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Les détails de la mission d’évaluation gouvernementale sur les gaz de schiste

Les détails de la mission d'évaluation gouvernementale sur les gaz de schiste
Les premières conclusions de la mission d'évaluation sur les gaz de schiste seront remises au gouvernement mi-avril. Le rapport final, lui, doit être achevé fin mai

L’impact environnemental démesuré de leur technique d’extraction rend les écologistes furibards. La peur et la contestation s’installent en France, où trois permis d’exploration des gaz de schiste ont été délivrés au printemps dernier par l’ancien ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo…

Publiée au Journal Officiel mais passée très inaperçue à l’époque, cette décision concerne une zone de près dix mille kilomètres carrés et suscite actuellement un véritable tollé, en particulier dans le plateau du Larzac, concerné au premier chef. Désormais retiré des affaires gouvernementales, le leader centriste n’a pour l’heure pas jugé bon de le commenter. Acculé, le gouvernement a pour sa part réagi en créant la semaine dernière une mission d’évaluation des enjeux environnementaux, laquelle sera co-dirigée par les ministères de l’Écologie et de l’Énergie mais ne satisfait pas l’eurodéputé d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) José Bové et consorts, qui prônaient un rétropédalage complet et sont catégoriquement hostiles à l’exploitation des gaz de schiste – dont le développement soutenu outre-Atlantique est à l’origine de bien des malheurssur le territoire national.

« Les ressources mondiales de gaz de schiste seraient quatre fois plus importantes que les réserves prouvées en gaz conventionnel »

La mission d’évaluation précitée a été confiée au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et au Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET). Les décideurs ont rédigé à leur attention une missive résolument didactique dans laquelle il est notamment rappelé que les gaz de schiste représentent aujourd’hui « plus de 12 % de la production locale de gaz aux États-Unis, contre seulement 1 % en 2000 » et surtout que « les ressources mondiales de gaz de schiste seraient quatre fois plus importantes que les réserves prouvées en gaz conventionnel » (!) Et l’Hôtel de Roquelaure de revenir sur la portée réelle de la décision de M. Borloo : « les trois permis de recherche de gaz [...] ont pour seul objectif l’évaluation du potentiel de production dans trois bassins sédimentaires du sud de la France [...] Si d’éventuels travaux d’exploitation étaient envisagés, ils seraient soumis à une double enquête publique, d’une part pour les concessions, d’autre part pour l’ouverture des travaux ». Autrement dit la porte a « seulement » été ouverte à l’évaluation.

Considérable, la responsabilité des Conseils consiste à éclairer les autorités « sur les enjeux du développement potentiel de ces éventuelles ressources, sur l’encadrement environnemental approprié à cet éventuel développement et sur les actions prioritaires à conduire ».

Une expertise approfondie

Quatre grands axes ont été définis. « Le potentiel de développement des hydrocarbures de roche-mère, dans le monde, en Europe et en France, ainsi que les opportunités économiques et les enjeux géopolitiques associés » devront d’abord être évalués, ce qui suppose de vastes investigations.

Il sera également procédé à « une revue comparative des technologies d’exploitation et de raccordement au réseau d’éventuels gisements » pour déterminer « les meilleurs techniques possibles » - les moins polluantes donc – ainsi qu’à « une revue des enjeux sociétaux et environnementaux, au plan national et local ». « L’impact paysager, l’impact géologique et géotechnique, et l’impact sur les ressources en eaux ou les émissions de gaz à effet de serre (GES) me semblent devoir faire l’objet d’une attention particulière », a ajouté la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, manifestement marquée par les abominations observées aux États-Unis et qui selon diverses sources aurait été favorable au moratoire réclamé par la gauche écologiste.

« Le cadre légal, fiscal et réglementaire applicable ainsi que l’organisation et les moyens de l’administration en charge des instructions » devront enfin être arrêtés d’ici au 31 mai prochain, date de la remise du rapport final. Un rapport d’étape sera en outre remis avant le 15 avril.

Le CGEDD et le CGIET ont du pain sur la planche et vont devoir répondre à cette question fondamentale : existe-t-il une manière plus propre que celle ayant cours chez l’Oncle Sam d’extraire les gaz de schiste ? Pour le moment on est encore en droit d’en douter fortement.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Meredithw / Ruhrfisch / Ruhrfisch
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  • greenauto

    ça sent quand même l’imbroglio politique et le lobbying à plein nez !