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La lente agonie de Fukushima 1 se poursuit

La lente agonie de Fukushima 1 se poursuit
TEPCO a été contraint de revoir ses plans dans l'optique de réaliser « l'arrêt à froid » des réacteurs de la centrale de Fukushima 1. Le relatif optimisme de ces dernières semaines n'est déjà plus qu'un lointain souvenir...

L’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), qui va de Charybde en Scylla, a opté pour une nouvelle stratégie. Reste à savoir si elle sera payante…

Comme annoncé, la feuille de route initiale a été modifiée. Les prévisions  de l’exploitant selon lesquelles les turbines 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima 1 (Japon) seront fermées et sous contrôle d’ici janvier prochain, elles, sont toujours d’actualité mais tout porte à croire à la lumière des derniers éléments disponibles – et notamment de la découverte d’une importante fuite d’eau radioactive dans l’enceinte de confinement du réacteur 1 (NDLR : elle pourrait remplir jusqu’à trente-six piscines olympiques), qui n’est donc plus étanche – qu’il lui faudra plus de temps pour rétablir la situation.

Envisageable uniquement pour une quantité limitée d’eaux radioactives, le plan originel est donc désormais caduque et TEPCO prévoit maintenant un refroidissement des réacteurs en y faisant circuler sans arrêt l’eau qui s’y trouve déjà. Une véritable gageure, avec en toile de fond la double menace de la découverte de nouveaux dommages et accessoirement celle d’un autre cataclysme naturel dans la région dont il va sans dire qu’il redistribuerait une nouvelle fois les cartes.

Alors que le périmètre d’évacuation autour de la centrale est désormais un no man’s land qui à moyen terme devrait ressembler comme deux gouttes d’eau à la « zone morte » de Tchernobyl (Ukraine), alors que le gouvernement japonais a manifestement tiré quelques-uns des enseignements de la catastrophe de Fukushima 1 en annonçant une considération accrue pour les technologies vertes – celle-ci de surcroît légitimée par la résistance des éoliennes au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars dernier – et en exigeant la fermeture de l’unité d’Hamaoka à titre préventif, la direction de TEPCO fait aussi ses comptes.

fukushima japon eau radioactive

Vers un interminable démantèlement

Si le montant exact des indemnités que l’opérateur va devoir verser aux victimes de l’accident n’est pas encore connu, il sait qu’il sera bien au-dessus de ses forces financières et se chiffrera en dizaines de milliards de dollars. Tokyo n’ayant aucun intérêt à ce qu’elle mette la clef sous la porte, des bons seront émis afin d’alimenter un fonds de compensation destiné à assurer la survie de l’entreprise. Celle-ci n’est certes pas acquise mais apparaît en tout cas plus plausible qu’un « arrêt à froid » en temps voulu des réacteurs de la centrale de Fukushima 1, dont il est à présent établi qu’ils ont subi des dommages plus graves que ce que pensaient les experts au départ.

Les barres de combustibles des réacteurs instables sont en effet restées exposées sans refroidissement entre six et quatorze heures après le séisme et le tsunami. Provoquant une fonte jusqu’au bas d’une voire de plusieurs enceintes de confinement, les événements dramatiques du 11 mars ont aussi été à l’origine de fissures assez importantes sur celle du réacteur 1 pour laisser s’échapper dans les bâtiments, dans les tranchées du complexe et par extension dans le Pacifique voisin la majeure partie de l’eau pompée pour refroidir lesdites turbines. D’où sans doute les niveaux élevés de radioactivité détectés dans des prélèvements il y a quelques jours, et une centrale transformée en cocotte-minute…

Le traitement de l’eau contaminée, qui au propre comme au figuré empoisonne les opérations sur le site de Fukushima 1, est la nouvelle priorité de la compagnie TEPCO, laquelle compte aussi sur l’apport logistique des groupes français Areva et EDF pour se sortir de ce qui est devenu un véritable chemin de croix.  Ce calvaire pourrait même ne prendre fin que dans une dizaine d’années, le temps de retirer le combustible des six réacteurs de la centrale, en d’autres termes de la démanteler, une fois ceux-ci placés en « arrêt à froid ».

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), elle, vient d’officialiser l’envoi d’une mission d’enquête constituée d’une vingtaine d’experts de douze pays. Ils seront dans des zones touchées par la catastrophe du 24 mai au 2 juin prochains et remettront leur rapport lors d’une rencontre internationale à Vienne (Autriche) dédiée à Fukushima du 20 au 24 juin. Entretemps les regards pourraient également se tourner vers le réacteur 3, plusieurs sources ayant fait état d’un nouvel écoulement radioactif à partir de son enceinte de confinement. Certains s’inquiètent en outre, étant donné les dégâts sur le béton, de l’état des structures métalliques de la centrale et, en raison de la nécessaire accumulation d’eau pour le refroidissement, de la répétition de déversements semblables à celui, tragique, de début avril.

Il s’agira donc pour les acteurs du sommet autrichien de se montrer à la hauteur des enjeux et, à défaut de pouvoir accomplir des miracles, d’apporter des réponses claires aux nombreuses interrogations nées du drame nippon. Il les mérite.

Crédits photos : flickr – Daveeza / Kawamoto Takuo
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  • pierre d

    C’est pas tôt nous attendions cette commission depuis un moment!