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Forages en Arctique : le PNUE appelle à la prudence

Forages en Arctique : le PNUE appelle à la prudence
Les ONG de protection de l'environnement sont farouchement hostiles aux forages pétroliers en Arctique

Une bonne nouvelle pour les ONG, mobilisées sur ce dossier ultra-sensible depuis de longs mois.

Les associations de protection de l’environnement et les écologistes tremblent. Ils ne sont pas les seuls : la Lloyd’s et même le PDG de Total Christophe de Margerie, que d’aucuns auraient volontiers cru plus cynique et caricatural, s’inquiètent également des risques environnementaux et sanitaires de forages pétroliers offshore dans l’Arctique.

Des risques bien réels pour une biodiversité déjà « chahutée » par le réchauffement climatique, qui détruit les habitats naturels, et la pollution. La donne est plus complexe pour les populations, lesquelles ne voient pas forcément d’un si mauvais oeil une exploitation des ressources en hydrocarbures qui doperait l’économie locale.

Il reste que le jeu n’en vaut pas la chandelle aux yeux de Greenpeace et consorts. Que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour des extractions d’or noir en toute sécurité, malgré les allégations rassurantes de Shell, mastodonte qui a déjà investi la bagatelle de trois milliards cinq cents millions d’euros depuis le début du millénaire pour tenir le haut du pavé dans la région… et a dû se résoudre à reporter son programme de développement après un incident sur la plate-forme Kulluk survenu en fin d’année dernière (NDLR : Peu avant son départ, l’ancien secrétaire d’État aux Affaires intérieures Ken Salazar a ordonné une enquête de deux mois sur la politique de forage de Shell dans le Grand Nord. L’incident précité fait en outre l’objet d’une enquête des gardes-côtes américains.). Qu’un accident aurait un impact colossal, quoiqu’impossible à évaluer à l’heure actuelle. Que nous ne sommes pas à l’abri d’un « Deepwater Horizon bis ».

Telle est aussi l’opinion de Carol Browner, ex-conseillère pour l’énergie et le climat de Barack Obama, et de John Podesta, directeur de l’équipe de transition du chef de l’exécutif américain en 2009 après avoir été chef de cabinet de Bill Clinton, qui ont écrit une tribune fin janvier dans laquelle ils ont enjoint la Maison Blanche à n’« accorder aucun nouveau permis à Shell cette année » ainsi qu’à « suspendre  toute action vis-à-vis des demandes d’autres compagnies de forer dans cette région éloignée et imprévisible ». Une requête qui a de bonnes chances d’aboutir au regard des dernières déclarations du président réélu, très incisif sur la question du réchauffement climatique et qui semble déterminé à faciliter le déploiement des technologies propres sur l’ensemble du territoire national (M. Obama s’est cependant dit dans le même temps favorable à une accélération de l’octroi des permis d’exploitation pétroliers et gaziers, sa priorité étant visiblement d’accéder à l’indépendance énergétique).

Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a quant à lui pris position hier pour la présence de garde-fous autour de l’Arctique.

Pour une « gouvernance renforcée »

Un bon moyen de son point de vue de mieux encadrer l’exploitation des ressources de la zone, qui semble inéluctable étant donné la détermination des pouvoirs publics et des industriels, conjuguée à l’épuisement du potentiel mondial en hydrocarbures et dans le même temps à l’augmentation continue de la demande énergétique. L’objectif est bien sûr de protéger autant que possible une région touchée de plein fouet par la hausse des températures qui pourrait, si l’on en croit les calculs de la NASA, entraîner la disparition pure et simple de la banquise en période estivale dès 2016.

« Aucune mesure ne devrait être prise pour exploiter le nouvel état environnemental de l’Arctique sans évaluer d’abord la façon dont l’exploitation affecterait les écosystèmes, les populations et le reste du monde, étant donné que le risque environnemental est élevé », estime le PNUE, cité par nos confrères de l’AFP. Un point de vue que son directeur Achim Steiner justifie également par le fait que, « durant les cinq dernières années, les glaces de l’Arctique ont fondu plus rapidement que ce qui était envisagé par les modèles » de prévisions des climatologues.

Et d’ajouter, non sans raison encore une fois : « Ce que nous voyons, c’est que la fonte des glaces encourage une ruée vers les ressources en combustibles fossiles qui précisément, et en premier lieu, ont provoqué la fonte. » Le PNUE préconise enfin une « gouvernance renforcée » par rapport à l’actuel Conseil de l’Arctique, forum international de gestion regroupant le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède, soit les huit pays riverains.

Puissent ses recommandations être suivies dans l’intérêt de tous.

Crédits photos : flickr / Ken Hodge – NASA Goddard Photo and Video
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