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Non, le Vieux Continent ne sera pas la brebis égarée du club des cinq. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport de synthèse sur les énergies renouvelables publié jeudi dernier par la Commission européenne. D’après l’institution, qui a passé l’ensemble des prévisions nationales au peigne fin, la plupart des pays de l’Union Européenne (UE) devraient atteindre voire dépasser l’objectif de 20,3 % d’énergies « propres » dans la consommation globale d’énergie à l’horizon 2020. À condition bien sûr qu’ils poursuivent sur leur lancée.
Bruxelles a toutefois estimé que cinq États membres (Belgique, Danemark, Italie, Luxembourg et Malte) ne réussiront probablement pas à prendre ce virage écologique déterminant dans les temps. Si sa prédiction venait à se réaliser, ils seraient alors dans l’obligation d’acheter de l’énergie renouvelable aux bons élèves qui disposeront de surplus.
La France pourrait être de ceux-ci, elle qui n’a nullement l’intention de s’asseoir sur ses ambitions nucléaires mais n’en fait pas moins partie des douze pays susceptibles de faire mieux qu’annoncé, à savoir 23 % minimum d’énergie renouvelable dans dix ans. Énoncé dans la première loi du Grenelle de l’environnement et d’abord jugé fantaisiste par certains de ses détracteurs, le projet gouvernemental de diversification du bouquet énergétique apparaît donc aujourd’hui tout à fait réalisable aux yeux de la Commission, qui a aussi évalué à dix le nombre de membres qui seront en mesure de tenir leur engagement.
Alors que la part des énergies renouvelables dans l’UE a été chiffrée à 9 % l’an passé (soit un petit pour cent de moins qu’aux Etats-Unis), il semble que cette question ait été prise « très au sérieux » et que la grande majorité des États membres soient « réellement déterminés à développer leur production », a commenté Günther Oettinger, commissaire européen à l’Énergie.
Une fois n’est pas coutume, l’optimisme est donc de rigueur à Bruxelles. Le plus dur reste cependant à faire : continuer d’augmenter le recours à l’éolien, à l’hydroélectricité, au solaire, aux biocarburants et à la biomasse, quitte à contourner les quelques résistances qui subsistent encore, et pour la quintette actuellement à la traîne tout mettre en oeuvre pour suivre le rythme de la musique qu’elle a elle même composée. Étant entendu que l’objectif continental de 20,3 % d’énergies « vertes » d’ici à 2020 va de pair avec une réduction d’un cinquième des rejets de gaz à effet de serre (GES) à l’aube de la prochaine décennie. Raison de plus pour garder le pied sur l’accélérateur ou passer à la vitesse supérieure.

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