire et plaidant pour une surveillance prolongée des espèces marines pêchées dans les eaux côtières.

Toujours au chapitre des nouvelles angoissantes, des experts américains et européens ont publié un rapport selon lequel les rejets de césium 137 dans l’atmosphère auraient, au plus fort de la crise, équivalu à 42 % de Tchernobyl, près de deux fois et demi plus que les estimations officielles (trente-six mille térabecquerels entre le 11 mars et le 20 avril contre quinze mille d’après Tokyo), lesquelles semblent décidément sujettes à caution… Alors que des dizaines de milliers de Japonais attendent toujours de pouvoir rentrer chez eux, les spécialistes précités ont en outre calculé qu’un cinquième du césium est tombé sur la terre ferme – 2 % à l’extérieur du Japon et les 78 % restants dans l’océan. Indépendamment des opérations de décontamination en cours, la perspective d’une levée du périmètre de sécurité apparaît de fait très déraisonnable et les allégations officielles selon lesquelles les villes proches de la frontière pourraient demeurer inhabitables durant plusieurs décennies a contrario fondées.

Sur le terrain, TEPCO a indiqué vendredi avoir achevé les travaux de couverture du réacteur 1. Un travail de titan effectué par des techniciens masqués et équipés de combinaisons spéciales qui aura duré cinq mois et évidemment tout sauf superflu, la structure ayant vocation à contenir la dispersion de particules radioactives. Il faudra en revanche trois décennies pour minimum pour démanteler le site, a annoncé un comité d’experts mandatés par le gouvernement.

Une éternité.

Crédits photos : Digital Globe / AFP / Getty Images / flickr – David Pursehouse
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  • simkafakebok

    Combien de fukushima faudra t il pour arrêter le nucléaire ? http://vimeo.com/30762869

  • visiteur

    Bonne question ! Dans un monde individualiste les gouvernements pensent que ca n’arrive qu’aux autres !