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Françoise-Hélène Jourda, l’architecture durable à l’honneur

Ça aurait pu être une personnalité illustre comme Isabelle Autissier, présidente du WWF France depuis décembre dernier, mais le Trophée de la Femme de l’Environnement 2010 a finalement été attribué à la notoriété un peu plus étriquée.

La renommée ne fait cependant pas partie des critères d’attribution de ce prix à la symbolique très forte. Ce qui importe ici c’est d’abord la dimension de l’oeuvre « verte », fut-elle entreprise loin du regard des médias généralistes, et ce qu’a réalisé Françoise-Hélène Jourda méritait bien une récompense.

Trois ans après avoir été nominée pour le Global award for sustainable architecture (Prix international d’architecture durable), onze ans après la construction en Allemagne du Centre de formation de Herne Sodingent (Westphalie), bâtiment de référence en matière d’architecture durable à énergie positive avec notamment un toit recouvert de dix mille mètres carrés de cellules photovoltaïques, ses efforts en matière de préservation de la planète ont donc de nouveau été reconnus à leur juste valeur.

On l’aura deviné, Françoise-Hélène Jourda a pour credo de concilier rentabilité économique, impératifs sociaux et respect de l’environnement, c’est-à-dire  les trois piliers qui régissent le concept de développement durable.

« La protection de l’environnement est une occasion formidable pour créer une autre architecture »

« Il s’agit pour l’architecte de minimiser l’impact de son bâtiment sur les ressources disponibles sur la planète et dont on sait aujourd’hui qu’elles sont limitées, c’est-à-dire les ressources en eau, en matériaux, en air, en énergie et en sols. Ce travail remet totalement en question l’architecture aujourd’hui », explique-t-elle. La vision de l’architecture « verte » paraît tenir du sacerdoce chez cette lyonnaise de cinquante-quatre ans, diplômée en 1979, commissaire de l’exposition du Pavillon français de la Biennale de Venise en 2004, promue Chevalier de l’Ordre national du Mérite avant d’être décorée de la Légion d’Honneur en juillet 2009. « La protection de l’environnement est [...] une occasion formidable d’inventer d’autres espaces de vie, de créer une autre architecture, de renouer avec la fonction sociale de notre métier, pour tenter de créer un sacerdoce ». Telle est la philosophie de cette fervente partisane du bois qui a tout compris avant nombre de ses pairs et a dédié sa vie à une architecture responsable.

La gestion des ressources se veut donc exemplaire et c’est bien sûr la principale raison pour laquelle elle a été la troisième lauréate « environnement » de ce prix parrainé par la SNCF.

À l’origine (entre autres) du premier bâtiment à énergie passive de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), de la rénovation écologique de la Halle Pajol (XVIIIe arrondissement de Paris) – laquelle a consisté entre autres en l’installation de panneaux solaires et de bacs de récupération des eaux de pluie ainsi qu’en l’utilisation et en la réutilisation de matériaux recyclés – , rédactrice d’un rapport en préambule du Grenelle de l’environnement sur la prise en compte du développement durable dans la construction, François-Hélène Jourda est incontestablement une grande dame. Engagée depuis trois décennies dans un combat qu’elle a longtemps mené seule. Respectée aussi, parce qu’éminemment respectable.

Crédit photo : Wikimedia commons – Hans-Jürgen Wiese
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