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Le barrage de Belo Monte a du plomb dans l’aile

Le barrage de Belo Monte a du plomb dans l'aile
La construction annoncée d'un gigantesque complexe hydroélectrique dans l'Etat de Para constitue, selon les populations locales, une menace supplémentaire sur la forêt amazonienne

Rebondissement dans « l’affaire » du barrage de Belo Monte (Brésil) : le juge Antonio Almeida Campel a en effet suspendu mercredi l’appel d’offres – fixé au 20 avril – de l’Agence nationale de l’énergie pour l’attribution de ce marché de plus de huit milliards d’euros.

Celle-ci encourra une amende de cinq cent soixante dix mille dollars pour « crime écologique » si elle passe outre la décision du tribunal. Conformément à la demande du ministère public de l’État du Para, la justice a aussi annulé la licence écologique délivrée par l’Institut brésilien de l’environnement et qui constitue le sésame indispensable à l’édification de ce mastodonte.

C’est un succès majeur pour la tribu amazonienne des Xingu, qui combat ce projet depuis plus de vingt ans. Jusqu’ici, son opposition n’a cependant pas suffi à convaincre ses promoteurs d’y renoncer. Même si, face à l’opiniâtreté d’adversaires qui au fil des années ont accumulé les soutiens, ces derniers ont dû revoir leurs ambitions à la baisse et multiplier les garanties, notamment écologiques.

Une hostilité grandissante

L’enjeu est de taille : il s’agit d’assurer les besoins énergétiques d’un pays en pleine expansion économique. Cet impératif passe à leurs yeux par un complexe hydraulique au coeur du plus grand réservoir d’oxygène de la planète. Si les travaux sont susceptibles de créer quatre mille emplois, rappelons qu’ils impliquent également, entre autres, le déplacement de dizaines de milliers d’indigènes, en plus d’inonder cinq cents kilomètres carrés de terres. Soutenus par des associations, dont certaines ont décidé d’attaquer l’État en justice, les Xingu s’inquiètent notamment des conséquences sur le cours de l’Amazone et sur la pêche traditionnelle d’un barrage qui, fort de onze mille deux cents mégawatts (MW) de puissance installée, serait le troisième plus important au monde.

Le chanteur Sting s’est lui aussi ouvertement prononcé contre ce projet, ce dès 1989. Lors d’un concert l’an dernier à Sao Paulo, l’ex chanteur de Police – qui se rend régulièrement sur place – a même fait monter sur scène le cacique indien Raoni. Le cinéaste canadien James Cameron est un autre people hostile. Le réalisateur d’Avatar, pour qui « la construction du barrage de Belo Monte n’est pas une solution adéquate », a ainsi lancé au président Lula « le défi d’être un héros » en allant à l’encontre de l’aval donné par le ministère de l’Environnement en février.

Les autorités fédérales ont fait appel

Ces deux personnalités ont relayé la désapprobation des tribus locales et contribué de fait à donner une dimension internationale et dramatique à ce dessein énergétique.

En octobre, les Kayapo et quatorze autres groupes indiens ont participé à un mouvement de protestation qui a duré une semaine. Un mois plus tard, la Commission inter-américaine des droits de l’Homme a officiellement condamné le projet, à ses yeux illégal et dangereux du point de vue écologique.

La justice a enfoncé le clou avant-hier. Sa décision a toutefois fait l’objet d’un appel des autorités fédérales et il faut s’attendre à ce que le projet soit à nouveau soumis aux autorités, une fois les études d’impacts approfondies. La perspective d’un barrage à Belo Monte d’ici à 2015 – l’objectif étatique – semble s’être considérablement éloignée. Elle n’a néanmoins pas complètement disparu.

Crédit photo : wikimedia
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