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La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets n’est pas une finalité

La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets n'est pas une finalité
Les citoyens n'ont pas encore pleinement conscience du fait que des éco-gestes simples comme le tri sélectif participent à la préservation de l'environnement. Les campagnes de sensibilisation sont là pour le leur rappeler

« Réduisons nos déchets, ça déborde » : tel est le slogan choisi par le gouvernement et l’ADEME (Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie) pour amener les Français à changer leurs comportements. Sensibiliser la population au problème des déchets demeure une problématique majeure pour les autorités. La deuxième édition de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, une manifestation parrainée par la Commission européenne, se tient d’ailleurs depuis samedi. L’occasion de faire le point sur le contenu de nos poubelles et son impact sur l’environnement.

En 2008 les Français généraient déjà 543 kg de déchets par personne et par an soit, selon les données fournies par Eurostat, dix-neuf kilos de plus que la moyenne continentale. Des chiffres qui ont sans doute augmenté depuis, et si l’Hexagone ne devrait pas avoir à revêtir le bonnet d’âne – il est encore à distance respectable du Danemark, qui présentait il y a deux ans une moyenne ahurissante de 802 kg de déchets par personne et par an –   il peut définitivement mieux faire.

Et s’il y a bien un domaine dans lequel la France doit faire un effort, c’est celui la diminution des emballages. 32% des déchets d’une poubelle française sont en effet des emballages, et bien que ce chiffre ait connu une diminution honorable depuis 1993, il n’en demeure pas moins toujours beaucoup trop élevé. Les textiles sanitaires ont par ailleurs connu une nette augmentation et représentent actuellement 9% des déchets de nos poubelles.

Réduire ses déchets dans l’intérêt de tous

Le ministère de l’Ecologie et l’ADEME ne relâchent pas leur vigilance pour sensibiliser l’opinion à ce problème, d’autant plus que l’adoption d’éco-gestes d’une simplicité enfantine pourrait permettre de diminuer sensiblement la production de déchets – à hauteur de 150 kg par habitant et par an selon les chiffres du ministère.

La réduction des déchets constitue un « enjeu environnemental, sanitaire et financier », le but étant aussi de signifier aux citoyens que le traitement des déchets représente un coût aussi bien pour eux – via les taxes et la répercussion du coût de traitement sur le prix des produits à l’achat – que pour les collectivités et l’environnement. La mise en décharge, le transport des déchets ou encore le fonctionnement des incinérateurs, pour ne citer qu’eux, détruisent le patrimoine naturel et contribuent notamment à la pollution du sol, de l’eau et de l’air. Et si le Parlement européen a instauré en 2008 une hiérarchie des modes de traitement (NDLR : prévention, réutilisation, recyclage, valorisation, élimination des déchets) afin qu’on ne fasse appel aux procédés les plus polluants qu’en dernier recours, le fait est qu’elle est loin d’être systématiquement respectée. Or, pour ce faire, l’accent doit d’abord mis sur la prévention.

Une action d’ampleur, insuffisante pour certains

4 000 événements sont organisés cette semaine dans seize Etats membres, tous destinés à administrer une piqûre de rappel aux citoyens européens. Responsable de l’événement en France et en Europe pour l’ADEME, Valérie Jouvin est parfaitement consciente que la Semaine ne suffira pas à faire changer les mentalités et reconnaît que « c’est vraiment un travail de long terme ». Elle se dit cependant optimiste et convaincue que le processus est en marche. D’autres associations comme le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID) proposent parallèlement des méthodes plus radicales comme le fait d’abaisser la TVA sur les produits qui génèrent peu de déchets.

Plus largement, les critiques concernent le caractère éphémère de l’événement et le manque de lisibilité des citoyens en raison de l’absence de communication en amont, d’où l’hypothèse d’un renforcement de la signalétique .

Quoiqu’il en soit, il est certain que la réduction des déchets ne doit pas « s’arrêter » le 28 novembre et s’arrêter au stade du coup de projecteur.

En attendant que la sauce prenne, se servir de l’eau du robinet pour éviter la consommation de bouteilles plastiques, composter ses déchets organiques au fond du jardin, choisir des formats familiaux et rechargeables, mettre un autocollant « stop-pub » sur sa boîte aux lettres sont autant de gestes qui ne paraissent pas insurmontables à adopter.

Crédit photo : flickr - Chiara Marra / luc legay
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