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Nucléaire : les boues radioactives s’accumulent à Fukushima 1

Nucléaire : les boues radioactives s'accumulent à Fukushima 1
Trois nouveaux tremblements de terre ont été enregistrés hier. Deux d'entre eux ont été ressentis à Fukushima. Une piqûre de rappel à l'adresse de tous ceux qui avaient perdu de vue que les efforts surhumains déployés par TEPCO et les autorités nippones peuvent facilement être anéantis par une catastrophe naturelle...

Soyons honnêtes : la spectaculaire remontée de l’action TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) au cours des deux dernières séances à la Bourse de Tokyo est anecdotique.

D’abord parce qu’elle reste à des niveaux extrêmement bas, ensuite parce que l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima 1 (Japon) – qui a aussi annoncé hier avoir détecté de petites quantités de plutonium dans des échantillons prélevés sur et dans un rayon de cinq cents mètres autour du site accidenté -  demeure plus que jamais au bord de la faillite, même si un accord vient d’être trouvé avec les autorités nippones en vue de la création d’un fonds d’indemnisation des victimes de la catastrophe. Enfin, et surtout, parce que l’hypothèse d’un cataclysme naturel comparable à celui du 11 mars dernier et donc à même d’anéantir les immenses efforts consentis depuis trois mois pour endiguer la menace atomique demeure d’actualité. Trois nouveaux tremblements de terre de magnitudes comprises entre 4,9 et 5,8 sur l’échelle de Richter ont du reste été enregistrés hier. L’épicentre de deux d’entre eux était de surcroît trop proche des côtes pour ne pas être ressenti dans la préfecture de Fukushima

Sur le terrain, il va sans dire que l’« arrêt à froid » des réacteurs n’est pas pour demain et que le dispositif de collecte et de décontamination des eaux radioactives qui doit être mis en place sur le site avec le concours du numéro un mondial du nucléaire Areva ne sera pas opérationnel dans l’immédiat, d’autant que le début des opérations a été repoussé à vendredi en raison de la contamination d’un nombre croissant d’employés. En attendant, les techniciens présents sur place, outre le fait qu’ils restent plus exposés que quiconque aux radiations et sont soumis à un stress difficilement concevable, vont devoir commencer à réfléchir aux moyens de relever un autre défi : trouver comment stocker ces boues radioactives qui s’accumulent et qui, à moyen terme, pourraient remplir une piscine olympique.

nucléaire : nouveaux séismes à fukushima

Très mauvaise surprise

Cité par nos confrères de Bloomberg, l’un des responsables du département nucléaire de TEPCO Teruaki Kobayashi a en effet avancé le chiffre de deux mille mètres cube d’une boue gravement contaminée (et séparée de l’eau) d’ici la fin de l’année. Il a par ailleurs reconnu que l’exploitant n’a pas encore trouvé la solution et continue d’accorder la priorité à la décontamination des eaux ainsi qu’au refroidissement des turbines.

Les boues pourraient toutefois être acheminées par containers sur place pour ensuite être entreposées dans une structure provisoire d’ici décembre, a suggéré M. Kobayashi.

« Traiter ce type de boue est une chose à laquelle le Japon ne s’attendait pas [...] Elle risque fort d’être stockée sur le site de Fukushima pendant plusieurs années », a quant à lui déclaré Ken Nakajima, professeur d’ingénierie nucléaire à l’Université de Kyoto.

Enfin, selon la NHK, TEPCO va également commencer à recouvrir le bâtiment du réacteur 1 de feuilles de polyester d’ici une dizaine de jours.

L’opération, qui durera au minimum deux mois et devrait ensuite être dupliquée aux autres turbines endommagées, vise d’abord à mettre un terme à la propagation de substances radioactives dans l’atmosphère et à éviter que la pluie n’entrave les opérations de secours.

Les feuilles seront fixées à l’armature métallique du bâtiment et mesureront un millimètre d’épaisseur. Un millimètre qui, sans pour autant faire de miracles, pourrait quand même changer beaucoup de choses.

Crédits photos : Associated Press - Kyodo News / Asahi Shimbun - Reuters
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  • acruz

    Étonnant !

  • gaga

    J’ai vraiment bcp de peine pr les nippons qui habitent près de la centrale…

  • visiteur

    Oh! une enceinte de confinement en plastique d’1 mm d epaisseur… Ca doit bien proteger…

    Et pendant ce temps la, en France, Anne Lauvergeon defend son steak: le nucleaire representerai 400.000 emplois directs.

    (mais les gens se rendront rapidement compte que les energies reouvelables representent plus d emploi. Je me demande combien… Par ailleurs, je preferai travailler sur des eoliennes que sur une centrale nucleaire. Et je pense ne pas etre le seul)

    Quand a Eric Besson, n’ayant pas apprecié une question au cours du tournage d un Capital sur le nucleaire, il a préféré quitter le plateau.

    (La question portait sur la securité nucleaire; mais la presse ne revele pas la question. Je suppose que ca parlait de la securité face aux attentats type WTC puisque notre gouvernement fait le forcing pour que les tests fassent l impasse sur ce point)

  • visiteur

    @visiteur 10:51 : Mettez votre cerveau en fonctionnement 2 sec, si c’est possible…

    Si ils mettent une feuille d’1mm d’épaisseur seulement, vous croyez vraiment que c’est pour chercher à protéger le moins possible ? Non, le but ici est de piéger des micro particules radioactives, tout en évitant de réchauffer l’atmosphère sous cette feuille, car les réacteurs sont toujours en cours de refroidissement.

    Si on voulait suivre votre commentaire irréfléchi, oui on pourrait très bien mettre 5m d’épaisseur d’isolant… actuellement ce serait vraiment l’idéal pour que ça refasse un gros boum.

    Alors quand on a aucune connaissance dans un domaine, on s’abstient, tout simplement! Des ingénieurs bossent jour et nuit sur le problème, je pense qu’ils n’ont pas besoin de vos commentaires.

  • visiteur

    A visiteur de 0:38,

    Disons que les ingenieurs ont certainement fait leur max pour trouver une solution. Mais cela montre également l’horreur de la sitation: les meilleures solutions POSSIBLES ne sont que des solutions dérisoires face au problème.

    La bonne question est “comment en est on arrivé là?” et la réponse est assurément pas politiquement correcte:
    1) le nucléaire civil a toujours été dorlotté par le pouvoor pour des raisons militaires, soit ouvertement comme en france qui est une puissance nucléaire, soot moins ouvertement comme en suisse, mais au cas où.
    Ceci a induit une culture du top secrêt qui fait que secrêt défence aidant, on ne va pas inquièter le citoyen lorsque on a une bavure! Non?
    2) ces installations ont été conçues dans les années 60 pour être réalisées dans les années 70. Est-ce que les voitures de cette époque vous semblent à jour en terme de sécurité? Idem pour les machines industrielles des années 70? Idem pour des normes anti-sismique? Mais le principal problème est qu’une centrale coûte très cher (la plus grosse partie du prix du kwh) et mettre à jour revient rapidement si on veut parler vrai à détruire et refaire: impossible économiquement
    3) la loi de murphy est LA loi de l’ingénieur. Ce qui ne doit pas arriver arrivera.
    Donc la question n’est pas de croire que cela ne peut pas arriver, la vraie question est sommes nous d’accord d’assumer les conséquences puisque cela arrive de toutes façons (et cela arrivera en france)
    Alors a qui la faute: certainement pas à celui qui bâche fukushima d’un mm de plastique. Mais à nous tous lors du prochain accident de ne pas avoir compris et tiré la leçon: débarrassons nous de cette techologie aux consequences si graves