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Finalement, le pétrole au large de la Guyane attendra…

Estimant qu'il protège mal l'environnement, le gouvernement va procéder à une importante refonte du Code minier.
La réforme du Code minier voulue par le gouvernement ne fait pas les affaires de Shell...

C’est le premier grand coup de Nicole Bricq, qui a succédé à Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête du ministère de l’Écologie il y a moins d’un mois.

Il lui reste encore l’Arctique, redoutable vivier d’hydrocarbures, mais très difficiles d’accès, d’où d’importants risques environnementaux que les ONG dénoncent de plus en plus vigoureusement. Pour ce qui concerne la Guyane en revanche, Shell va devoir patienter au moins le temps de la réforme du Code minier, que le nouveau gouvernement juge « inadapté, obsolète » et « d’inspiration excessivement libérale », en d’autres termes plus conforme aux enjeux écologiques actuels.

Nicole Bricq a en conséquence annoncé la « remise à plat » de l’ensemble des permis d’exploration qui ont été délivrés aux groupes pétroliers dans les eaux territoriales françaises. En accord avec son collègue du Redressement productif Arnaud Montebourg, celui alloué au consortium mené par l’entreprise anglo-néerlandaise (dont Total fait également partie) est donc lui aussi suspendu.

Estimant dans un communiqué de presse que « les réserves pétrolières sont une ressource, un bien public appartenant à tous » et surtout que « la prise en compte des problématiques d’environnement n’est pas satisfaisante », l’Hôtel de Roquelaure a frappé fort. La finalité ? « Restaurer la souveraineté nationale en matière d’exploitation de ses propres ressources et mieux protéger l’environnement » tout en veillant « à ce que les retombées économiques soient justement définies au bénéfice de la population et des collectivités guyanaises ». Un dessein qui impose le rétropédalage précité et dont la concrétisation passe par certaines libertés à l’égard du lobby de l’or noir, lequel n’a pas franchement l’habitude d’être bousculé. Il n’a cependant pas perdu la partie, loin de là, le gouvernement ayant bien précisé qu’il ne remettait pas en cause la recherche sur les gisements guyanais et considérant que « (leur) exploitation contribuera à libérer des marges de manoeuvre budgétaires pour le financement de la transition énergétique » chère à François Hollande.

Le pétrole d’accord, la protection de l’environnement d’abord

Ce qui n’a pas empêché Shell d’accuser le coup, le groupe s’étant notamment ému que la décision gouvernementale, qualifiée de « surprenante », « ne  (lui ait) pas été notifiée officiellement ». « Une mission gouvernementale a suivi le dossier, les phases de concertation se sont soigneusement déroulées, des arrêtés ont déjà été pris pour permettre au consortium de travailler », a-t-il énuméré, cité par nos confrères du Figaro. On peut d’autant mieux concevoir sa stupéfaction que « le navire plate-forme chargé d’implanter des forages d’évaluation devait arriver sur zone dans quelques jours » à peine, rapporte le quotidien.

Et d’interroger le président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) Jean-Louis Schilansky, déconcerté lui aussi et selon lequel « on envoie un très mauvais signal à l’industrie en retardant le développement d’un projet majeur, qui a de surcroît toujours pris soin de progresser sous la surveillance des pouvoirs publics ». « Entre le débat public et l’adoption d’une loi, les procédures prendront beaucoup de temps, alors que de nombreux pays, les États-Unis en tête, s’attèlent à des chantiers majeurs dans l’énergie », a-t-il ajouté, faisant sans doute aussi allusion à la législation française sur les gaz de schiste, qui interdit la fracturation hydraulique.

D’aucuns interpréteront néanmoins le signal du nouveau gouvernement d’une autre façon, voyant dans la décision du ministère, objectivement courageuse (sous réserve bien sûr qu’il ne finisse pas par céder aux pressions que ne manqueront pas d’exercer les titulaires des permis), une priorité nouvelle accordée à la protection de l’environnement aux dépens des seuls intérêts énergétiques. L’exploitation du bassin pétrolier guyanais de Zaedyus, à six mille mètres de profondeur et à cent-cinquante kilomètres des côtes environ, pourrait atteindre trois cents millions de barils et le coût du projet, de l’exploration à l’évaluation, a été estimé entre quatre et huit milliards d’euros. Le potentiel est de fait immense et sans doute serait-il économiquement inconséquent de s’en priver.

Ce n’est toutefois pas une raison valable pour ne pas renforcer l’encadrement. Dans le sens d’une biodiversité riche (cétacés, mangroves, oiseaux marins, tortues etc.) et qui plus est déjà vulnérable.

Crédit photos : Wikimedia Commons / Korrigan - Dantadd
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  • MAWINA

    Pour empêcher que la Guyane ne devienne un tas d’ordures
    avec les déchets de la soit disant croissance et le fournisseur de matière
    premières à ceux qui empochent et tuent (voire au Nigéria et autres pays
    d’Afrique, des villages entiers sont vidés de leurs habitants quand les
    sociétés minières ou pétrolières découvrent des MP sur leur territoire). Cause
    des principales guerres ..non meurtres et assassinats en Afrique. C’est une
    bonne décision qui aurait due être prise déjà par l’ancien gouvernement. La Planète
    d’abord. Au nom du développement; on a assez tué : hommes (surtout rouges et
    noirs), animaux espères végétales …au nom de la consommation et u
    développement. Les hommes politiques en Guyane sont d’une naïveté déconcertante et navrante…à
    part Christiane Taubira.
    Compte à vous madame la ministre de l’écologie, tiens bon ..ne planche pas aux pressions. Merci pour la Guyane et la planète.