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France Nature Environnement s’invite dans la campagne…

France Nature Environnement s'invite dans la campagne...
Les candidats à l'élection présidentielle de 2012 François Hollande, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Hervé Morin et Dominique de Villepin sont venus présenter, samedi, leur programme écologique au 36e Congrès de France Nature Environnement

… présidentielle, pour changer. Pour célébrer son 36e Congrès, samedi dernier, la fédération a invité sept prétendants à l’Elysée à  présenter leur programme écologique respectif.

Après le « Pacte Ecologique » de Nicolas Hulot en 2007, les candidats à la présidentielle de 2012 ont dû passer le « Grand Oral » de France Nature Environnement (FNE). Dans le même esprit que le texte initié par l’ex-présentateur d’Ushuaia il y a cinq ans, la fédération a élaboré « L’appel des 3 000 », un pamphlet réunissant les propositions « pour un contrat environnemental » des 3 000 associations green qu’elle regroupe. Propositions sur lesquelles sept candidats à l’élection présidentielle étaient invités à présenter leurs positions lors du 36e Congrès du FNE. Mais cette fois, s’il s’agissait encore de relancer la question environnementale dans le débat politique, il ne s’agissait pas de faire signer un pacte écologique aux prétendants à l’Elysée. Cette fois, il s’agissait plutôt de les mettre à l’épreuve…

Aussi ont défilé tour à tour, samedi dernier à Montreuil, François Bayrou (Mouvement Démocrate, MoDem), Eva Joly (Europe-Ecologie – Les Verts, EELV), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), Hervé Morin (Nouveau Centre), Dominique de Villepin (République Solidaire), et François Hollande (Parti Socialiste, PS), venus donc présenter, en quinze minutes chronos, leur programme écologique devant une salle comble de quelque 2 000 éco-convertis. Une tâche certes plus facile pour certains, en témoigne l’accueil chaleureux réservé à Mme. Joly, mais souvent (trop) superficielle au vu de l’objectif de ce « Grand Oral ».

Déjà, car pour un Congrès visant à replacer les problématiques environnementales au centre des campagnes présidentielles, celui-ci a pâtit, dans la forme, d’au moins deux grands absents : deux (autres) candidats qui dans les sondages flirtent pourtant avec un second tour, à savoir Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire, UMP), puisqu’il ne s’est pas encore officiellement présenté, et Marine Le Pen (Front National, FN), non conviée. En outre, malgré les efforts de chacun, les exposés des candidats présents ont souvent feint de déterminer réellement leurs positions quant aux propositions de « L’appel des 3000 »…

Le nucléaire encore une fois au centre des débats

Aussi certains n’ont semble-t-il fait qu’acte de présence, tel François Bayrou qui, premier à passer au tableau, a maladroitement consacré la majorité de son temps de parole à la sauvegarde des abeilles – ce sur quoi Corinne Lepage n’a pas hésité a tweeté : « Les 10 minutes de Bayrou au Congrès FNE consacrées aux abeilles resteront une anthologie du discours irréel sans aucun rapport avec le sujet » – ou s’est vu demander à la classe si l’on parle de « décarbonisation » ou de « décarbonation » des activités humaines…

Le candidat du MoDem s’est toutefois prononcé (brièvement) sur le nucléaire. Sans surprise étant donné l’évolution du débat sur la production énergétique depuis la catastrophe de Fukushima , nul n’a manqué d’évoquer ce sujet-là, certes d’une importance majeure. François Bayrou a regretté que l’on « ne parle plus d’énergie que sous l’angle du nucléaire », qui n’est qu’une énergie « de transition » selon lui. Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin et Dominique de Villepin se sont tous trois prononcés en faveur d’un référendum quant à une éventuelle sortie de l’atome, scénario à nouveau défendu par Corinne Lepage.

Eva Joly, elle, a déclaré qu’ « au risque d’en surprendre certains, je ne viens pas vous parler de nucléaire aujourd’hui (…) parce que je crois savoir que vous connaissez d’ores et déjà ma position sur ce sujet ». La candidate d’EELV a toutefois lancé : « C’est peut-être aux autres candidats qu’il appartiendra de vous expliquer le choix moral qu’ils font alors que plus personne ne peut nier après l’accident de Fukushima que nous sommes soumis au risque nucléaire ». Dernier à prendre place sur le pupitre, François Hollande a quant à lui annoncé – devant une banderole « Stop EPR » déployée par des militants lors de son intervention – une « loi de programmation de transition énergétique », conforme à son engagement de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production énergétique nationale d’ici 2025.

Des mesures écologiques compatibles aux programmes de chacun ?

