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Les écologistes réclament un débat sur le nucléaire en France

Les écologistes réclament un débat sur le nucléaire en France
La présidente de Cap21 Corinne Lepage estime que l'accident nucléaire de la centrale japonaise de Fukushima doit inciter les autorités à repenser leur politique énergétique

La police locale estime que le tremblement de terre qui a frappé le Japon vendredi et le tsunami qui en a découlé pourraient avoir fait plus de dix mille victimes dans le seul nord-est du pays. La peur d’un désastre sans précédent depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) a par ailleurs relancé les discussions autour de la prééminence du nucléaire dans l’Hexagone.

Sur ce sujet au moins, le gouvernement parle d’une seule voix : il n’est pas question pour lui de céder à la panique et à ses yeux la situation de la centrale de Fukushima, qualifiée d’ « alarmante » par le Premier ministre japonais Naoto Kan en personne, ne doit pas être à l’origine d’une refonte totale de la politique énergétique française. Celle-ci serait par ailleurs impossible à brève échéance, ainsi qu’en a lui-même convenu le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon, lequel a tout de même prôné un « état des lieux du parc nucléaire français ». Et de souligner la sous-capacité et le vieillissement de certaines unités, en particulier celle de Fessenheim (Haut-Rhin), située sur une faille sismique et dont la durée de vie a in fine été prolongée sans consultation des populations concernées.

Bien que reconnaissant le caractère extrêmement préoccupant de la situation à Fukushima, les autorités françaises soutiennent donc en filigranes la thèse – impossible à avaliser ou à réfuter aujourd’hui – selon laquelle l’explosion de samedi dans le bâtiment qui abrite le réacteur 1, la panne du circuit de refroidissement dans le réacteur 2 (NDLR : qui présente un risque de fusion et dans lequel de l’eau de mer a été injectée, un acte qualifié de « désespéré » par certains experts) et les deux déflagrations de ce matin dans le bâtiment qui abrite le réacteur 3 résultent toutes d’un concours de circonstances qui ne peut se produire dans le pays. Il n’en demeure pas moins que si la France n’est pas aussi exposée que le Japon à des catastrophes naturelles de grande ampleur, le monde entier a pu constater que même l’État le mieux préparé au monde aux secousses telluriques n’était au bout du compte pas exempt du risque de scénarios catastrophe.

Une réalité qui a donné du grain à moudre aux associations de protection de l’environnement, à la gauche écologiste et à la présidente de CAP21 Corinne Lepage, en accord total sur le dossier du nucléaire.

« Le secret défense est étendu à à peu près tout ce qui touche au nucléaire »

Invitée de l’Édition spéciale tout à l’heure sur Canal +, l’ancienne ministre de l’Environnement a réclamé « un débat rationnel, experts contre experts, comme en Allemagne ou en Italie, avec des chiffres et des coûts », tout en fustigeant la rhétorique du gouvernement, qui selon ses dires « fait de la communication et utilise les mêmes mots », et plus largement « la manière dont on informe ». « Le secret défense est étendu à à peu près tout ce qui touche au nucléaire », a par ailleurs souligné Mme Lepage.

Le nouveau parti Europe Écologie-Les Verts (EELV) plaide lui aussi pour une réorientation de la politique énergétique française. Interrogée lors du journal de 13h sur France 2, l’eurodéputée Michèle Rivasi – qui fait aussi parler d’elle sur la question de l’exploration des gaz de schiste en France – a ainsi déploré le fait qu’« on nous a toujours imposé le nucléaire » et a elle aussi appelé à un dialogue entre experts indépendants.

En tout état de cause, l’abandon rapide du nucléaire est inenvisageable aujourd’hui, les dix-neuf centrales que compte le pays (pour cinquante-huit réacteurs) fournissant environ les quatre cinquièmes de l’électricité nationale. Étant donné les intérêts en jeu, le référendum que souhaitent de concert Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Hulot et la Secrétaire nationale d’EELV Cécile Duflot (NDLR : qui a raillé « une espèce d’anesthésie collective chez certains dirigeants politiques »), lui, risque fort de ne jamais être proposé.

Accusant ses adversaires de récupération politique, la majorité semble vouloir attendre que le soufflé retombe. Une stratégie qui n’a été retenue ni en Suisse, ni en Allemagne, où les projets de renouvellement des centrales viennent d’être suspendus, ni en Inde, où le Premier ministre Manmohan Singh a ordonné l’inspection de toutes les centrales nucléaires du pays. Des solutions sans doute plus à même de rassurer l’opinion publique et de contenter les associations écologistes.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Guillaume Paumier / MOSSOT
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  • jc

    Les catastrophes qui se sont produite au Japon vont entraîner une remise en question dans beaucoup de pays.