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François Fillon veut desserrer l’étau sur la taxe carbone européenne dans le secteur aérien

François Fillon appelle l'Union Européenne (UE) à tout mettre en oeuvre pour « trouver des solutions mutuellement acceptables avec les États tiers »

Le Premier ministre a écrit une lettre au président de la Commission européenne Juan Manuel Barroso dans laquelle il appelle Bruxelles à lâcher du lest.

L’élargissement du Système communautaire d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (SCEQE) au transport aérien ne passe décidément pas. Vent debout contre cette disposition historique destinée à lutter contre le réchauffement climatique, dans un secteur qui représenterait 3 % des rejets carbone mondiaux, la Chine a, on l’a évoqué à plusieurs reprises dans ces colonnes, interdit à ses compagnies de s’acquitter de la nouvelle contribution et serré l’étreinte sur Airbus (NDLR : Quarante-cinq commandes sont aujourd’hui en « standby », trente-cinq A 330 et dix A 380). Dans l’esprit des décideurs de l’Empire du Milieu, il revient aux constructeurs (essentiellement européens et américains) et non aux compagnies de prendre prioritairement leurs responsabilités environnementales. De même, la nouvelle législation ne saurait à leurs yeux s’appliquer à des pays en développement (PED) – ou prétendus tels. L’Inde lui a récemment emboîté le pas, tandis que les États-Unis et la Russie, qui n’ont pas non plus caché leur volonté d’en découdre, réfléchissent eux aussi à des mesures nationales de rétorsion.

La guerre commerciale est en marche, mais la fronde serait a priori « supportable » si elle était exclusivement extra-continentale. Las ! Des voix discordantes se sont aussi fait entendre en Europe, Airbus, l’équipementier français Safran et les compagnies aériennes Air France, Air Berlin, Lufthansa (Allemagne), Iberia (Espagne), British Airways et Virgin Atlantic (Grande-Bretagne) ayant notamment écrit début mars aux chefs des gouvernements français, allemand, espagnol et italien une missive dans laquelle ils ont insisté sur les « conséquences économiques » de la nouvelle taxe.

Imposée à toutes les compagnies opérant dans l’Union Européenne (UE) indépendamment de leur nationalité, concernant quelque quatre mille trois cents sociétés, celle-ci « coûterait sept cent-cinq millions d’euros au titre de 2012 aux acteurs de l’aérien du monde entier », ont souligné les auteurs, lesquels ont également dénoncé son « caractère unilatéral » et évoqué une menace « inadmissible » pour le secteur.

Des assertions qui ont manifestement suscité un écho auprès du locataire de Matignon, dont les écrits ont été repris par nos confrères du Monde.fr et selon lequel « il paraît absolument indispensable que l’Union, au regard de ce contexte international qui ne cesse de se dégrader sur ce dossier, déploie tous les efforts nécessaires pour trouver des solutions mutuellement acceptables avec les États tiers ». Et M. Fillon d’appeler à nouer des « contacts politiques » devant être « l’occasion de préciser clairement que l’UE est prête, comme le prévoit déjà la directive, à réviser sa législation, dès lors que les États tiers accepteraient de participer à un accord international qui soit à la fois ambitieux, global, non discriminatoire et juridiquement contraignant de réduction des émissions du transport aérien ».

Sans pour autant renoncer à l’objectif de diminution des émissions de GES fixé par Bruxelles, le Premier ministre plaide donc pour une nouvelle approche, moins intransigeante, qui permettrait aussi de limiter la casse sur le plan économique. Peut-être sera-t-elle appliquée si ses homologues européens partagent ses vues, ce qui sera sans doute le cas si la situation continue d’empirer…

Crédits photos : flickr / Andrew Newton - BriYYZ
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