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Le nouveau plan de bataille d’Eco-Emballage contre les déchets

Le nouveau plan de bataille d’Eco-Emballage contre les déchets
Grâce à son plan baptisé Plan 75%, Eco-Emballage souhaite recycler 75% des déchets ménagers d'ici 2012

La pollution due aux cartons d’emballage ne connaîtra aucun répit. Alors que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie vient de relancer sa campagne de prévention contre les déchets, l’organisme Eco-Emballage a présenté avant-hier sa nouvelle feuille de route pour favoriser le recyclage des emballages ménagers et en réduire la production.

Pour optimiser les chances d’atteindre les objectifs définis par le gouvernement dans le cadre du Grenelle de l’environnement en matière de recyclage des déchets ménagers, l’organisme de collecte Eco-Emballage va mettre en place un nouveau plan d’action. Baptisé « Plan 75% », il vise à définitivement consacrer dans le quotidien des Français une habitude toute simple mais ô combien bénéfique pour l’environnement, celle du tri.

Un sacré challenge alors que le taux de recyclage des emballages ménagers plafonne à 63% depuis 2008. Pour le relever Eco-Emballage ne possède aucune recette miracle, si ce n’est celle, évidente, d’inciter les consommateurs et les collectivités à « mieux trier » et à « trier plus » pour recycler près de 400 000 tonnes de déchets supplémentaires à l’horizon 2012.

Plus de tri en centre-ville

Eco-Emballage a imaginé un plan d’action qui concernera principalement les plus mauvais élèves en matière de tri. Dans sa ligne de mire se trouvent ainsi les populations établies en centre-ville dans des immeubles. Il apparaît en effet qu’elles s’adonnent beaucoup moins à la pratique du tri que les personnes domiciliées à la campagne. 130 collectivités, dont Paris, Lyon et Marseille vont donc devoir faire leurs preuves et bénéficieront pour ce faire d’un accompagnement spécifique d’Eco-Emballage, alors que dans le même temps de nouvelles filières locales de collecte des déchets offriront aux DOM-COM (Département et Collectivités d’Outre-Mer) un meilleur accès au tri.

Dès cette année, les lieux de forte fréquentation comme les gares ou les festivals seront eux aussi mis à contribution et accueilleront diverses opérations de collecte sélective. Eco-Emballage partira également en guerre contre les déchets plastiques comme les barquettes, les films et les pots de yaourts. De nouvelles consignes de tri relatives à ces rebuts seront ainsi expérimentées dès l’an prochain auprès de cinq millions de citoyens. Elles pourraient en fonction des premiers résultats être généralisées à l’horizon 2013. Comme les bonnes habitudes s’acquièrent tôt une campagne de sensibilisation au tri sera en outre dédiée aux jeunes populations.

Agir à la source du mal

Tout en encourageant « la demande de bacs de tri », Eco-Emballage s’attachera aussi à simplifier les règles régissant cet éco-geste. « Il faut harmoniser la signalétique, les consignes de tri et les modes de collecte », soutient Eco-Emballage sur son site internet. « Si les règles de tri et de collecte ne sont pas cohérentes et extrêmement simples, elles posent des problèmes », estime Philippe-Loïc Jacob, président du conseil d’administration. Le « Plan 75 % » récompensera par ailleurs les meilleures collectivités dans la mesure où leurs soutiens financiers seront calculés sur la base des tonnages de détritus collectés. « Où il y a performance, il y aura rémunération », résume M. Jacob.

Autre grand chantier : les entreprises, qu’Eco-Emballage voudrait inciter à opter pour un comportement plus écologique. Dès l’an prochain la contribution versée par les producteurs d’emballages « perturbateurs » (bouchons en porcelaine, résines plastiques ou encore éléments métalliques) augmentera donc de 20%. Un axe majeur pour l’éco-conception qui pourrait éviter la production de 100 000 tonnes d’emballages ménagers dans les années à venir. « Ce barème est conçu pour inciter à réduire le nombre d’emballages […]. Ainsi moins l’entreprise met de cartons sur le marché moins sa contribution est élevée », précise Éric Brac de la Perrière, directeur général de l’éco-organisme.

Eco-Emballage tentera enfin d’offrir une cure de jouvence verte aux déchets issus de la consommation. 130 centres de tri sur les 260 que compte la France seront en effet modernisés pour à la fois réduire leur taux de refus de déchets (NDLR : actuellement de 23%), améliorer les capacités de recyclage de l’Hexagone et augmenter le taux de recyclage de 5 %.

Les associations sceptiques

Ce plan de bataille particulièrement dense ne fait toutefois pas l’unanimité. Le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets), Agir pour l’environnement et les Amis de la Terre ont manifesté leur désapprobation en organisant hier une « contre-conférence de presse » destinée à pointer « les points noirs » de l’éco-organisme.

Dénonçant une surestimation de 10% des taux de recyclage d’Eco-Emballages, Hélène Bourges, chargée de campagne au CNIID, a estimé qu’ « il faudrait d’abord réfléchir à supprimer les emballages inutiles ». « Ce volume n’a pas diminué depuis 10 à 15 ans, et Eco-Emballage restreint les marges de prévention données aux collectivités », a condamné le trio.

On peut certes reprocher à la stratégie définie par Eco-Emballage d’être imparfaite ou incomplète mais elle n’en contribue pas moins à réduire la pollution des déchets liés à l’emballage. C’est déjà énorme.

Crédit photo : Flickr - siftnz
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