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La tension monte en Amazonie

La tension monte en Amazonie
L’Amazonie est convoitée pour ses ressources forestières et hydrauliques, l’Amazone étant le fleuve au débit le plus important au monde. Exploiter l’ensemble ce potentiel se fait toutefois au prix de la destruction des habitats des tribus locales

Près de 400 indigènes ont pris en otage ce dimanche une centaine d’ouvriers d’une centrale hydroélectrique au Brésil. Même si le dénouement semble proche cette action témoigne de l’exaspération des populations amazoniennes face à la multiplication des projets industriels, forestiers et hydroélectriques.

Les preneurs d’otages dénonçaient principalement le fait que le chantier du barrage hydroélectrique de Dardanelos, situé sur la rivière Aripuana (Mato Grosso) et non loin de la frontière bolivienne, se trouvait sur un site funéraire. « Ils n’ont pas tenu compte de la situation des Indiens. L’entreprise Aquas de Pedra a fait sauter à la dynamite une partie du site archéologique », a dénoncé Antonio Carlos Ferreira de Aquino, responsable local de l’Agence brésilienne des affaires indigènes (FUNAI). Armés de seuls arcs et flèches, les ravisseurs ont empêché les ouvriers de sortir de leurs baraquements dimanche matin, jusqu’à la libération sans violence de plusieurs otages hier. D’après des sources locales cinq ouvriers resteraient toutefois encore entre leurs mains.

« Nous voulons être indemnisés pour la construction de cette usine. Le chantier se trouve à 30 kilomètres de notre réserve et a causé d’importants dégâts culturels et sociaux à notre communauté, sans parler des dommages écologiques », a précisé Aldecir Macaw, l’un des chefs tribaux impliqués. Les responsables d’Aquas da Pedra ont quant à eux expliqué attendre l’accord de la FUNAI pour lancer un programme de développement pour les communautés affectées. « La compagnie n’a jamais refusé de faire quoique ce soit pour ces communautés, mais nous attendons l’opinion de la FUNAI (Fundação Nacional do Índio), qui étudie actuellement les voies de négociation possibles »,  s’est notamment défendu le directeur du département environnement Paulo Rogério Novaes. Et d’ajouter : « Le nouveau développement entre dans le cadre des législations environnementales et nous essayons de faire tout ce qui nous est demandé ». La construction du barrage en question a débuté en 2007 et devait se terminer dans les prochains mois, pour une mise en service début 2011.

L’Amazonie, fruit de toutes les convoitises

Ce n’est pas le premier coup d’éclat des tribus amazoniennes, qui avaient par exemple déjà perturbé la tenue d’une conférence du Forum social mondial à Belém en janvier 2009. L’Amazone, lui, est plus que jamais une source de convoitises pour les compagnies hydroélectriques. Le gigantesque projet de barrage de Belo Monte, soutenu par le gouvernement du président Lula, est en particulier à l’origine d’une polémique qui s’étale maintenant sur plus de deux décennies.

Confronté à la fois à la déforestation et à l’exploitation croissante du potentiel hydraulique de l’Amazone, étant donné la hausse des besoins énergétiques du Brésil, l’habitat des populations locales est plus que jamais en danger. Les choses ne semblent en outre pas prêtes d’évoluer dans la mesure où 80% de la production électrique brésilienne provient déjà de sources hydrauliques. Le gouvernement a affiché sa détermination à développer ce secteur pour répondre au développement économique du pays. Quitte à ne pas tenir compte de l’essentiel des revendications des tribus amazoniennes.

Crédit photo : Flickr - JorgeBrazil
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