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Les algues font carburer Exxon Mobil

Les algues font carburer Exxon Mobil
Les biocarburants à base d’algues ne rejettent que peu de carbone et n’empiètent pas sur les terres dévolues à des cultures nourricières

Mondialement connu pour ses activités pétrochimiques, ExxonMobil opte désormais pour un carburant beaucoup plus écologique à base d’algues vertes. Un pari qui commence à payer, puisque les recherches menées en collaboration avec l’entreprise Synthetic Genomics Inc. (SGI) viennent de franchir une nouvelle étape.

Après plus d’un an de travaux les deux groupes viennent d’ouvrir leur toute première installation de culture sous serre, en Californie. Cette nouvelle structure fait entrer leur projet dans une autre dimension, « du stade du laboratoire de recherche à celui du démonstrateur » avec des conditions de production plus proches de la réalité, dixit ExxonMobil. « Il s’agit d’un jalon important de la phase initiale de notre programme de développement qui vise à tester l’hypothèse selon laquelle les biocarburants à base d’algues pourraient devenir commercialement viables et contribuer de façon significative aux besoins énergétiques futurs », précise le Dr. Emil Jacobs, vice-président de la recherche et du développement chez ExxonMobil.

Des premiers résultats encourageants

Grâce à cette serre, les scientifiques de SGI et d’ExxonMobil lèveront une partie du voile. Ils devront ainsi utiliser cette installation pour tester la possibilité de produire l’essence alternative recherchée en grande quantité et à un prix abordable. « Cela va permettre d’évaluer les souches d’algues les plus productives et les méthodes de production les plus efficaces », souligne le géant pétrolier américain. Tous les systèmes de culture, des bassins à ciel ouvert aux photobioréacteurs fermés, seront passés au crible pour déterminer lequel est le plus favorable à la croissance des algues. Naturelles ou modifiées, les souches seront confrontées à des conditions de cultures aléatoires avec des variables au niveau de la température, de la luminosité et de la concentration en nutriments. Les recherches concerneront enfin la récolte et les opérations de récupération des huiles naturellement produites. Elles visent à faire des biocarburants à base d’algues des essences « économiquement viables et à faibles émissions nettes de carbone », dixit ExxonMobil.

Jusque là les premiers travaux ont débouché sur des résultats significatifs. Les scientifiques de SGI ont ainsi réussi à isoler et à modifier un grand nombre de souches d’algues pour les rendre beaucoup plus productives. Des études consacrées à leur cycle de vie et à leur durabilité ont également permis d’évaluer l’impact des différents systèmes de culture sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), sur l’utilisation des sols cultivables et celle de l’eau. « Ils ont aussi identifié et testé les caractéristiques de conception optimale des différents systèmes de production », ajoute ExxonMobil.

Les algues, le biocarburant du futur

Malgré toutes ces avancées notoires, le duo devra néanmoins poursuivre ses efforts pour faire des biocarburants aux algues l’essence de demain.

Dans le cadre d’un investissement de 600 millions de dollars (soit plus de 450 millions d’euros), ExxonMobil et SGI aménageront une installation-test en extérieur dès le milieu de l’année prochaine. « Après une étude approfondie, nous avons estimé que les atouts potentiels et les bénéficies des biocarburants à base d’algues pouvaient être majeurs », avait déclaré en juillet 2009 le docteur Emil Jacobs. Moins « carbonovores », les biocarburants à base d’algues disposent d’un avantage non négligeable par rapport à leurs aînés de première génération dans la mesure où ils n’empiètent sur aucune terre destinée à des cultures nourricières.

Egalement étudiées notamment par une entreprise bordelaise, les propriétés énergétiques des algues ont déjà été démontrées puisqu’elles entrent dans la composition de kérosènes alternatifs qui alimentent les réservoirs des chasseurs américains F-18 Hornet. Elles pourraient avec la caméline incarner l’avenir des carburants dédiés au secteur aérien, voire beaucoup plus si ExxonMobil et SGI atteignent l’objectif final pour lequel ils se sont associés.

Crédit photo : Flickr – Marcus Jeffrey
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