NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Exxon Valdez : La biodiversité en souffre encore

Exxon Valdez : La biodiversité en souffre encore
Les canards arlequins d’Alaska subissent encore les conséquences de l’échouage de l’Exxon Valdez. Plus de vingt ans après cette catastrophe écologique, la biodiversité marine de la région n'est toujours pas tirée d'affaire

Piqûre de rappel : le 24 mars 1989, à 0h04 heure locale, l’Exxon Valdez, un supertanker entré en service deux ans plus tôt et battant pavillon des Îles Marshall, s’échoue à la vitesse de douze noeuds à quatre milles au sud de l’île Busby.

Certains s’en souviennent peut-être, même si l’Erika et le Prestige ont depuis défrayé la chronique et même si ces barils de pétrole-là se sont déversés sur la côte de l’Alaska (Etats-Unis), à des milliers de kilomètres de la France métropolitaine.

L’enquête a révélé que le capitaine – dont on ignore encore s’il était en état d’ébriété au moment des faits – avait abandonné la passerelle et transmit la consigne d’une correction de cap au troisième officier, instruction mal comprise par le dénommé Gregory Cousins. Déchirée sur toute la longueur, la coque laissa s’échapper quarante mille des cent quatre vingt mille tonnes de pétrole brut que transportait le navire. Il en résulta une gigantesque nappe de carburant de sept mille kilomètres carrés et huit cents kilomètres de côtes souillés (NDLR : mille sept cent soixante dix kilomètres si on prend en compte les îlots et les échancrures).

C’était il y a plus de deux décennies. À l’époque les images d’oiseaux, d’otaries et de phoques mazoutés avaient fait la une des médias pendant plusieurs jours et déjà des experts redoutaient des dommages durables pour l’écosystème marin.

Il reste des dizaines de milliers de litres de pétrole au fond de l’océan

Ils ne se sont pas hélas trompés. Une équipe internationale de chercheurs a en effet observé que des animaux établis en Alaska, en particulier les canards arlequins (sur lesquels se sont concentrées les recherches), présenteraient un taux anormalement élevé de CYP1A, un marqueur biologique témoin d’une surexposition aux hydrocarbures. Ces canards présenteraient des difficultés à métaboliser les restes de fioul lourd et se nourrissent d’invertébrés également établis dans la zone incriminée et qui eux aussi vivent (ou survivent) dans un milieu toujours hostile. D’autres spécialistes ont par ailleurs révélé que les orques et les otaries pâtissent encore de l’échouage de l’Exxon Valdez. De même les pêcheries de hareng et de saumon n’auraient toujours pas recouvré la prospérité d’avant la marée noire.

En dépit des opérations de pompages, qui avaient mobilisé des moyens sans précédent, il subsisterait des dizaines de milliers de litres de pétrole au fond de l’océan, sous les galets, avec bien sûr des conséquences pour la santé et la pérennité de certaines espèces.

Seule « consolation » : de cette catastrophe est née la notion de « préjudice écologique », confirmée en appel lors du procès de l’Erika il y a deux semaines. Exxon avait été à ce titre condamnée en première instance à quatre milliards de dollars d’indemnités à ce titre, une somme ramenée à cinq cent millions de dollars par la Cour suprême des Etats-Unis en juin 2008 et qui sert en partie à financer les études scientifiques dans la région. Elles permettent d’en savoir davantage sur les conséquences biologiques de l’échouage d’un bateau qui, malgré la marée noire, a continué de sillonner les mers jusqu’en 2002. Triste histoire.

Crédit photo : wikimedia - Peter Massa
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • alain b

    Ca promet pour Deep Water Horizon… L’écosystème du Golfe du Mexique va en avoir pour des décennies…