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Transition énergétique : quel sort réserver au gaz naturel ?

A moins de cent jours de la tenue de la Conférence mondiale sur le climat à Paris, la COP21, une pétition a été lancée dans le but de réduire les investissements dans les énergies fossiles. Ces énergies, pétrole, gaz et charbon, représentent aujourd’hui plus de 80% de la production totale d’énergie primaire dans le monde. Elles sont aussi de fortes émettrices de gaz à effet de serre. Faut­-il pour autant toutes les abandonner en bloc, au risque de ne plus être en mesure de pourvoir à nos besoins en énergie, ou de voir les prix de l’énergie exploser ? La question du gaz naturel, moins polluant que les autres énergies fossiles, s’invite avec de plus en plus d’insistance dans les débats.

Abandon des énergies fossiles : et après ?

La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté de 50 % au cours du dernier siècle. Les États ont pris conscience de l’insoutenabilité de leurs modèles de consommation énergivore et ont décidé de réagir. La COP21 devrait ainsi contraindre des États signataires à maintenir le niveau du réchauffement climatique en­ deçà des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Un objectif ambitieux qui passe nécessairement par une transition énergétique, à commencer par un mix énergétique qui prenne davantage en compte les énergies vertes, renouvelables et à empreinte carbone faible.

Problème : la transition énergétique nécessite des investissements technologiques, humains et matériels que les pouvoirs publics sont souvent incapables de fournir. La Cour des comptes allemande a ainsi épinglé la Chancelière et son « Energiewende », sa politique de transition énergétique, qu’elle juge coûteuse, désorganisée et incohérente. Les charges supplémentaires induites par cette transition représentent un coût budgétaire qui se compte en dizaines de milliards d’euros chaque année. Ce rapport est par-ailleurs intervenu alors que les critiques sur l’augmentation du coût de l’énergie se faisaient de plus en plus entendre dans le pays.

Pallier l’intermittence des énergies renouvelables avec le « Power to Gas »

Un abandon immédiat, non planifié et total des énergies fossiles semble donc compliqué par le coût qu’il engendrerait, mais aussi par le manque de technologie adéquate. Il est notamment encore impossible pour l’heure de stocker l’énergie issue de sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, photovoltaïque). Le surplus de production – ce qui n’est pas consommé immédiatement – ne peut pas être conservé pour servir à un autre moment de la journée, ce qui entraîne une déperdition considérable d’énergie. Autrement dit, pour le solaire par exemple, on ne peut être éclairé que lorsqu’il fait beau, mais quand il fait mauvais temps ou la nuit, il n’y a plus d’énergie solaire, donc plus d’électricité. Pour éviter les désagréments liés à l’intermittence des énergies renouvelables, le « Power to Gas » propose de transformer l’énergie issue de sources renouvelables en hydrogène ou en méthane de synthèse. En intégrant l’hydrogène ou le méthane ainsi obtenus à du gaz naturel, on permet le stockage et le transport de l’énergie issue du renouvelable. Là aussi, la technologie fait de plus en plus parler d’elle, et porte en germes un certain nombre d’espoirs.

Gaz naturel : l’énergie fossile la moins polluante

Une solution crédible aux aléas des énergies renouvelables mais qui fait encore débat. La campagne pour le désinvestissement des énergies fossiles lutte tous azimuts contre « les énergies fossiles » et a donc également en ligne de mire le gaz naturel. Elle a déjà convaincu un certain nombre d’acteurs publics comme privés, de communes (dont la Ville de Paris), à des universités américaines, des médias (The Guardian au Royaume­Uni), des organisations confessionnelles (le Conseil œcuménique des Églises) et plus surprenant, des fonds d’investissement (Rockefeller Fund). Lancé début septembre par le partie européen des verts et l’ONG 350.org, elle a pour objectif d’ « arrêter de subventionner des énergies à la fois sales et dépassées et réaffecter ces ressources aux énergies d’avenir, des énergies 100% renouvelables », selon May Boeve, directrice exécutive de 350.org.

Or, on le voit, le gaz naturel est peut-être à traiter avec moins de sévérité que les autres énergies fossiles. Selon les chiffres de janvier 2015 de l’Agence de l’énergie et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le gaz émettrait 406 grammes de CO2 par kilowatt/heure (gCO2/kWh) d’électricité produit, contre 704 pour le fioul et 1038 pour le charbon. On est certes loin des 4 gCO2/kWh de l’hydraulique ou des 7,3 de l’éolien, mais les chiffres montrent quand même que l’empreinte carbone du gaz naturel est moindre. Des chiffres qui devraient mener à une réflexion plus globale sur les potentiels du gaz avant l’avènement des énergies renouvelables. Dans les décennies à venir, qui verront la mise en place progressive – c’est inévitable, d’énergies propres, le gaz naturel peut représenter un allié pour un mix énergétique intelligent. Il peut, mais ne doit toutefois pas faire oublier qu’à terme, seul un passage au tout décarboné s’avèrera réellement écologique.

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