Les candidats présents n’ont également pas manqué de rallier l’écologie à leurs propositions de mesures économiques et sociales. Aussi, présentant son projet de « planification écologique », Jean-Luc Mélenchon a-t-il martelé, fidèle à ses positions, que « le capitalisme vert n’existe pas », assurant en outre que « l’écologie n’est pas l’ennemi du redéploiement industriel ». Eva Joly a pour sa part estimé, entre autres, que son combat contre les paradis fiscaux « protège aussi l’environnement lorsqu’il s’agit d’empêcher la spéculation sur les marchés des matières premières, en particulier agricoles ». Dominique de Villepin s’est également prononcé pour la mise en place de mesures fiscales en faveur de l’environnement, et a notamment relancé l’idée d’une taxe carbone. Sa volonté d’instaurer une « journée sans voiture » a cependant fait un flop, celle-ci existant déjà depuis 1998 dans l’Hexagone…

Corinne Lepage, qui souhaite « aller même un peu plus loin » que les propositions listées dans « L’appel des 3 000 », a quant à elle proposé d’introduire l’environnement dans l’impôt sur les sociétés et la TVA, de « flécher l’épargne des Français pour leur permettre d’investir dans le local et le long terme » ou encore de créer un tribunal pénal international de l’environnement. Hervé Morin a surtout marqué les esprits par son slogan « Crise au balcon, environnement a l’abandon », mais a également évoqué l’instauration de tarifs réduits sur l’énergie pour les foyers en situation précaire ou la création de pôles régionaux de compétitivité verts. Quant au candidat PS, François Hollande a choisi de ratisser large en évoquant multiples domaines tels que l’éducation, la recherche, l’agriculture, les transports… le tout supervisé par un « Premier ministre chargé de la transition écologique ». Aussi Eva Joly a-t-elle estimé, officieusement, que « dans le programme de François Hollande, il n’y a rien sur l’écologie », évoquant ainsi la « complémentarité » de sa candidature avec celle du candidat PS…

A noter enfin que, faute de n’avoir pu participé à ce « Grand Oral », le candidat UMP non déclaré a toutefois était représenté par la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, venue notamment rappeler que « Nicolas Sarkozy est le président de la Ve République qui a le bilan le plus solide en matière d’écologie ». Si chacun a ainsi tenté de convaincre de son engagement écologique, reste à voir si le candidat élu se souviendra de son exposé une fois arrivé à l’Elysée…

Crédits photos : flickr - Mouvement des Jeunes Socialistes du Loiret / EvaJoly2012 / Corinne Lepage / Place au Peuple / mayanais / wikimedia commons - Guermonprez / Harald Dettenborn - Paul J Everett
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  • http://fr.ekopedia.org/ Olivier C

    Si tout cela a été filmé… Il sera sans aucun doute facile de le faire parvenir une petite vidéo en guise de rafraichissement de mémoire.

  • http://www.pearltrees.com/t/societe-green/politique/id3453021 Politique | Pearltrees

    [...] France Nature Environnement s’invite dans la campagne… | zegreenweb Après le « Pacte Ecologique » de Nicolas Hulot en 2007, les candidats à la présidentielle de 2012 ont dû passer le « Grand Oral » de France Nature Environnement (FNE). Dans le même esprit que le texte initié par l’ex-présentateur d’ Ushuaia il y a cinq ans, la fédération a élaboré « L’appel des 3 000 », un pamphlet réunissant les propositions « pour un contrat environnemental » des 3 000 associations green qu’elle regroupe. Propositions sur lesquelles sept candidats à l’élection présidentielle étaient invités à présenter leurs positions lors du 36e Congrès du FNE. Mais cette fois, s’il s’agissait encore de relancer la question environnementale dans le débat politique, il ne s’agissait pas de faire signer un pacte écologique aux prétendants à l’Elysée. Cette fois, il s’agissait plutôt de les mettre à l’épreuve… [...]

  • pascal coutausse

    Encore un débat démocratique qui n’en a que le nom.
    Pourquoi il manque plusieurs des candidats à l’élection préssidentielle ?
    Pourquoi Christine Boutin n’a pas été invitée ?
    Serait-elle considérée par le FNE comme indigne de répondre à des questions d’ordre environnemental ? 
    Encore une imposture pour une organisation qui à une vision de la démocratie à géométrie variable. 

  • Logique

    C’est la déformation professionnelle. FNE a pratiqué un tri sélectif des candidats… ;-)

  • Logique

    C’est la déformation professionnelle. FNE a pratiqué un tri sélectif des candidats… ;-)