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La société minière canadienne Kinross vient d’être autorisée par le président équatorien Rafael Correa à exploiter une mine d’or par le biais de sa filiale SA Aurélian Ecuador. Les populations locales sont sans surprise fortement opposées au projet mais la présidence a fait la sourde oreille, ce qui est d’autant plus déconcertant que l’Equateur s’est, au nom de la protection de la biodiversité, déclaré prêt à renoncer à l’exploitation d’une partie de ses gisements pétroliers onshore.
Fièrement affiché par Kinross, le potentiel de la mine de Fruta del Norte est de 6,4 millions d’onces d’or, soit près de 200 000 kilos. L’exploitant se défend d’avoir recours à des substances polluantes mais le fait est que l’exploitation des mines en Amérique du Sud, surveillée de très près par le WWF, n’est pas connue pour sa propension à respecter les standards écologiques actuels. Le procédé d’extraction habituel inclut en effet du mercure qui est directement rejeté dans la nature. La déforestation menace d’autant plus la biodiversité locale que la mine se situe en plein milieu de la forêt amazonienne, au sud du pays, dans une région peu peuplée de la Cordillera del Condor, à 400 kilomètres de Quito.

Pour se justifier, le ministre des Ressources naturelles non-renouvelables (oui, ce poste existe) Wilson Pastor a invoqué la création de 5 000 emplois dans le bassin minier, les 5 à 8 % de taxes sur les bénéfices que dégagera Kinross et les 820 millions d’euros d’investissements que l’entreprise prévoit d’investir dans le pays.
Des arguments qui n’ont pas convaincu les populations concernées, lesquelles n’ont pas été consultées, contrairement à ce que prévoit la Constitution, et se sont donc vivement opposées au projet. Les autorités locales sont elles aussi montées au créneau, ainsi Salvador Quishpe, gouverneur de la province de Zamora Chinchipe, qui sans pour autant s’opposer formellement à ce projet a exhorté le gouvernement à définir des zones sensibles.
L’extraction de l’or est restée traditionnelle en Equateur mais la mine de Fruta del Norte est le premier projet d’envergure dans le pays. Il n’en demeure pas moins que la forêt amazonienne accuse déjà une perte moyenne annuelle de 1915 hectares dans le pays, menaçant de nombreux parcs nationaux.
Bien qu’avec du retard « à cause de procédures bureaucratiques trop lourdes », dixit le gouvernement, le contrat devrait malgré tout être signé d’ici fin décembre ou début janvier, l’exploitation devant débuter en 2014. Comptons sur les riverains pour ne pas lâcher prise d’ici là .

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